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    Réfugiés

    Un apport précieux pour le Québec

    6 août 2016 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Actualités en société
    « C’est très motivant de travailler avec les réfugiés syriens, assure Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes, puisque, malgré toute l’horreur qu’ils ont vécue, ils ont une capacité de résilience extraordinaire. »
    Photo: Francis Vachon Le Devoir « C’est très motivant de travailler avec les réfugiés syriens, assure Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes, puisque, malgré toute l’horreur qu’ils ont vécue, ils ont une capacité de résilience extraordinaire. »
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Les réfugiés syriens et les nouveaux arrivants de divers pays représentent un formidable apport pour le Québec, constate une spécialiste de l’intégration… Elle-même s’avère un bel exemple de réussite.


    La première chose que veulent faire les réfugiés syriens en arrivant au Québec, c’est de s’intégrer à notre société. À cette fin, leur première requête est d’apprendre le français. Voilà ce qu’observe Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI).

     

    Dans le cadre du Forum social mondial, elle fera part de son expérience de terrain. « La mission du CACI, c’est l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants et des réfugiés », indique-t-elle.

     

    « Depuis la décision du gouvernement Trudeau d’accueillir 25 000 réfugiés syriens, nous en avons profité pour en parrainer 800, précise Mme Aleksanian. Et durant l’année 2015-2016, nous avons fourni des services d’accompagnement et d’intégration à 2360 réfugiés syriens. »

     

    C’est ainsi que tout nouvel arrivant se voit offrir une séance intitulée « Première démarche d’installation », sur la façon de trouver un logement, où appeler en cas d’urgence, comment obtenir sa carte d’assurance maladie et d’assurance sociale, l’allocation pour ses enfants, etc. Puis, chacun suit une séance nommée « Objectif intégration », liée au marché du travail. Le CACI offre ensuite une foule de cours de français à temps partiel ou complet, le matin, l’après-midi, le soir…

     

    « C’est très motivant de travailler avec les réfugiés syriens, poursuit Mme Aleksanian, puisque, malgré toute l’horreur qu’ils ont vécue, ils ont une capacité de résilience extraordinaire. En fait, je puis affirmer qu’ils vont très vite s’intégrer à notre société et que le Québec sera enchanté de leurs contributions. »

     

    Exemple d’intégration

     

    Anait Aleksanian s’avère elle-même un bel exemple d’intégration. D’origine arménienne et arrivée de Russie en 1997, elle parle aujourd’hui un français impeccable (avec un petit accent tout à fait charmant).

     

    « Pourtant, confie-t-elle, lorsque j’ai commencé à suivre des cours de français, j’ai pleuré ! J’ai pleuré parce que je me disais que jamais je ne parviendrais à apprendre le français, puisque je ne comprenais rien ! Vous savez, le russe et l’arménien — les deux langues que je parle — n’ont rien à voir avec le français. Ça a été difficile… mais aujourd’hui, on me dit que je parle russe avec un petit accent », lance-t-elle en éclatant de rire.

     

    Comme nombre d’immigrants, elle témoigne ainsi de la qualité des nouveaux arrivants que nous accueillons. « J’ai un bac en enseignement et une maîtrise en psychologie, dit-elleet, arrivée ici, j’ai eu la piqûre pour le milieu communautaire. Je me suis dit que ce serait dans ce milieu que j’allais m’épanouir. Je consacre donc ma vie professionnelle à l’intégration socioprofessionnelle des nouveaux arrivants dans leur société d’accueil. »

     

    Elle souligne au passage l’« extraordinaire société québécoise ». Ainsi, raconte-t-elle, lorsque le CACI a annoncé son intention d’accueillir des réfugiés syriens, « la quantité d’appels et de courriels qu’on a reçus de personnes qui nous demandaient  “qu’est-ce qu’on peut faire ? de quoi ont-ils besoin ? peut-on les accompagner ? ont-ils besoin d’un frigo, d’un camion ?”... Ç’a été une mobilisation absolument extraordinaire, quelle sensibilité, quelle collaboration ! »

     

     

     

    Intégration rime avec francisation

     

    On pense souvent que les nouveaux arrivants ne désirent pas apprendre le français, rappelle Anait Aleksanian. « Eh bien, non, c’est tout à fait faux, tranche-t-elle. Bien au contraire, ils veulent apprendre notre langue, et c’est même la première chose qu’ils nous demandent : s’inscrire à des cours de français. »

     

    Le CACI accompagne ainsi quelque 13 000 personnes par année. « Auparavant, les nouveaux arrivants provenaient premièrement d’Algérie, puis du Maroc, ainsi que des pays d’Afrique et d’Europe de l’Est, dit-elle. Mais cette année, le premier pays, c’est la Syrie, puis l’Algérie, le Maroc, le Cameroun, Haïti, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Liban et la Chine. »

     

    Elle précise également que ceux-ci ne désirent pas apprendre l’anglais, puisqu’ils sont conscients de vivre dans une société francophone. Ils ont aussi conscience que, pour trouver un emploi, il faut parler français. En plus, ils veulent pouvoir accompagner leurs enfants dans leurs études… à l’école francophone.

     

    Pour la directrice du Centre d’appui aux communautés immigrantes, le Forum social mondial sera une belle occasion de voir comment d’autres collègues et organismes travaillent, et de partager leurs bons coups. « Peut-être ont-ils développé des programmes ou des approches auxquels on n’a pas songé et dont on pourrait s’inspirer pour améliorer nos services ? pose-t-elle. Et, bien sûr, on va aussi partager notre expertise. »













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