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    Deux entrepreneurs créent un site Web pour pour aider les locataires à se loger à bas prix

    Deux entrepreneurs créent une carte des prix des logements à Montréal

    Les créateurs du site Monloyer.quebec comptent lutter contre l’embourgeoisement des quartiers en aidant les locataires à se loger à bas prix.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les créateurs du site Monloyer.quebec comptent lutter contre l’embourgeoisement des quartiers en aidant les locataires à se loger à bas prix.

    De jeunes entrepreneurs misent sur les données ouvertes pour aider les locataires à se loger à bas prix : ils viennent de mettre en ligne un site Web qui affiche le loyer de milliers de logements à Montréal et ailleurs.

     

    Le site Monloyer.quebec invite les locataires à entrer leur adresse, le prix de leur loyer et d’autres informations au sujet de leur logement. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 1300 logements étaient inscrits, principalement dans les arrondissements centraux de Montréal.

     

    Leur but : dévoiler publiquement les baux pour permettre aux locataires de faire un choix éclairé — et éviter de signer un bail comportant une forte hausse de loyer par rapport au locataire précédent. « On s’est rendu compte que les prix de certains logements sont beaucoup trop élevés par rapport au prix moyen dans des quartiers », dit Luis-Gaylor Nobre, qui a mis au point Monloyer.quebec avec son associé Julien Fortier.

     

    L’un étudie en programmation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’autre est avocat. Ces jeunes ont décidé l’an dernier d’agir pour répondre à un besoin mille fois observé par les groupes de défense des locataires : la diffusion d’informations au sujet des baux.

     

    « J’ai moi-même dû quitter le quartier du marché Jean-Talon parce que mon logement devenait trop cher, trop vite », dit Luis Gaylor-Nobre.

     

    Les arrondissements du Plateau-Mont-Royal, de Rosemont–La Petite-Patrie et du Sud-Ouest ont aidé les entrepreneurs à mettre au point leur application en leur versant un total de 18 000 $. Ces trois arrondissements, dirigés par le parti municipal Projet Montréal, sont touchés par l’embourgeoisement. Des milliers de logements sont convertis en condos et vendus à fort prix. Le prix des loyers augmente. Les pauvres doivent se loger ailleurs.

     

    « Nos citoyens subissent la perte de logements locatifs, il est normal qu’on appuie des entrepreneurs qui proposent des solutions », dit le conseiller Richard Ryan, responsable du logement dans l’administration du Plateau-Mont-Royal.

     

    Les fondateurs de Monloyer.quebec ont sollicité l’aide financière de plusieurs arrondissements montréalais, surtout dans les quartiers centraux, mais la majorité ont décliné l’invitation à appuyer la jeune entreprise. Le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a pourtant organisé un sommet sur l’embourgeoisement de son quartier, le mois dernier.

     

    Les prix des logements augmentent, les condos se multiplient et l’embourgeoisement se poursuit dans l’arrondissement, a conclu une étude commandée par le maire.

     

    « Pareille situation nous amène à conclure que tous les élus du quartier Hochelaga-Maisonneuve doivent être obsédés par la question de l’abordabilité des loyers et les solutions s’y rattachant », a écrit Réal Ménard dans une lettre au Devoir. Il n’a pas répondu à la demande d’information du Devoir, jeudi.

     

    Données peu fiables

     

    La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) estime que les administrations municipales n’ont pas à subventionner une initiative qui vise à « contrôler le prix des loyers ». Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la CORPIQ, souligne que les données du site Monloyer.quebec sont peu fiables. « N’importe qui peut entrer n’importe quoi à n’importe quelle adresse », dit-il.

     

    L’entreprise compte augmenter la fiabilité des données en exigeant la mise en ligne des baux, explique Luis-Gaylor Nobre. Le site vient à peine de voir le jour et l’entreprise travaille à améliorer les possibilités techniques de l’application. La CORPIQ estime de son côté que les baux relèvent du domaine privé et qu’il serait illégal de les diffuser publiquement. « À un moment donné, il faut que les prix des logements soient remis au niveau du marché », dit M. Brouillette.

     

    Avec les hausses fixées par la Régie du logement, les propriétaires sont incapables de rénover les logements, selon lui. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les propriétaires convertissent leurs logements en copropriétés, souligne-t-il.

    Un commerce encore victime de vandales Un restaurant du quartier Saint-Henri a été de nouveau la cible de vandales qui ont défoncé la vitrine et aspergé de peinture blanche tout l’intérieur de l’établissement, durant la nuit de mercredi à jeudi. C’est la deuxième fois depuis son ouverture il y a un an que le restaurant 3734, rue Notre-Dame Ouest, est ciblé par des militants anonymes contre l’embourgeoisement du quartier. Des commandos opposés à l’embourgeoisement frappent régulièrement des commerces qu’ils qualifient de « bourgeois », dans le Sud-Ouest et dans Hochelaga-Maisonneuve.












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