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    Le Forum social mondial vu par les apprentis reporters de l'INM

    13 août 2016
    Une quinzaine de jeunes de 16 à 25 ans ont joué les reporters au Forum social mondial dans le cadre de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Une quinzaine de jeunes de 16 à 25 ans ont joué les reporters au Forum social mondial dans le cadre de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.

    Ils étaient une quinzaine de jeunes de 16 à 25 ans, apprentis reporters qui ont sillonné les ateliers du Forum social mondial à Montréal, dans le cadre de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde. Le Devoir leur ouvre ses pages avec cette sélection de trois textes.


    «Safe Space» ou le choix cornélien entre droits de la personne et droits des femmes

    Adeline Pate

    Berlin, 2014. Dans un camp de réfugiés de la ville, Patrick, lui-même réfugié, se rapproche de Sara, altermondialiste qui aide la communauté à faire valoir ses droits. À la suite d’une soirée de flirt, le jeune homme agresse sexuellement la jeune femme. La communauté doit alors décider si Patrick doit être exclu.

     

    La cause des réfugiés prévaut-elle sur celle des violences faites aux femmes ? C’est sur cette épineuse question que s’achève Safe Space (2014). Le court métrage de Zora Rux a été présenté par Alter Citoyens à la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal, dans le cadre du Forum social mondial (FSM). Ce film soulève de nombreux enjeux sur un sujet d’actualité délicat.

     

    On sait que renvoyer un réfugié d’un camp revient à le condamner à l’incarcération, voire à la mort en cas de rapatriement dans son pays. Cela doit-il primer la reconnaissance du préjudice vécu par la victime qui devra faire face à son agresseur au quotidien, au risque de banaliser son viol ?

     

    Le bombardement médiatique sur les réfugiés tend à créer un désir de protection à l’encontre des étrangers qui seraient perçus comme un danger. Dans ce contexte, on peut comprendre la crainte des autres membres du camp à l’idée que la police soit informée. Le risque d’amalgames quant à une idée reçue de délinquance sexuelle généralisée et celui de la fermeture administrative du camp représente pour eux un réel danger.

     

    Ce film soulève aussi la culpabilité multiple à laquelle les victimes sont exposées. Dans le cas de Sara, elle porte le poids des accusations de responsabilité dans son agression, du risque encouru par Patrick, mais aussi du sentiment d’être à l’origine de ce que l’on pressent comme l’éclatement de la communauté.

     

    Dernières secondes du film, une voix demande à Sara de prendre la décision définitive. Silence.

     

    La lumière revient et chacun semble en proie à un conflit intérieur. À l’écran comme dans la salle, la question de la culture est soulevée. Faut-il prendre en considération celle de Patrick, qui aurait pu l’inciter à interpréter l’attitude de Sara comme une ouverture ? Ou doit-on se référer aux codes du pays d’accueil ?

     

    Pour Rita Acosta, travailleuse au Mouvement contre le viol et l’inceste (MVCI) et intervenante à la suite de la diffusion, cet argument n’est pas recevable.

     

    « Les agressions sexuelles ont été normalisées par les situations de guerre. Le viol ne fait pas partie d’une culture, c’est un rapport de pouvoir, et les femmes sont les cibles de ces oppressions. »

     

    Alter Citoyens est un média indépendant créé en 2007 avec l’objectif de donner la parole aux citoyens en s’appuyant sur le support vidéo. Associant tournages en manifestations et reportages, le collectif finance ses actions en proposant des prestations de tournage aux Organisations non gouvernementales. Pascale Rioux, membre active, explique son choix de présenter ce film.

     

    « Je l’ai vu dans le cadre des Courts critiques, des soirées de présentation de courts métrages engagés. Je l’ai trouvé particulièrement fort. Nous nous sommes dit que ce serait un sujet de débat qu’il serait intéressant de porter au Forum social mondial. »

     

    Actuellement en concours en Europe, le film sera prochainement disponible dans le cadre de diffusions publiques.



