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    Les GMF nuiraient à l’accès aux soins de santé

    Une note de l’IRIS soutient que le transfert de ressources des CLSC vers les GMF diminue l’accès aux services

    Les GMF sont administrés par des médecins propriétaires.
    Photo: iStock Les GMF sont administrés par des médecins propriétaires.

    La réorientation des services de santé de première ligne vers les groupes de médecine de famille (GMF) réduit l’accès des patients aux services, conclut une note de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) qui sera rendue publique jeudi.

     

    Selon une analyse comparative menée par la chercheuse associée Anne Plourde, le transfert de personnel des CLSC vers les GMF, en court depuis 2015, réduit l’accès de la population aux soins de première ligne. « On est en train de démanteler le modèle des CLSC », a-t-elle déploré en entrevue au Devoir.

     

    La chercheuse explique ce constat par trois grandes raisons. D’abord, parce que les GMF ne s’adressent qu’aux patients inscrits, tandis que les CSLC rejoignent l’ensemble de la population.

     

    « On passe d’un modèle accessible universellement à un modèle accessible seulement aux personnes inscrites », souligne Mme Plourde.

     

    Mandat social

     

    Ensuite, bien que les deux modèles soient entièrement financés par des fonds publics, les GMF sont administrés par des médecins propriétaires, ce qui, aux yeux de Mme Plourde, représente une forme de privatisation, étant donné que le gouvernement a peu de contrôle sur leur gestion.

     

    Enfin, le mandat social des CLSC permet davantage de miser sur la prévention, toujours selon la note de l’IRIS. « La mission des GMF est essentiellement médicale et curative, et leur responsabilité se limite à la “clientèle” », souligne-t-elle, tandis qu’au « coeur du modèle initial des CLSC se trouvait une mission sanitaire, sociale et communautaire, doublée d’une mission curative, préventive et de promotion de la santé ».

     

    Selon la chercheuse, la rémunération à l’acte des médecins n’incite pas les GMF à investir en prévention, puisque « ce ne serait pas payant pour les médecins ».

     

    Inquiétude pour les CLSC

     

    Face à ce constat général, la chercheuse s’inquiète du sort qui sera réservé aux CLSC. Selon elle, il faudrait que « l’organisation des soins de première ligne soit centrée sur les besoins des communautés et non pas sur les préférences des médecins en matière d’organisation ou de rémunération ».

     

    Deux paradigmes se retrouvent ainsi en opposition : le modèle des GMF, qui est centré sur les soins donnés par les médecins, et celui des CLSC, qui est axé sur les soins multidisciplinaires, dispensés notamment par des travailleurs sociaux et des intervenants communautaires. Cette deuxième approche correspond davantage aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé, souligne Mme Plourde. « On a démantelé ce modèle pour revenir à un modèle des années 1950-1960. C'est vraiment dépassé. »

     

    La note de l’IRIS n’étant pas publique mercredi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a refusé d’émettre de commentaire.













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