Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Émoi devant une prière musulmane au Parc Safari

    Depuis dimanche dernier, le Parc Safari est victime de commentaires haineux et racistes, déplore la page Facebook de l'entreprise. 
    Photo: Laurent Bélanger CC Depuis dimanche dernier, le Parc Safari est victime de commentaires haineux et racistes, déplore la page Facebook de l'entreprise. 

    Une prière musulmane récitée en plein air au Parc Safari a suscité l’émoi dans les réseaux sociaux. La prière, diffusée dans un haut-parleur, a pris place dimanche dernier dans une section du parc réservée par un groupe de fidèles qui célébrait la fin du ramadan par un pique-nique familial.

     

    Le propriétaire du Parc Safari d’Hemmingford, Jean-Pierre Ranger, n’avait jamais vu une telle controverse. Il se targue d’accueillir des clients de toutes origines ou confessions religieuses dans son parc privé. Le groupe de musulmans ayant récité une prière avait loué un secteur isolé du jardin zoologique offert à tout groupe ou entreprise qui veut tenir un événement festif.

     

    Des internautes ont dénoncé cette prière tenue devant les autres clients du zoo qui passaient sur un sentier adjacent au rassemblement.

     

    « Je suis ouverte aux autres religions, mais je n’aime pas qu’on m’impose publiquement des prières diffusées par haut-parleur. Vous venez de perdre des clients parce que je voulais aller vous visiter avec ma famille. Nous allons visiter des endroits respectueux de ceux qui pratiquent leur religion sans l’imposer à tout le monde », a écrit Lise Avoine sur la page Facebook du Parc Safari.

     

    D’autres ont plutôt félicité « l’ouverture d’esprit » du parc thématique. Les mécontents n’ont qu’à aller ailleurs, a souligné un internaute. Les organisateurs du pique-nique ont respecté toutes les consignes au sujet du respect des autres clients, souligne le Parc Safari. La mosquée Al-Rawdah de Montréal et l’Association musulmane du Canada, qui ont organisé l’événement, n’ont pas répondu aux messages et aux appels du Devoir.

     

    « Depuis dimanche dernier, le Parc Safari est victime de commentaires haineux et racistes », déplore la page Facebook de l’entreprise. Les messages d’appui sont 15 fois plus nombreux que les messages de mécontentement, selon Jean-Pierre Ranger.

     

    Si j’ai contribué à une meilleure compréhension de la tolérance, j’ai fait ma “job”.
    Jean-Pierre Ranger, propriétaire du Parc Safari

     

    Lieux publics, lieux privés

     

    Dans son rapport publié en 2008, la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements reliés aux différences culturelles suggérait d’encadrer certaines pratiques d’organismes publics. La commission ne s’était cependant pas prononcée sur les obligations d’organismes privés comme le Parc Safari.

     

    Par exemple, les établissements d’enseignement « ne sont pas tenus d’instituer des lieux de prière permanents », indique le rapport en rappelant une résolution de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. « Par contre, il entre tout à fait dans l’esprit des ajustements ou des accommodements que d’autoriser pour des fins de prière l’utilisation de locaux provisoirement non occupés. »

     

    La commission recommandait aussi d’abandonner la prière avant les séances de conseils municipaux, ce qui fut confirmé par un jugement de la Cour suprême du Canada en 2015. À l’Assemblée nationale du Québec, la prière a fait place, depuis 1976, à l’observation d’un moment de recueillement. Mais le crucifix, installé en 1936 par Maurice Duplessis, trône encore dans le salon bleu du parlement même si Gérard Bouchard et Charles Taylor recommandaient de le retirer.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.