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    L’accueil des immigrants économiques rapporte doublement au Canada

    La conjointe du demandeur principal est généralement assez bien scolarisée

    Près de 74% des conjointes d’immigrants économiques avaient un emploi.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Près de 74% des conjointes d’immigrants économiques avaient un emploi.

    Le Canada sort doublement gagnant en sélectionnant ses immigrants économiques. Car non seulement met-il la main sur un travailleur qualifié, mais il bénéficie aussi des compétences de l’autre personne du couple qui, généralement assez scolarisée, a un fort potentiel d’intégration.

     

    C’est ce qu’a constaté une étude de Statistique Canada qui s’est intéressée au profil des accompagnants, en majorité des femmes conjointes des immigrants économiques, en les comparant aux femmes venues grâce au regroupement familial. Les épouses des demandeurs principaux de la catégorie « immigration économique » sont plus scolarisées (54 % ont un grade universitaire à leur arrivée au pays) comparativement à celles qui viennent grâce au regroupement familial (30 %). Elles sont aussi plus susceptibles de parler le français ou l’anglais : 70 % d’entre elles connaissaient au moins une des deux langues officielles au moment de leur arrivée, par rapport à environ 61 % des femmes de la catégorie du regroupement familial.

     

    « On voulait vérifier si, lorsque le Canada choisit un immigrant économique, il avait un deux pour un, en quelque sorte. Apparemment, c’est le cas », résume Aneta Bonikowska, coauteure de l’étude faite à partir du couplage des données de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 et de celles de la base de données du Fichier d’établissement des immigrants. Ce que Statistique Canada appelle l’« appariement associatif » s’explique simplement : lorsque les demandeurs principaux sont mariés ou sont en union de fait, leur conjoint ou partenaire a souvent des caractéristiques semblables, notamment sur le plan de l’éducation. Dans le processus de sélection, ces conjoints contribuent à mousser la candidature, en ajoutant des points.

     

    L’étude s’est aussi intéressée à la comparaison entre ces femmes lorsqu’elles sont installées et intégrées au marché du travail. Résultat ? L’écart demeure entre les conjointes des immigrants économiques et les femmes venues grâce au regroupement familial. Ces dernières affichaient un taux d’emploi et des gains moins élevés. « L’écart se rétrécit [entre les deux catégories de femmes] mais il demeure quand même substantiel », précise Mme Bonitowska.

     

    En effet, près de 74 % des conjointes d’immigrants économiques avaient un emploi, soit 8 points de pourcentage de plus que pour les femmes en regroupement familial. Aussi, elles gagnaient 87 $ de plus par semaine, soit 829 $ contre 742 $.

     

    Femmes encore perdantes

     

    Autre constat intéressant : quand on étudie de près les profils des demandeurs principaux de ces travailleurs qualifiés — 75 % d’hommes et 25 % de femmes — et de leurs conjoints, on remarque que ce sont les conjointes femmes qui ont les moins bonnes conditions de salaire et d’emploi sur le marché du travail. Les conjoints masculins devraient logiquement avoir des résultats similaires, mais s’en sortent légèrement mieux.

     

    Les épouses d’immigrants économiques sont aussi moins susceptibles de travailler à temps plein (37 %) si on les compare aux femmes demandeuses principales (46 %).

     

    Au sein des couples, l’écart dans la situation d’emploi entre un homme qui est demandeur principal et sa femme qui l’accompagne est assez marqué. Mais à l’inverse, cet écart est plus petit lorsque c’est une femme qui fait la demande pour l’immigration économique.

      












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