    Marcher pour l’avenir de la jeunesse autochtone

    Nadia Houle-Khedher
     

    Marcher 6000 km, c’est la façon d’aller à la rencontre des jeunes autochtones qu’a choisie le médecin Stanley Vollant, premier chirurgien autochtone au Québec. Selon lui, l’accès à l’éducation et l’amélioration des conditions de vie dans les réserves sont les principales clés du changement pour ces jeunes vulnérables aux problèmes de toxicomanie et de dépression. Il suffit de leur donner la chance de s’engager et d’enrichir la société.

     

    En cette première journée officielle de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, une entrevue animée par le journaliste Pierre Craig avait lieu devant environ 300 participants. Stanley Vollant, venu raconter son histoire, a reçu plusieurs distinctions et a été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec.

     

    Comme bon nombre de jeunes des communautés qu’il souhaite inspirer, Stanley Vollant a fait face à de l’adversité dans son jeune âge. Élevé par ses grands-parents sur la réserve à Pessamit, près de Baie-Comeau, il a été encouragé à aller à l’école.

     

    « Je marche pour inspirer les jeunes à croire en leurs rêves. Je suis médecin… Je veux que l’espoir soit viral, je veux contaminer les gens », plaisante-t-il.

     

    Depuis 2010, son projet Innu Meshkenu l’amène à marcher à travers l’Ontario, le Québec et le Labrador pour encourager les jeunes et promouvoir de saines habitudes de vie. Maintenant chirurgien à temps partiel, il consacre la majorité de son temps à être un acteur de changement.

     

    L’objectif de 6000 km sera atteint l’an prochain. Stanley Vollant prévoit terminer sa grande aventure à Montréal dans le cadre des festivités du 375e de la ville. Il invite tous les participants à le rejoindre.



    Entre anarchie et hiérarchie, la démocratie

    Lauréanne Cauchy Richer
     

    Trouver une solution de rechange à la démocratie sous sa forme actuelle, c’est le défi que s’est donné une dizaine de participants au Forum social mondial (FSM) lors d’une discussion ouverte sur le sujet de la désobéissance civile.

     

    Le débat s’est rapidement orienté vers la relation de pouvoir entre les gouvernements et les citoyens. « Il faut instaurer une démocratie basée sur la discussion et non sur le scrutin, dont le seul vainqueur n’est pas le meilleur député, mais le meilleur argument », a d’abord lancé Jean-Christophe Lurenbaum, chercheur indépendant.

     

    « On reproduit les schémas de nos parents, on est conditionnés, mais on peut choisir de ne pas se conformer, de ne pas se laisser faire », a réagi un autre participant, faisant un rapprochement entre le lien parental et celui qui unit un gouvernement à la population.

     

    Le groupe, constitué de personnes de milieux et de pays différents, a décrié le système politique en vigueur, qu’ils estiment bancal, et une société vue comme passive quant aux injustices qu’elle subit.

     

    Malgré certaines opinions divergentes, tous ont convenu que le meilleur moyen d’arriver à une démocratie telle que décrite par Jean-Christophe Lurenbaum était l’éducation. Et ce, dès le plus jeune âge. Les participants ont évoqué leur désir d’implanter des cours sur les enjeux sociaux au primaire et au secondaire, afin de former une relève citoyenne conscientisée et une société plus participative sur le plan démocratique.

     

    L’assemblée a également débattu de méthodes de contestation et de la possibilité de prendre part à la sédition contre le gouvernement et les institutions. Plusieurs exemples ont été proposés, allant du vote en blanc à la grève. Selon l’avis général, plus l’ampleur du mouvement est grande, plus le changement apporté peut être important.

     

    D’après plusieurs, il faudrait aussi prendre conscience des inégalités sociales et politiques et militer pour le bien commun en abolissant les écarts entre les classes sociales et en renversant les positions de pouvoir. Des membres de l’atelier ont souligné que le pouvoir devrait appartenir au peuple et qu’il appartient au peuple de le revendiquer.













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