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    L’extrême droite québécoise au centre de l’attention

    1 février 2017 | Jean-François Nadeau - Avec Hélène Buzzetti | Actualités en société
    Sitôt connu l’attentat contre une mosquée, le groupe Atalante Québec s’est empressé de s’en dissocier.
    Photo: Atalante Québec sur Facebook Sitôt connu l’attentat contre une mosquée, le groupe Atalante Québec s’est empressé de s’en dissocier.

    Des groupes d’extrême droite se sont empressés de se distancier de l’attentat de Québec dimanche soir. Pourquoi les regards se tournaient-ils vers eux, se sont-ils demandé ? Pour le moment, rien ne lie le suspect principal de l’attentat à ces groupes.

     

    Pour Herman Okomba-Deparice, le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, il ne suffit pas que ces groupes se dissocient d’actes violents pour masquer le fait que la violence germe aussi à partir de leurs discours. « La violence de l’extrême droite s’est située jusqu’ici dans l’espace du discours. Mais ces groupes ne contrôlent pas leurs membres. Le fait qu’ils se dissocient d’une action particulière ne change rien au fait qu’ils charrient des messages de haine, des théories complotistes, un discours de rejet de l’autre qui en appelle à la violence. »

     

    Sitôt connu l’attentat contre une mosquée, le groupe Atalante Québec s’est empressé de s’en dissocier. Il a pour ce faire repris à son compte un message publié plus tôt par la Fédération des Québécois de souche, une autre organisation d’extrême droite : « Alors qu’ils hésitent si longuement avant de relier terrorisme et islamisme même lorsque les faits sont flagrants, les médias n’hésitent pas, déjà, à faire des amalgames en associant ces actes à des organisations nationalistes. »

     

    Au lendemain de l’attentat, Atalante Québec ajoutait sur sa page Facebook que le fait que le gouvernement et des institutions « placent au même niveau de dangerosité des organisations identitaires avec des groupes terroristes prônant le Jihad » avait conduit « certains membres de nos familles à croire que nos militants auraient pu être impliqués ».

     

    Le directeur du Centre de prévention de la radicalisation soutient pourtant qu’« il y a bien des raisons de se questionner » au sujet de ces militants.

     

    Fascisme

     

    Atalante Québec affiche pour symbole un éclair stylisé semblable à celui des Schutzstaffel, les troupes du régime nazi vouées à ses plus basses oeuvres. La British Union of Fascists l’utilisait aussi à l’époque où elle était une inspiration pour le leader fasciste canadien Adrien Arcand. Dans l’histoire des groupes fascistes, ce symbole est un des plus connus, rappelle pour sa part la Gendarmerie royale du Canada dans son Guide de sensibilisation au terrorisme et à l’extrémisme violent.

     

    Une vidéo en ligne du groupe Atalante Québec montre une trentaine de ses membres vêtus de noir défiler dans les rues de Québec en portant à bout de bras des drapeaux fleurdelisés. La fin de semaine du 21 janvier, Atalante Québec a tapissé de tracts les campus de Québec pour enjoindre aux étudiants de rejoindre « l’alternative identitaire » au nom de leur devise : « Exister, c’est combattre ce qui me nie ».

     

    Le jour de l’attentat, la Fédération des Québécois de souche saluait les récentes décisions du président américain, Donald Trump, en matière d’immigration, au nom « des valeurs » et « des traditions » de l’Occident. Pour sa part, le groupe de métal hardcore de Québec Légitime Violence a mis en ligne le soir de l’attentat une chanson qui, sur la tonalité de la lutte identitaire aux accents fascistes, invite à s’insurger contre ceux qui veulent « effacer tes racines ».

     

    Pour Herman Okomba-Deparice, observer les dangers réels d’une radicalisation islamiste ne doit pas conduire à éviter de considérer aussi le caractère corrosif et dangereux de gens situés dans la nébuleuse formée par des groupes comme Atalante Québec, Pegida Québec, La Meute, Table Rase ou encore la Fédération des Québécois de souche. « Tenir des conférences pour dire que l’identité québécoise est en danger, que cela justifie une rupture du vivre ensemble et que le chômage s’explique par l’immigration, on s’entend qu’il ne faut pas être la tête à Papineau pour réaliser que c’est un problème. »

     

    Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) évalue les risques pesant contre le Canada dans ses rapports annuels. Le plus récent, publié en mai 2015, affirme que « le terrorisme demeure la principale menace qui pèse sur la sécurité du Canada ». Dans ce rapport, le terrorisme apparaît essentiellement lié à des groupes comme al-Qaïda, El Chabaab, Boko Haram ou encore le groupe armé État islamique.

     

    Un seul paragraphe du rapport fait mention des autres extrémismes présents au Canada. On y lit néanmoins que, « même s’ils sont peu nombreux, les extrémistes motivés par une idéologie ou une cause politique au Canada sont capables d’orchestrer des actes de violence graves. » Pour le SCRS, les milieux extrémistes de droite « semblent morcelés » et « constituent principalement une menace pour l’ordre public plutôt que pour la sécurité nationale ».













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