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    Se loger à Hochelaga-Maisonneuve sans se ruiner, encore possible?

    Les condos remplacent peu à peu les logements modestes.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les condos remplacent peu à peu les logements modestes.

    Dans la lutte contre la gentrification, le logement est le nerf de la guerre, rappelle Guillaume Dostaler, de l’organisme Entraide logement, qui aide à la défense des droits des locataires dans le quartier Hochela-Maisonneuve. « On se plaint de l’évolution des commerces, mais ce n’est pas la bonne cible, car c’est en aval du phénomène. En amont, c’est un problème de logement », soutient-il.

     

    Reprise de logement sous de mauvais prétextes, rénovations longues et coûteuses qui se traduisent par des hausses de loyer exorbitantes, évictions négociées : les locataires font face à bien des difficultés.

     

    « On valorise beaucoup les mesures qui vont venir réguler le marché immobilier et la protection des locataires. Il faut aussi améliorer le contrôle des loyers », souligne M. Dostaler. Très peu de loyers ont actuellement un prix fixé et protégé par la Régie du logement. Il faudrait établir un certain seuil « si jamais le propriétaire exagère», notamment quand le logement change de main. Ou si le propriétaire tente d’évincer le locataire en lui offrant une indemnisation ou en procédant à des rénovations abusives (sur le plan du bruit et des coûts).

     

    Pour Gilles Sénécal, chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique qui a travaillé à documenter la gentrification dans Hochelaga-Maisonneuve en vue des assises de dimanche sur le sujet, les plus vulnérables sont les locataires en place, qui ont des revenus modestes, mais qui ne se qualifient pas pour des logements sociaux. « Que fait-on pour eux ? Les mesures de protection de la Régie du logement ne sont pas très étanches, dit-il. La question des locataires m’apparaît comme l’enjeu principal dans les discussions et dans les interventions que l’arrondissement peut faire. »


    Des idées Des pistes de réflexion ont été suggérées en vue des assises. Voici quelques solutions proposées :

    Registre des baux « C’est une demande de longue date qui serait plutôt simple à réaliser », dit M. Dostaler. Il suffirait d’ajouter une section au rôle foncier et d’exiger une déclaration obligatoire du prix du loyer. Une modification de la loi provinciale est toutefois requise.

    Ajouter 150 logements communautaires par année pendant 5 ans : un projet « réaliste mais ambitieux », dit Gilles Sénécal. Selon l’Office municipal d’habitation de Montréal, environ 25 000 ménages espèrent obtenir un logement en HLM.

    Augmenter le ratio d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets immobiliers : Gilles Sénécal va plus loin et croit que ce seuil devrait être établi non pas en fonction des immeubles, mais plutôt par zone.

    Un comité de surveillance du locatif : Gilles Sénécal propose la mise sur pied d’un organisme paritaire (communautaire/arrondissement) chargé de répertorier les immeubles dès leur mise en vente, de faire le suivi avec les locataires visés et de veiller au respect de la législation. « L’idée est d’essayer de réguler le marché, d’informer les locataires de leurs droits et de faire, s’il y a lieu, de la médiation locataire-propriétaire. »

    Gel ou quota des conversions de logements locatifs en condos (copropriétés indivises) : il est également suggéré d’éliminer la dérogation au moratoire sur la conversion d’immeubles locatifs en copropriétés divises.












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