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    Lac Barrière: l’assaut des minières

    21 novembre 2016 | Norman Matchewan - Conseiller de bande des Algonquins du lac Barrière | Actualités en société
    Manifestation devant le Palais de justice de Montréal en août 2014. «L’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée», écrit Norman Matchewan.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Manifestation devant le Palais de justice de Montréal en août 2014. «L’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée», écrit Norman Matchewan.

    Mon peuple, les Algonquins du lac Barrière, a souvent dû faire des concessions ou accepter des intrusions sur son territoire traditionnel. Ces intrusions étaient autorisées par le gouvernement du Québec sans notre consentement. Une grande partie de notre territoire est connue par les Québécois sous le nom de la Réserve faunique La Vérendrye. Nous continuons à vivre, à chasser, à pêcher et à pratiquer diverses activités culturelles sur le territoire.

     

    Malgré la présence d’une réserve faunique et d’un accord, vieux de 25 ans, de cogestion et de partage de la richesse sur une partie de notre territoire traditionnel, des compagnies forestières et minières ont pris le territoire d’assaut et ont compromis nos capacités de nourrir les membres de notre communauté et de pratiquer notre culture. En réponse, nous avons bloqué l’autoroute et des routes forestières, expulsé des exploitants miniers et forestiers, entamé des procédures judiciaires et manifesté au Québec et à Ottawa avec des centaines d’alliés. Nous prenons les mesures qui s’imposent pour protéger le territoire.

     

    Une reprise de négociations avec le gouvernement du Québec sur l’application de l’accord intergouvernemental nous a permis un peu d’optimisme quant à la voie de la réconciliation. Malheureusement, les événements récents démontrent à nouveau que les engagements ne sont pas respectés et que des industries se font accorder des laissez-passer pour accéder aux ressources du territoire, sans le consentement de notre peuple algonquin.

     

    Nous sommes prêts à chercher des accommodements avec certaines activités forestières et récréatives, ainsi qu’avec les barrages hydroélectriques existants, mais l’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée. Malgré cette prise de position claire, le gouvernement québécois a levé dernièrement la suspension, en vigueur depuis de nombreuses années, des droits miniers détenus par la compagnie minière junior Copper One. Cette dernière prévoit couper des arbres et forer sur notre territoire cet automne et cet hiver. Cette compagnie et d’autres ont fait le bornage de concessions minières à travers notre territoire sans notre consentement et malgré le fait que nous ayons répété que l’exploitation minière n’est pas compatible avec notre vision du territoire et de la poursuite de nos activités traditionnelles. À aucun moment, nous n’avons été informés au cours des récentes négociations d’un changement dans la position du gouvernement québécois concernant les activités minières sur notre territoire.

     

    Cette situation nous a incités à construire un campement de défense du territoire que nous utilisons pour surveiller les activités de Copper One et d’autres compagnies.

     

    Nous invitons vivement tous ceux qui apprécient le territoire — les eaux, les poissons et la faune de cette région — ceux avec qui nous la partageons — à se joindre à nous pour s’opposer à ce nouveau type de développement des plus nuisibles pour l’environnement. Nous appelons les groupes sensibles à notre cause à travers le Québec et ailleurs à travailler avec nous pour empêcher les activités d’exploration planifiées par Copper One de se réaliser. Nous vous invitons tous à vous joindre à cet effort. Soyez assurés que nous ferons le nécessaire pour protéger le territoire.













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