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    Rapport «Jeunes et inégalités» d’Oxfam

    Faire place aux jeunes!

    5 novembre 2016 | Caroline Rodgers - Collaboration spéciale | Actualités en société
    Le rapport souligne que les jeunes sont un moteur de changement, puisqu’ils se trouvent à la tête des grands mouvements sociaux, l’exemple le plus frappant étant les manifestations du printemps arabe.
    Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Le rapport souligne que les jeunes sont un moteur de changement, puisqu’ils se trouvent à la tête des grands mouvements sociaux, l’exemple le plus frappant étant les manifestations du printemps arabe.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Jamais les jeunes n’ont été en aussi grand nombre sur Terre. Aujourd’hui, 1,8 milliard d’individus sont âgés de 10 à 24 ans. Pourtant, ils sont loin des cercles de pouvoir, alors que ce sont eux qui subissent le plus les inégalités et qui subiront, plus tard, les conséquences des décisions prises maintenant par leurs aînés. Un nouveau rapport d’Oxfam, « Jeunes et inégalités », dresse un état des lieux et recommande d’inclure davantage les jeunes dans le processus politique et la prise de décision.

     

    L’été dernier, Oxfam organisait le Sommet Jeunes et inégalités, qui rassemblait une centaine de jeunes de vingt pays pour rédiger un manifeste. Le récent rapport reprend et développe les principaux constats de cette rencontre.

     

    « Oxfam a toujours beaucoup travaillé avec les jeunes qui, dans le monde, sont concentrés dans les pays en développement, avec des programmes spécifiquement axés sur l’autonomisation des jeunes », dit Jennifer Glassco, auteure du rapport et doctorante en anthropologie culturelle à l’Université McGill.

     

    En effet, sur la planète, la majorité des jeunes vivent dans les régions urbaines des pays en développement. Sur le continent africain, 60 % de la population est âgée de moins de 24 ans. À l’échelle mondiale, 43 % des jeunes en âge de travailler n’ont pas d’emploi ou travaillent en vivant dans la pauvreté, selon le rapport. En Amérique latine, les jeunes, qui composent 18 % de la population, comptent pour 40 % des sans-emploi.

     

    « Les jeunes représentent plus du quart de la population mondiale, mais ils sont très exclus de la prise de décision et des espaces politiques, tout en étant plus vulnérables sur le plan économique. Nous avons l’occasion, aujourd’hui, de réaliser de grands changements dans le monde en donnant plus de place aux jeunes », ajoute-t-elle.

     

    Parmi ses grandes conclusions, le rapport souligne que les jeunes sont un moteur de changement, partout dans le monde, puisqu’ils se trouvent à la tête des grands mouvements sociaux qui revendiquent des changements, les exemples les plus frappants étant les manifestations du printemps arabe ou celles d’Occupy Wall Street.

     

    « Au Pérou, les jeunes ont fait changer une politique proposée par le gouvernement qui rendait les emplois plus précaires. Au Sénégal, le mouvement de jeunes “Y en a marre” a mené à un changement de gouvernement et a servi de modèle à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Il est nécessaire que les gouvernements donnent un espace aux jeunes, mais c’est aussi la responsabilité des organisations de la société civile. »

     

    L’exclusion du pouvoir

     

    À l’échelle mondiale, seulement 1,6 % des parlementaires sont dans la vingtaine.

     

    « Les conséquences de cela, c’est que les jeunes n’ont pas les moyens de communiquer leurs problèmes et de faire avancer leur cause. Les jeunes n’ont pas de voix. L’autre aspect de cette question, c’est que les jeunes ne sont pas un groupe homogène. On constate que, parfois, lorsqu’il y a des occasions de faire une place aux jeunes, ce sont les jeunes plus privilégiés qui vont prendre cette place. C’est important de s’assurer que les jeunes qui participent aux décisions représentent tous les groupes de la société : jeunes femmes, membres des Premières Nations, jeunes handicapés, jeunes défavorisés, par exemple. »

     

    Les jeunes sont les plus touchés par le chômage, mais sont aussi les plus touchés par d’autres formes d’inégalités, dans le monde, comme le manque d’accès aux services essentiels, à l’éducation et aux services de santé. Ils seront aussi les plus affectés par les changements climatiques.

     

    Oxfam recommande donc l’inclusion des jeunes dans les processus décisionnels, surtout concernant les questions qui ont un impact sur leur vie. Cette inclusion passe notamment par la mise en place de politiques et de programmes pour la jeunesse, par l’amélioration de l’accès à une éducation de qualité, par des politiques d’emploi énergiques et par la mise en place de mesures destinées à lutter contre les changements climatiques.

     

    Tout un volet des recommandations touche plus spécifiquement le Canada, soulignant le fait que le Canada n’a toujours pas de politique nationale pour la jeunesse, bien que la plupart des provinces aient leur propre politique.

     

    « Nous avons une politique jeunesse au Québec, mais il n’y a pas de politique canadienne, dit Jennifer Glassco. Il est important que tous les jeunes Canadiens aient accès aux mêmes services et qu’il y ait un plan national pour répondre aux défis qui les concernent. Il est aussi important que le Canada, dans ses politiques de développement international, incite les autres gouvernements à donner l’occasion aux jeunes de participer dans leur pays respectif. Et au Canada, nous avons encore du travail à faire pour que l’éducation soit vraiment accessible à tous. »













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