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    Le Devoir de débattre

    Le français bien vivant… mais défaillant

    28 avril 2016 | Isabelle Porter à Québec | Actualités en société
    La discussion qui avait lieu à la Chapelle de l’Amérique francophone opposait le chroniqueur du «Devoir» Christian Rioux, la présidente du Mouvement national des Québécois, Martine Desjardins, la chroniqueuse Anne Lagacé Dowson et le juriste Frédéric Bérard.
    Photo: Isabelle Porter Le Devoir La discussion qui avait lieu à la Chapelle de l’Amérique francophone opposait le chroniqueur du «Devoir» Christian Rioux, la présidente du Mouvement national des Québécois, Martine Desjardins, la chroniqueuse Anne Lagacé Dowson et le juriste Frédéric Bérard.

    Le français est-il en péril au Québec ? Entre ceux qui trouvent qu’il perd du terrain et ceux qui s’opposent à l’alarmisme, aucune réponse ne s’imposait mercredi au débat organisé par Le Devoir à Québec.

     

    La discussion qui avait lieu à la Chapelle de l’Amérique francophone opposait le chroniqueur du Devoir Christian Rioux, la présidente du Mouvement national des Québécois, Martine Desjardins, la chroniqueuse Anne Lagacé Dowson et le juriste Frédéric Bérard. Le sujet : « 15 ans après le rapport Larose, le français est-il en péril au Québec ? »

     

    Rendu public en 2001, le rapport Larose préconisait une approche moins conflictuelle du dossier de la langue française. Il découlait des travaux de la Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française, qui avait été mandatée par le gouvernement du Parti québécois pour faire le point sur le dossier linguistique. La commission était présidée par l’ancien syndicaliste et souverainiste notoire Gérald Larose.

     

    Mercredi, dans Le Devoir, M. Larose revenait sur le rapport en dressant un portrait très négatif de la situation. « Depuis 1982, imperceptiblement au début, mais aujourd’hui avec évidence, le Québec français est sur une pente déclinante », écrivait-il.

     

    « Bilinguisation »

     

    D’entrée de jeu, Christian Rioux a dit craindre la « bilinguisation ». « Celui qui n’est pas bilingue n’est pas citoyen à part entière au Québec. » Plus tard, le chroniqueur a dit avoir l’impression que pour « nommer quelque chose de moderne, il fallait [aujourd’hui] le faire en anglais ».

    Celui qui n'est pas bilingue n'est pas citoyen à part entière au Québec
    Christian Rioux
     

    Dans le camp des inquiets, Martine Desjardins l’a d’abord suivi dans cette veine en dénonçant, par exemple, une publicité du 375e anniversaire de Montréal sur laquelle l’anglais prédomine. Elle s’est aussi dite préoccupée par la situation du français dans les entreprises.

     

    L’ancienne présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) s’est montrée plus partagée sur la prétendue omniprésence du « franglais » dénoncée par le chroniqueur et sur l’association entre anglais et modernité.

     

    Fragile

     

    Quant à Anne Lagacé Dowson et Frédéric Bérard, ils ont défendu l’idée que le français était en bonne santé, mais qu’il fallait demeurer vigilants. Me Bérard a soutenu qu’on avait atteint un « certain équilibre » même si ce n’était « pas parfait ». Citant l’Office de la langue française, il a souligné que 83 % des Québécois disaient travailler principalement en français au Québec.

     

    Il estime toutefois que la qualité de la langue se détériore même dans les médias et que les Québécois convaincraient plus facilement les allophones de parler leur langue s’ils la parlaient bien et avec fierté.

     

    Mme Lagacé Dowson a insisté sur le chemin parcouru ces dernières décennies. « Le français est quand même dominant au Québec », a-t-elle affirmé. Elle s’est en revanche dite préoccupée par la qualité du français enseigné dans les écoles.

     

    Sujet prisé

     

    La salle était bondée pour ce débat qui a fait la preuve, une fois de plus, de l’intérêt des lecteurs du journal pour ce sujet. Plusieurs personnes se sont présentées au micro souvent pour livrer de véritables cris du coeur.

     

    Certains aspects du débat ont été à peine effleurés, comme la qualité du français parlé, l’enseignement du français à l’école, ou encore les enjeux liés à la francisation. Comme quoi la discussion est loin d’être terminée.













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