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    Académie Centennial

    Réinventer l’éducation

    24 septembre 2016 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Actualités en société
    « C’est l’école qui se met au service de l’apprentissage des élèves, et non eux qui doivent se mouler à un système », assure Angela Burgos, directrice de l’Académie Centennial.
    Photo: Centennial Academy « C’est l’école qui se met au service de l’apprentissage des élèves, et non eux qui doivent se mouler à un système », assure Angela Burgos, directrice de l’Académie Centennial.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    Comment une école secondaire parvient-elle à assurer la réussite de 90 % de ses élèves, élèves qui éprouvent en outre d’importantes difficultés d’apprentissage ? C’est le défi que relève chaque année l’Académie Centennial.


    Ces vingt dernières années, les exigences pour obtenir un diplôme de secondaire 5 ont considérablement augmenté, ce qui fait que, pour tout élève qui a des difficultés d’apprentissage, réussir ses études est devenu encore plus difficile.

     

    Voilà ce que constate Angela Burgos, directrice de l’Académie Centennial, une école secondaire qui développe constamment l’expertise nécessaire pour assurer la réussite de tous ses élèves en difficultés d’apprentissage.

     

    « Les standards pour obtenir un diplôme de secondaire 5 sont beaucoup plus élevés aujourd’hui qu’il y a vingt ans », relate celle qui a justement pris la direction de l’école Centennial en 1998. Par exemple, poursuit-elle, « pour réussir le cours d’histoire, il fallait autrefois retenir des dates et des événements, tandis qu’aujourd’hui, on demande aux élèves de faire preuve d’esprit critique et d’analyser les faits. Même chose pour les cours de maths et de sciences. C’est beaucoup plus exigeant. »

     

    Ce n’est donc pas pour rien, souligne-t-elle, si le Canada se classe parmi les dix meilleurs pays en termes de formation au secondaire, selon les évaluations de l’OCDE, alors qu’au Canada même, les élèves du Québec figurent au premier rang en mathématiques.

     

    La directrice précise aussi que, depuis vingt ans, son école est confrontée à la baisse progressive de sa clientèle anglophone. « Et comme on dit, la nécessité étant mère de l’invention, nous nous sommes réinventés ! »

     

    Taux de diplomation : 90 %

     

    L’Académie Centennial s’est donc mise à la recherche des meilleures méthodes et pratiques en éducation, en plus de mener ses propres travaux pour voir comment elle pourrait aider tous les types d’élèves en difficultés d’apprentissage. « Sans cesse, nous nous alimentons des plus récentes recherches sur le cerveau et sur la pédagogie — sur ce qui fonctionne — et nous essayons nos propres choses », précise-t-elle.

     

    Résultat, Centennial est devenue la seule école secondaire au Québec dont la mission est d’aider les élèves à surmonter leurs difficultés d’apprentissage. Et c’est ainsi que plus de 90 % de ses élèves terminent leurs études secondaires en cinq ans (alors que le taux est d’environ 74 % à l’échelle du Québec).

     

    Pourtant, au départ, 90 % de ces élèves éprouvent d’importantes difficultés d’apprentissage. L’Académie Centennial accueille en effet des élèves ayant des difficultés variées telles que le TDAH, la dysgraphie, la dyslexie, les troubles du spectre de l’autisme, des difficultés de langage, etc.

     

    L’approche préconisée est pourtant simple, relate Angela Burgos : « C’est l’école qui se met au service de l’apprentissage des élèves, et non eux qui doivent se mouler à un système. »

     

    Entre autres, l’équipe-école enseigne à ces jeunes comment apprendre en les aidant à développer des comportements propices à l’apprentissage efficace.

     

    « Par exemple, nous leur donnons des directives claires et détaillées sur la façon d’apprendre, d’étudier et de gérer leurs horaires et leurs devoirs, explique Mme Burgos. Nous leur montrons aussi comment prendre en main leur apprentissage et à réfléchir par eux-mêmes. »

     

    Étonnamment, cette école se fait un devoir d’appliquer scrupuleusement le programme du ministère de l’Éducation — « sans y apporter la moindre altération », insiste Mme Burgos —, mais en soutenant ses élèves en leur consacrant plus de temps.

     

    De la discipline, tout simplement

     

    En pratique, cette école secondaire applique une approche pédagogique taillée sur mesure selon les besoins et capacités de chaque élève. « C’est de la pédagogie cas par cas », résume la directrice.

     

    Autre aspect étonnant : les classes de cette école spécialisée comptent seulement une vingtaine d’élèves. De plus, les élèves demeurent dans la classe et ce sont les professeurs qui se succèdent les uns aux autres. Tout est centré sur la routine et sur la discipline, ce qui assure un confort et une tranquillité d’esprit aux élèves.

     

    « C’est en formant nos professeurs, à partir des plus récentes recherches, et en les assistant constamment, que nous obtenons de tels résultats », précise encore la directrice.

     

    « Quatre-vingt-dix pour cent de ce que nous faisons, c’est tout bonnement d’appliquer un système et 10 %, c’est d’innover », poursuit la directrice. Autrement dit, le simple fait de plonger les élèves en difficultés d’apprentissage dans une routine et une tranquillité d’esprit résout 90 % des problèmes. Quant au 10 % restant, l’équipe-école se demande ce qu’elle devrait faire pour chaque cas particulier.

     

    « Si vous vous promeniez dans nos murs, vous auriez l’impression que tout est parfaitement normal chez nous, qu’il ne s’y passe rien de particulier », illustre Mme Burgos. Et selon elle, ce système pourrait s’appliquer dans n’importe quelle école du Québec.

     

    Au sortir de l’école, les élèves sont fin prêts à poursuivre leurs études au cégep puis à l’université, enchaîne Angela Burgos. Son institution reçoit de temps à autre la visite de finissants qui viennent témoigner de leur parcours et de leur réussite.

     

    C’est ainsi que prochainement, on y accueillera une diplômée de l’Université McGill qui possède un doctorat en aide technologique pour les personnes éprouvant des difficultés d’apprentissage. « C’est l’une de nos consultantes », indique fièrement Mme Burgos. Un autre finissant, diplômé de l’Université York, viendra raconter comment il est devenu chef des opérations financières d’une entreprise familiale.

     

    L’un des problèmes auxquels s’attaque désormais l’Académie Centennial est le fait qu’en vertu des règles en vigueur au Québec, afin d’éviter l’assimilation au monde anglophone, les parents francophones ne peuvent y envoyer leur enfant.

     

    Mais, comme le rappelle Mme Burgos, « la nécessité étant mère de l’invention », à compter de la rentrée 2017, son école offrira des formations en français. « Les francophones pourront enfin bénéficier dans leur langue de ce qui fait le succès de l’Académie Centennial », dit-elle tout sourire.













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