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    Lettre

    Entre discrimination positive formelle et réelle

    19 juin 2017 | Anne Plourde, Caroline Jacquet, Alexandra Pierre et Anne Plourde Montréal et Saint-Jean-sur-Richelieu, le 18 juin 2017 | Actualités en société

    En réponse à la chronique de M. Christian Rioux, publiée le 16 juin :

     

    Considérer, comme M. Rioux, que les pratiques de discrimination positive formelles sont des « privilèges dérogatoires » qui consistent à ne pas choisir les personnes « sur la base de leurs seules compétences » mais bien « à cause de [leur] origine ethnique », c’est : 1) oublier que les pratiques de discrimination positives consistent la plupart du temps à favoriser, à compétences égales, certaines catégories de personnes ; 2) laisser entendre qu’il est particulièrement difficile de trouver des personnes compétentes au sein de ces catégories, et que c’est la raison pour laquelle elles sont sous-représentées dans les divers milieux ; 3) négliger le fait que la discrimination positive formelle est une réponse à une discrimination positive réelle qui est à l’oeuvre de façon systémique dans nos sociétés.

     

    Cette discrimination positive réelle s’exerce en faveur de certaines autres catégories de personnes (notamment les personnes non racisées) qui ont, elles, la chance de jouir de privilèges qui, loin d’être « dérogatoires », sont érigés en norme sociale. Autrement dit, considérant que les personnes non racisées sont fortement surreprésentées dans les divers lieux de pouvoir et postes prestigieux, ne doit-on pas considérer qu’elles y sont avant tout parvenues non pas « sur la base de leurs compétences », mais bien « à cause de [leur] origine ethnique » ?

     

    M. Rioux déplore les « privilèges fondés sur l’ethnie qui brisent le contrat social ». Il oublie que le « contrat social » (conclu par qui, d’ailleurs ?) est fondé sur un système qui produit et reproduit sans cesse des privilégiés et des exclus. Si le contrat social est injuste et discriminatoire, ne faut-il pas le briser ?













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