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    Diversité, genres et sexualités

    Un débat inédit depuis la création du FSM

    6 août 2016 | Émilie Corriveau - Collaboration spéciale | Actualités en société
    Le 11 août se tiendra la grande conférence de la semaine, qui portera sur la lutte contre l’homophobie à l’échelle internationale. Elle se tiendra en soirée à la Grande-Place du Complexe Desjardins.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le 11 août se tiendra la grande conférence de la semaine, qui portera sur la lutte contre l’homophobie à l’échelle internationale. Elle se tiendra en soirée à la Grande-Place du Complexe Desjardins.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Pour la 12e édition du Forum social mondial — soit le plus grand rassemblement altermondialiste à l’échelle planétaire —, accueillie par Montréal, le comité autogéré Diversité, genres et sexualités (DGS), dont le mandat est de promouvoir les enjeux lesbiens, gais, bisexuels, trans*, queer, intersexes, aromantiques et asexuels (LGBTQIA*), a prévu une riche programmation. Ce sera la première fois depuis la création de l’événement, en 2001, que les problématiques et spécificités de ces communautés y seront discutées de façon aussi exhaustive.


    « Notre objectif, c’est de donner la parole à des gens qui sont marqués par de multiples oppressions, que ce soit par rapport au genre, à la sexualité, à la corporalité, au capacitisme [discrimination fondée sur la capacité physique], etc. », annonce d’emblée Sébastien Barraud, membre du comité DGS.

     

    Formé d’une quinzaine de militants, le groupe a été constitué il y a quelques mois spécialement en vue du FSM. Dans l’esprit de ce dernier, ses membres ont décidé d’articuler leur programmation autour de questions peu abordées dans l’espace public.

     

    « On s’est dit qu’on essaierait pour une fois de ne pas donner la parole à des hommes gais, blancs, cisgenres [personne dont le genre ressenti correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance], qui vivent certes toutes sortes de réalités dont il faut discuter, mais qui, selon nous, ont déjà un espace de parole très grand, particulièrement dans les pays occidentaux. Ça se transpose très clairement dans la programmation que nous avons élaborée », précise M. Barraud.

     

    Une fête et trois journées d’échanges

     

    S’échelonnant sur quatre jours, les activités prévues par le comité DGS seront regroupées en trois thèmes, soit la diversité, les genres et les sexualités.

     

    Celles-ci débuteront le mardi 9 août en soirée par une fête d’ouverture donnée au Cabaret Cléo. Plusieurs performeurs et disques-jockeys s’y produiront, et les Soeurs de la perpétuelle indulgence seront présentes pour accueillir les participants.

     

    « On a appelé la soirée Fourrons social mondial ou World Social Foursome, note M. Barraud. C’est un clin d’oeil au côté provocateur et burlesque de notre communauté ! »

     

    Le lendemain, la journée sera consacrée aux enjeux de diversité. Les différentes réalités des personnes racisées seront alors particulièrement mises en lumière.

     

    « Il y aura plusieurs conférences et ateliers sur le sujet, indique Mme Alexandra Picheta, également membre du comité DGS. Ça aura lieu à l’UQAM. »

     

    Une table ronde portant sur les réalités des artistes queer et la représentation des personnes queer dans les médias sera aussi tenue à l’occasion de cette première journée d’échanges.

     

    Le jeudi 11 août, ce seront les questions de sexualité qui seront au coeur des discussions. La journée débutera par une conférence sur l’intersexualité et se poursuivra avec un atelier sur la santé sexuelle des personnes marginalisées.

     

    « Lors de cet atelier, le sociologue Gabriel Girard, qui travaille à l’Université de Montréal, va nous parler de la subjectivation des risques. Nathan Boumendil, qui est un militant français travaillant beaucoup sur les nouveaux outils de prévention, nous parlera pour sa part des enjeux des minorités ethniques et des minorités de genres. Il va aussi nous parler des obstacles structurels auxquels ces minorités font face en matière d’accès aux traitements. Thierry Schaffauser, qui est un militant très connu en France, sera aussi avec nous. Il nous parlera des questions de sexualité pour les travailleurs et travailleuses du sexe », précise M. Barraud.

     

    Lors de cette deuxième journée d’échanges, il sera aussi question de la santé sexuelle des lesbiennes. Valérie Simon, étudiante au baccalauréat à l’Université Concordia, traitera du sujet lors d’un atelier.

     

    « C’est également le 11 août qu’aura lieu notre grande conférence de la semaine, souligne Mme Picheta. Elle portera sur la lutte contre l’homophobie à l’échelle internationale. Elle aura lieu en soirée à la Grande-Place du Complexe Desjardins. »

     

    Le vendredi 12 août, ce seront les enjeux des personnes trans qui seront mis en lumière. Les participants discuteront notamment de la neurodiversité chez les individus trans, des difficultés vécues par les personnes trans racisées, des réalités des enfants trans et des pratiques d’inclusion des gens trans dans le monde communautaire.

     

    « La question trans est souvent abordée sous un angle médical ; on parle beaucoup d’accès aux traitements et d’accès aux chirurgies, relève Étienne Chamberland, membre du comité DGS. Dans le cadre du FSM, on a voulu éviter de traiter le sujet sous cet angle-là, parce que la réalité des personnes trans est loin de se limiter à ça. »

     

    Un espace sécuritaire

     

    Souhaitant que les personnes minorisées puissent participer à ses activités sans crainte d’être ostracisées, le comité DGS a mis en place plusieurs dispositifs favorisant l’ouverture. Il s’est notamment doté d’une charte de l’espace sécuritaire.

     

    « Le but de la charte, c’est de s’assurer que l’espace soit le plus serein possible pour tous les participants et participantes. On veut être sûrs que les personnes qui vivent déjà énormément de pression et de discrimination dans la vie de tous les jours se sentent à l’aise », explique Mme Picheta.

     

    « Les gens qui évolueront au sein de notre espace devront respecter notre charte, sinon, on leur demandera de quitter les lieux, poursuit M. Barraud. On ne peut évidemment pas garantir qu’il n’y aura aucune oppression pendant le Forum, mais avec cette charte, on se dote d’un cadre pour la limiter. »

     

    Dans le même esprit, le comité DGS a veillé à ce que des toilettes non genrées soient accessibles aux participants tout au long du FSM. Ces dernières seront d’ailleurs identifiées clairement sur les plans du Forum.

     

    « C’est très important pour nous, indique M. Chamberland. J’ai souvent été témoin d’incidents dans des toilettes publiques, et nous ne voulions pas que ce genre de chose se produise pendant le Forum. »

     

    Le comité DGS a également prévu un service d’écoute active auquel les participants pourront s’adresser en cas de besoin. Un comptoir santé permettra aussi aux visiteurs d’obtenir des informations sur divers sujets, de se procurer des préservatifs et de discuter avec des intervenants du milieu.

    Le 11 août se tiendra la grande conférence de la semaine, qui portera sur la lutte contre l’homophobie à l’échelle internationale. Elle se tiendra en soirée à la Grande-Place du Complexe Desjardins. Le comité DGS a veillé à ce que des toilettes non genrées soient accessibles aux participants tout au long du FSM. Certaines institutions, comme l’Université Simon Fraser, à Burnaby en Colombie-Britannique, ont adopté des toilettes neutres pour leurs étudiants.












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