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    Idées – Réfugiés

    Faisons de Montréal une ville sanctuaire

    2 février 2017 | Donald Cuccioletta et Michel Lambert - Respectivement coprésident du conseil d’administration d’Alternatives et directeur général d’Alternatives | Actualités en société
    L’après-attentat exige de notre part plus que de simples messages de solidarité, font valoir les auteurs.
    Photo: Alice Cliche Agence France-Presse L’après-attentat exige de notre part plus que de simples messages de solidarité, font valoir les auteurs.

    Les villes de Toronto, de Vancouver et d’Hamilton ont déjà adopté des politiques faisant d’elles des sanctuaires. Trente-sept villes américaines aussi. Il est grand temps que Montréal se joigne au mouvement. L’attentat effroyable qui a fauché six personnes au Centre culturel islamique de Québec dimanche soir dernier interpelle directement tous les Québécois.

     

    Inutile de se cacher la tête dans le sable et de prétendre qu’il n’y a pas de courant islamophobe au Québec. Non seulement existe-t-il, mais il crache son venin quotidiennement. Parfois de façon ouverte, criminelle et haineuse, comme à la mosquée de Québec. D’autre fois de façon plus ou moins subtile, au détour par exemple de débats sur le voile islamique dans la sphère publique.

     

    Peut-on nier le climat dangereux créé par le « muslim ban » du président Trump et les inepties xénophobes et islamophobes que charrie son courant extrémiste de droite aux États-Unis ? Est-ce un pur hasard que cet attentat ait lieu lors d’une fin de semaine dominée médiatiquement par le décret anti-immigration musulmane promulgué par le tout nouveau gouvernement américain ?

     

    Décret Trump

     

    L’après-attentat exige de notre part plus que de simples messages de solidarité. Il nous faut agir, à l’instar des mouvements de protestation au sud de la frontière, pour contrer directement et efficacement les actes racistes et xénophobes. Le décret Trump est contré non seulement par des mouvements citoyens spontanés aux abords des aéroports internationaux américains, mais aussi par des juges fédéraux à Brooklyn et au Massachusetts, par les maires et les conseils municipaux des grandes agglomérations de New York, de Los Angeles ou de Boston.

     

    Ainsi se propage le mouvement dit des villes sanctuaires, où les autorités locales annoncent leur refus de collaborer avec les décrets anti-immigration du gouvernement fédéral et affirment vouloir protéger les immigrants sans papiers, les réfugiés et autres victimes potentielles du délire trumpiste. Plus de 37 villes américaines, dont New York, Los Angeles, Chicago, San Francisco, Miami et Seattle, l’ont déjà fait.

     

    Le premier ministre Trudeau vient de réaffirmer l’ouverture du Canada aux réfugiés. Le ministre fédéral de l’Immigration a pour sa part annoncé qu’il offrira des permis de résidence temporaire aux personnes coincées au Canada en raison de l’interdiction de séjour imposée par le président américain aux résidants de sept pays à majorité musulmane. Comme vient de l’affirmer dans une déclaration solennelle le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, « le monde entier nous regarde. C’est le moment, ensemble, de montrer qui nous sommes ». Denis Coderre, maire de Montréal, ajoutait : « Il est peut-être temps qu’on se dise : au lieu de bâtir des murs, il faut bâtir des ponts. »

     

    Fraternité

     

    Faisons de Montréal une ville sanctuaire. Parce que nous sommes pour la fraternité entre les peuples, nous accueillerons dans notre métropole ceux et celles qui seront coincés aux aéroports internationaux du Canada. Dénonçons la politique xénophobe du président Trump en ouvrant les bras aux réfugiés syriens et autres victimes des terribles conflits du Moyen-Orient, en donnant accès à tous les services municipaux aux immigrants sans papiers et en exigeant que les autorités fédérales, provinciales et municipales fassent de même avec leurs services. Montréal rejette toute forme de racisme et de xénophobie.

     

    Montréal a déjà innové en ce domaine en adoptant une « Politique anti-apartheid et zone libre d’armements nucléaire » en 1987. Dans les années 1960, notre ville a accueilli des milliers de jeunes Américains refusant de servir au Vietnam. En février 2003, des centaines de milliers de Montréalais sont descendus dans la rue pour protester contre la guerre américaine en Irak.

     

    Le contexte actuel exige de mettre en avant une mesure forte pour marquer notre volonté de vivre ensemble. Toronto, Vancouver et Hamilton ont déjà adopté des politiques faisant d’elles des villes sanctuaires. Il est grand temps que Montréal le fasse aussi. Soyons solidaires en 2017 et faisons de Montréal une ville sanctuaire.













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