Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Coup de théâtre à l’ancien couvent du mont Royal

    La liquidation du promoteur immobilier force la remise en vente du bâtiment historique

    L’ancien couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.<br />
 
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir L’ancien couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.
     

    Une longue bataille pour la préservation d’un bâtiment historique situé sur le flanc du mont Royal reprend de plus belle : l’ancien couvent des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui avait été acquis en 2015 par un promoteur immobilier, est de nouveau à vendre.

     

    Selon ce que Le Devoir a appris, l’entreprise du promoteur Olivier Leclerc, qui souhaitait aménager des condos dans ce bâtiment patrimonial, est en voie d’être liquidée à cause d’une dispute entre les actionnaires. La firme PricewaterhouseCoopers (PwC) a le mandat de liquider la société Gestion M O, qui a acheté l’ancien couvent pour la somme de 29,5 millions de dollars, il y a deux ans.

     

    Plus de 80 investisseurs se sont montrés intéressés par cet édifice patrimonial situé au 1420, boulevard du Mont-Royal à Outremont, a confirmé au Devoir la firme PwC. Les promoteurs doivent déposer 2 millions de dollars lorsque le liquidateur accepte leur lettre d’offre, indique Christian Bourque, de PwC.

     

    En exigeant cette somme considérable, le liquidateur s’assure d’attirer des investisseurs qui ont les reins solides. Des « groupes importants dans le développement immobilier », établis surtout au Québec et en Ontario, lorgnent le bâtiment historique, selon Christian Bourque.

     

    Une bataille à refaire

     

    Ce coup de théâtre relance la bataille pour préserver cet édifice qui a longtemps abrité les religieuses des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. L’Université de Montréal avait acheté le bâtiment en 2003 dans le but de loger des salles de cours et d’autres services. La communauté religieuse avait cédé le bâtiment au prix d’ami de 15 millions de dollars pour soutenir la vocation éducative de l’endroit.

     

    L’UdeM a décidé de vendre l’ancien couvent cinq ans après l’avoir acquis en invoquant l’ampleur des rénovations à effectuer. L’entrepreneur en construction Catania l’avait acheté pour 28 millions dans le but d’y aménager des condos, mais la transaction a été annulée en 2013 dans la foulée des scandales mis au jour par la commission Charbonneau.

     

    Les plans du jeune promoteur Olivier Leclerc, qui visait à son tour à transformer le bâtiment en condos de luxe, ont été de courte durée : une dispute a éclaté entre lui et son associé Daniel Revah. Les actionnaires ont convenu de liquider l’entreprise pour dénouer l’impasse, révèle un document de la Cour supérieure daté du 3 mars 2017, que Le Devoir a obtenu.

     

    Patrimoine mondial

     

    Les appels à protéger la vocation éducative de l’ancien couvent se font déjà entendre. Jean-Claude Marsan, professeur retraité de la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal — qui fait partie d’un groupe de citoyens ayant tout tenté pour empêcher la transformation de l’édifice en condos —, estime que l’UdeM devrait racheter le bâtiment.

     

    « La Ville de Montréal veut faire reconnaître le mont Royal comme un élément du patrimoine mondial de l’UNESCO, rappelle-t-il. Ça va être refusé dès le départ si les organismes censés protéger le mont Royal ne le font pas. »

     

    La réponse de l’Université est arrivée sans tarder : « Le 1420, Mont-Royal a été vendu par l’UdeM parce qu’il ne répondait pas à nos besoins. Nous ne souhaitons pas le reprendre », indique Sophie Langlois, porte-parole de l’établissement.

     

    L’entreprise Gestion M O, de son côté, reste solvable, même si elle est en voie de dissolution, souligne le liquidateur Christian Bourque. Joints par Le Devoir, les actionnaires de la firme ont décliné nos demandes d’entrevue.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.