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    Plus de 7000 réfugiés syriens attendent de venir au Québec

    Les familles qui parrainent des réfugiés disent que les vérifications de sécurité entraînent de longs délais

    Dans un camp de réfugiés syriens en Turquie, cet enfant doit prendre son mal en patience.
    Photo: Ozan Kose Agence France-Presse Dans un camp de réfugiés syriens en Turquie, cet enfant doit prendre son mal en patience.

    Sprint final ; la ministre québécoise de l’Immigration promet que quelque 400 réfugiés syriens vont arriver d’ici le 31 décembre, ce qui permet d’atteindre la cible de 7300 pour 2015-2016. Or, la priorité sera donnée aux réfugiés pris en charge par l’État et non aux réfugiés parrainés au privé par des familles québécoises, qui devront prendre leur mal en patience jusqu’en 2017. Encore très nombreux, 7705 Syriens parrainés au privé, et qui ont été acceptés, attendaient toujours de prendre un avion pour le Québec en date du 8 décembre.

     

    Les quelque 400 qui arriveront d’ici fin décembre seront en effet des réfugiés pris en charge par l’État, qui viennent généralement des camps et ont des conditions de vie très précaires, précise la ministre Kathleen Weil. « Je trouvais que c’était important que le Québec maintienne cet équilibre [entre réfugiés parrainés au public et au privé]. Le gouvernement fédéral nous a assuré qu’on allait pouvoir respecter notre plan. »

     

    Mme Weil s’attend toutefois à ce que la cadence des arrivées se maintienne au début de l’année prochaine si le gouvernement fédéral, avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est « capable d’organiser des vols. Ce ne seront pas des vols nolisés, mais commerciaux. Et comme on va voir que plusieurs centaines de réfugiés vont arriver dans les prochaines semaines, on peut s’attendre à ce qu’en janvier, février, mars, plusieurs autres arrivent ». Elle dit toutefois ne pas avoir de confirmation du fédéral. Son homologue, John McCallum, n’était pas disponible pour une entrevue.

     

    Délais et frustrations

     

    L’arrivée de la famille Darwish mardi dernier, après plus d’un an de démarches, a créé une vague d’espoir chez de nombreux groupes de parrains québécois qui attendent toujours « leurs Syriens ». Mais elle a du même coup ravivé les craintes et l’exaspération devant de si longs délais. « Ça fait un an qu’on attend que les vérifications de sécurité soient réglées », s’indigne Isabelle Mailhot-Leduc, qui fait partie d’un groupe qui parraine les parents Khazal et leurs deux filles. « En février dernier, ils s’étaient pourtant fait dire que ça prendrait maximum dix jours ! » Le bail de l’appartement que le groupe de parrains louait en attendant les Khazal a dû être résilié et tous les meubles, mis en entrepôt.

     

    Yara Atay paie depuis un an un appartement trop grand pour elle, car elle prévoyait que son père et sa mère, deux sexagénaires qui ont fui pour le Liban, allaient arriver beaucoup plus vite. « C’est la vérification de sécurité qui a l’air de prendre beaucoup de temps pour mon père, mais je ne sais pas pourquoi », dit-elle, émettant l’hypothèse qu’il est Palestinien d’origine. Pourtant, la demande de ses parents a été déposée en novembre 2015, il y a un an, et ceux-ci ont passé leur entrevue à l’ambassade canadienne en avril. La promesse d’une arrivée dans les huit mois suivant l’entrevue n’a pas été respectée, déplore-t-elle.

     

    Les promesses non tenues, c’est ce qu’Amel Mebrouk, qui parraine trois familles de Syriens réfugiées, trouve frustrant. « Le gouvernement nous a lancé un appel pour aider l’humanité et on a répondu. Il nous a promis de nous aider, mais moi, je vois qu’il nous a abandonnés, dit-elle, amère. On ne demande même pas d’argent, on veut juste qu’ils arrivent. » Les trois familles qu’elles parrainent ont été acceptées par le Canada, deux d’entre elles ont reçu leur certificat d’acceptation du Québec, mais elles attendent toujours impatiemment au Liban.

     

    Problème d’information

     

    Toutes les familles de parrains à qui Le Devoir a parlé se plaignent du manque d’information. « Personne ne nous donne de délais. Même les politiciens, les fonctionnaires et les députés ne sont pas capables d’avoir plus d’information que nous. On est vraiment dans le flou », dit Isabelle Mailhot-Leduc.

     

    La ministre Weil se dit sensible à ce problème, qui lui a été souligné à maintes reprises. « C’était très difficile pour les familles depuis des années d’avoir des informations sur où est rendu leur dossier. […] Mais là, on a des volumes importants, c’est une préoccupation de voir comment on peut donner plus d’informations à ces familles », a-t-elle indiqué. Elle rappelle qu’il existe une ligne téléphonique « 1 844 307-2433 (AIDE) » pour venir en aide tant aux familles de parrains qu’aux réfugiés eux-mêmes. « Il va falloir travailler avec le gouvernement fédéral pour voir comment on peut leur donner plus d’information. »

     

    La ministre se dit très « fière » des efforts accomplis par le Québec pour accueillir des réfugiés syriens depuis qu’une réelle volonté de les aider a été exprimée par le gouvernement de Justin Trudeau. En compagnie notamment de son homologue fédéral, John McCallum, Mme Weil célébrera demain dimanche l’anniversaire du premier vol nolisé de réfugiés syriens — soit 161 personnes parrainées au privé —, atterri le 13 décembre 2015. « Je crois que tout le monde peut se féliciter », a-t-elle déclaré. Selon le représentant du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Canada, le Québec arrive en 4e position, derrière les États-Unis, l’Allemagne et le Canada, pour son effort humanitaire.

    Les réfugiés et le Québec Objectif d’accueil de Syriens pour 2015-2016 : 7300
    Syriens attendus d’ici le 31 décembre 2016 : 407
    Syriens acceptés et toujours en attente : 7705
    Accueil de réfugiés en 2017: environ 6000, dont au moins 4000 parrainés au privé












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