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    Québec

    Les groupes d’action communautaire en grève

    Trois jours d’actions et de protestations pour s’opposer au sous-financement chronique

    François Saillant et Caroline Toupin, de la campagne Engagez-vous pour le communautaire
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir François Saillant et Caroline Toupin, de la campagne Engagez-vous pour le communautaire

    À partir de ce lundi, des centaines d’organismes d’action communautaire autonome, sur les 4000 que compte le Québec, sortent de « leur invisibilité » pour réclamer au gouvernement Couillard une augmentation de 475 millions de dollars du financement à la mission. Entre autres revendications. Jusqu’à mercredi, démarches auprès des élus et de l’opposition, défilés, distributions de tracts et grèves seront des actions utilisées lors de cette campagne.

     

    « Les libéraux actuellement remboursent la dette du Québec en aggravant la dette sociale, alors que le gouvernement a les moyens d’éponger » cette dernière, a martelé François Saillant, porte-parole de la campagne Engagez-vous pour le communautaire et coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

     

    « On veut des investissements dès le prochain budget » ,a-t-il poursuivi. S’il admet que la somme demandée de 475 millions est grande, M. Saillant précise que « c’est le prix à payer pour avoir laissé la situation en souffrance ».

     

    Au moins 260 organismes n’auraient présentement pas suffisamment assez de financement de base pour assurer leur fonctionnement. Le surplus budgétaire actuel de 1,8 milliard serait suffisant pour améliorer la situation. Sinon, pourquoi ne pas ramener la taxe sur le capital ? demandait M. Saillant.

     

    « Pour la première fois depuis un bon bout de temps, c’est l’ensemble des secteurs qui se regroupe », a indiqué Caroline Toupin, au nom du Réseau québécois de l’action communautaire autonome. « On est face à une situation de sous-financement critique. Il y a eu un changement de contexte depuis 15 ans, la pression a beaucoup augmenté pour les organismes, avec des vagues de compressions qui ont fragilisé les populations et font que ces gens, qui se butent à un mur devant les services publics et les programmes sociaux, se tournent davantage vers le communautaire. » Et les demandes explosent, précise-t-elle. À quelle hauteur ? Impossible de répondre autrement qu’approximativement, les statistiques manquant. Mme Toupin donne l’exemple de la fermeture récente, après 29 ans d’existence, de l’Association coopérative d’économie familiale du Haut-Saint-Laurent, faute d’indexation des crédits accordés par le Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS).

     

    Ces demandes arrivent au moment où le gouvernement, selon Mme Toupin, « se pavane avec des milliards de surplus budgétaires, pris directement dans les poches des populations, des services publics et des programmes sociaux. On trouve ça indécent, et c’est pour ça qu’on va sortir. »

     

    Si l’argent semble le nerf de la guerre, les revendications ne s’y arrêtent pas. Elles demandent de garantir une indexation annuelle suffisante pour suivre la hausse des coûts de fonctionnement, mais aussi de respecter l’autonomie des organismes communautaires, plutôt que de les utiliser, à forfait, selon les volontés du gouvernement (voir encadré). Ensuite, de donner les moyens qui auraient dû suivre la Politique de reconnaissance de l’action communautaire adoptée en 2001, car, explique Caroline Toupin, « un de nos rôles, c’est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas beaucoup au chapitre des droits sociaux ». Finalement, reconnaître le leadership et l’apport de l’action communautaire autonome en justice et en progrès sociaux.

     

    « Nous ne sommes pas là pour remplacer les services de l’État, résumait par voie de communiqué Hugo Valiquette, de la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires. Nos organismes sont issus de la population et contrôlés directement par elle, pour répondre à ses besoins et à ses préoccupations les plus immédiates. Ils participent directement à la lutte contre l’exclusion et à l’exercice de la citoyenneté », poursuit-il, en donnant l’exemple de l’aide juridique ou des garderies populaires.

     

    Limites de la patience

     

    Les actions se dérouleront les 7, 8 et 9 novembre dans 17 régions du Québec ; les villes de Montréal, Québec, Gatineau, Laval, Lévis, Rimouski, Rouyn-Noranda et Terrebonne seront le siège de rassemblements. Une seconde campagne suivra en février afin de maintenir une pression prébudgétaire.

     

    Caroline Toupin a tenu à rappeler que la solidarité et la mobilisation des groupes d’action communautaire autonome ont permis l’an dernier le renouvellement des protocoles des organismes en défense collective des droits pour trois ans.

     

    En octobre dernier, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) dévoilait son rapport Les organismes d’action communautaire autonome : entre engagement et épuisement, produit à la suite de la Commission populaire pour l’action communautaire autonome. Un chapitre y est consacré à la fragilisation des populations due au désengagement social de l’État.













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