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    Idées

    REM: le Montréal du possible

    La CDPQ souhaite que les premières rames du Réseau électrique métropolitain soient en service d’ici la fin 2020

    7 février 2017 | Michael Sabia - Président-directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec | Actualités en société
    Le REM est un projet transformateur pour le Grand Montréal, dit Michael Sabia.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le REM est un projet transformateur pour le Grand Montréal, dit Michael Sabia.

    Où que l’on regarde, Montréal est en mouvement.

     

    Il y a Lightspeed et ses logiciels qui aident plus de 40 000 commerçants dans le monde à gérer leurs ventes. Il y a Hopper et son application à succès, qui prédit le meilleur moment pour acheter son billet d’avion. Il y a Rodeo FX et ses effets spéciaux pour la série Game of Thrones, qui remportent des Emmys. Il y a des chercheurs tels que Yoshua Bengio, dont les travaux repoussent les limites de l’intelligence artificielle. Il y a Moment Factory et ses événements éphémères qui éblouissent la planète.

     

    Qu’il s’agisse de « Big Data » ou de nouveaux médias, d’intelligence artificielle ou de réalité virtuelle, Montréal jette les bases de son renouveau grâce à une nouvelle génération d’entrepreneurs et de chercheurs qui pensent et travaillent autrement.

     

    Penser autrement, c’est ce que nous essayons de faire au quotidien à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Et notre projet de Réseau électrique métropolitain (REM) est un bon exemple d’une façon différente d’aborder un grand projet de transport collectif.

     

    Économie de demain

     

    Pourquoi est-ce important ? Parce qu’il est crucial que la région de Montréal se projette dans l’économie de demain. Et que pour y arriver, elle doit pouvoir s’appuyer sur des infrastructures qui la propulsent en avant, et non qui freinent son élan. Des transports publics efficaces qui vont faire de Montréal une métropole aussi dynamique que les créateurs et entrepreneurs qui l’animent.

     

    Comme société, nous avons l’occasion unique de bâtir un réseau de train électrique qui va transformer le visage du grand Montréal. Et la responsabilité qui nous incombe est à la hauteur de cet investissement de près de 6 milliards de dollars.

     

    Peu importe les points de vue, tous s’entendent sur un point : les Montréalais attendent depuis trop longtemps un réseau de transport qui répond à leurs besoins.

     

    Beau temps mauvais temps, les Montréalais veulent pouvoir se rendre à l’aéroport à partir du centre-ville sans s’inquiéter de rater leur avion parce qu’ils sont coincés dans la circulation de l’autoroute Décarie ou de la 20. Ils veulent arriver à la gare Centrale depuis Brossard en 15 minutes top chrono. Et avoir des trains toutes les six minutes à l’heure de pointe pour faire le trajet Deux-Montagnes centre-ville.

     

    Et le REM, c’est bien plus qu’un réseau de transport efficace. Ce projet va créer près de 8500 emplois directs et indirects par année durant les quatre ans de sa construction. Il va injecter de l’adrénaline dans l’économie avec des retombées de près de 3,7 milliards. C’est sans parler des investissements en immobilier de près de 5 milliards attendus le long de son tracé, dont le développement de quartiers à distance de marche des stations.

     

    Selon nos estimations, le REM se traduira par une augmentation de 2 % à 4 % du budget de transport global de la métropole. Tous les coûts d’immobilisations sont compris, un précédent au Québec. Dit autrement, pour un budget annuel comparable, le grand Montréal obtient l’équivalent d’un deuxième système de métro.

     

    Trouver des solutions

     

    Parce qu’il s’agit d’un projet transformateur pour le grand Montréal, il est normal que le REM soit examiné à la loupe et suscite des discussions animées. C’est le contraire qui serait étonnant.

     

    La Caisse a le souci constant de trouver des solutions et de s’améliorer dans la façon par laquelle elle répond à ces questions légitimes. C’est pourquoi il m’apparaît essentiel de mieux expliquer notre façon de travailler et notre échéancier.

     

    Nous nous sommes engagés à mettre en service les premières rames du REM d’ici la fin de 2020. Parce que nous avons la conviction absolue que c’est faisable. Et même que c’est souhaitable, pour s’arrimer au nouveau pont Champlain, pour alléger la congestion dans le grand Montréal.

     

    Bien sûr, le Québec a connu plus que sa part de retards et de dépassements de coûts chroniques avec ses grands projets. Et c’est exactement pour cela que nous avons choisi une approche différente pour le REM. Une approche qui permet de livrer un projet de façon efficace. Avec la plus grande application et la plus grande rigueur, selon le principe de l’ingénierie en continu. Qu’est-ce que cela signifie ? Que nous sommes toujours à l’écoute des suggestions et que nous perfectionnons ce projet sans relâche.

     

    Nous avons organisé 12 soirées portes ouvertes, rencontré plus de 3000 citoyens et discuté avec des centaines d’élus municipaux, d’administrateurs et de groupes de citoyens. De nombreuses améliorations découlent de ces échanges.

     

    Pour élargir l’accès des Montréalais au REM grâce à des interconnexions avec les principales lignes du métro, nous avons devancé l’ouverture des stations Édouard-Montpetit, McGill et Bassin Peel. Pour protéger un milieu humide, nous prolongerons un tunnel sous le parc-nature des Sources. Pour préserver des immeubles patrimoniaux de Griffintown, nous emprunterons des voies surélevées. Et ainsi de suite.

     

    Perfectionner un projet

     

    C’est cette écoute qui nous guide depuis le départ et que nous allons maintenir. Dans cet esprit, nous travaillons actuellement avec le ministère de l’Environnement sur les suites à donner au rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement malgré nos divergences de vues sur certains points soulevés par ce rapport.

     

    Cette approche incite aussi les soumissionnaires à nous proposer leurs solutions et technologies les plus innovatrices. Nos appels d’offres, plus ouverts, sont conçus pour faire appel à toute l’ingéniosité des entreprises et des consortiums en lice.

     

    Cette façon de travailler sans que tout soit prédéfini à l’avance est courante ailleurs dans le monde. C’est un moyen efficace de perfectionner un projet en continu, tout en s’assurant qu’il réponde aux attentes. Mais ce travail par itération, qui est le propre de la nouvelle économie, se démarque des pratiques établies.

     

    Au fur et à mesure que ce travail se poursuit, nous allons continuer de discuter avec les villes, d’écouter les citoyens et de vous informer des progrès réalisés comme nous l’avons fait ces derniers mois.

     

    Le REM n’a jamais eu pour mandat de régler tous les problèmes de transport du grand Montréal. Mais il peut faire un bon bout du chemin. Et c’est ce à quoi la Caisse travaille d’arrache-pied : bâtir un réseau de transport qui répond aux besoins des Montréalais. Car pour la Caisse comme pour moi, il n’y a qu’un Montréal. Le Montréal du possible.













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