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    Syndicats

    Une occasion de rappeler les enjeux du monde du travail

    6 août 2016 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Actualités en société
    Le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels, selon la présidente de la CSQ, Louise Chabot.
    Photo: Vincent Larin Le Devoir Le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels, selon la présidente de la CSQ, Louise Chabot.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Le Forum social mondial pourra compter sur une importante présence du monde syndical québécois. En effet, les grandes centrales syndicales, en plus d’appuyer financièrement l’événement, ont invité leurs fédérations affiliées à y participer en organisant diverses activités.

     

    « Le coeur de la présence syndicale se fera sous le chapiteau du monde du travail, où les différentes organisations syndicales y auront pignon sur rue, précise Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). De plus, les différentes fédérations syndicales organiseront tout au long du Forum plusieurs activités sur une foule de sujets concernant le monde ouvrier. Il est trop tôt pour en faire l’inventaire aujourd’hui, mais on peut être assuré que l’offre sera généreuse et variée. Un des thèmes qui seront certainement abordés est ce que l’on nomme la 4e révolution industrielle, qui pose de nombreux défis aux syndicats et au monde ouvrier en général. Le Forum sera pour nous une occasion de soulever un débat à ce sujet. »

     

    C’est aussi la première fois que le Forum social mondial, dont la première mouture remonte à 2001, à Porto Alegre, au Brésil, se tient dans un pays qui n’est pas situé dans l’hémisphère Sud, mais plutôt au nord, et de surcroît dans une contrée fortement industrialisée, en l’occurrence le Québec. Les centrales syndicales ont-elles eu un rôle à jouer dans la tenue au Québec du Forum social mondial ? « En ce qui concerne la CSN, nous n’avons pas fait de lobbying actif à ce sujet, poursuit Jacques Létourneau. En fait, je crois que l’initiative revient surtout aux citoyens et aux militants québécois, déjà impliqués dans les forums sociaux, qui ont su convaincre le comité international du bien-fondé de tenir l’événement en sol québécois. Leur principal argument fut de démontrer que le Québec dispose d’une société civile forte et organisée. Le régime social que les citoyens se sont donné à travers l’État, le haut taux de syndicalisation au Québec, la forte présence du coopératisme et de l’économie sociale en sont les preuves. »

     

    Nouveaux enjeux

     

    Pour Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Forum social présente l’occasion d’aborder de front les nouveaux enjeux du monde du travail. « Ce n’est pas seulement une occasion pour les organisations syndicales de se saisir de ce dossier, croit-elle, mais aussi pour l’ensemble du monde ouvrier.Je pense à la question du salaire minimum, notamment la fameuse hausse à 15 $ l’heure, de plus en plus réclamée. Il est évident que le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels. »

     

    Les normes minimales du travail seront aussi un autre sujet de débat. « Les normes minimales du travail ont été mises en place pour la plupart dans les années 1950 et 1960 et ne tiennent pas compte des nouvelles réalités du monde du travail, que sont les emplois atypiques et à statut précaire et le travail autonome. Plusieurs travailleurs qui sont dans ces situations ont peu ou pas de protection. Il serait peut-être temps d’envisager des mesures comme une assurance salaire, par exemple. Et deux semaines de vacances payées, en 2016, ce n’est pas très généreux. »

     

    L’accès à la négociation et les politiques d’austérité — issues du néolibéralisme pratiqué aujourd’hui par de nombreux pays — seront aussi parmi les sujets traités. « On est chanceux au Québec avec notre forte syndicalisation, mais ce n’est pas le cas dans de nombreux pays. Et même dans les pays où la syndicalisation est présente, comme aux États-Unis, on remarque une forte croissance des mouvements antisyndicaux. L’accès à la négociation, donc à la syndicalisation, est le seul moyen pour améliorer les conditions des travailleurs et d’assurer le maintien d’une classe moyenne forte. Quant aux politiques d’austérité, qui causent du tort partout où elles sont appliquées, surtout pour les jeunes, les syndicats doivent servir de rempart afin de lutter contre ces mesures néolibérales. »

     

    Faire du Forum un succès

     

    S’il est intéressant de tenir un Forum social mondial au Québec, encore faut-il en faire un succès. « Je crois que nous avons tout ici au Québec pour réussir ce Forum social mondial, croit Jacques Létourneau. La CSN a participé à toutes les éditions du Forum social mondial qui se sont tenues, et j’ai remarqué que ceux qui fonctionnent le mieux sont toujours ceux qui se tiennent dans un pays où il y a une société civile forte. Et c’est le cas du Québec. »

     

    Mais comment mesure-t-on le succès d’un tel événement ? Une forte participation est-elle l’unique barème ? « Dans un événement comme le Forum social mondial, les enjeux sont connus d’avance, tout comme les principaux acteurs. Le dialogue est important, mais ce qui compte, selon moi, et qui assure la réussite de l’événement, c’est que ce dialogue se traduise ensuite par une plus grande mobilisation dans la société civile. »

     

    Et pour ce faire, cette mobilisation a besoin d’un point de convergence. « Et je crois que le point de convergence, cette année, pourrait bien être la question environnementale. On voit l’importance que cela prend actuellement au Québec, avec l’opposition au pipeline de TransCanada et aux forages à Anticosti. De plus, tous les pays et les sociétés se heurtent aux changements climatiques. Il me semble que tout est propice à ce que l’environnement devienne le sujet de convergence. »

    Le salaire minimum en vigueur aujourd’hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels, selon la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Louise Chabot, présidente de la CSQ Jacques Létourneau, président de la CSN












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