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    Park Slope Food Coop

    Donner du temps pour payer moins cher son épicerie!

    19 mars 2016 | Etienne Plamondon Emond - Collaborateur | Actualités en société
    En 2000, la Park Slope Food Coop a doublé l’espace de son magasin situé dans la rue Union, entre les 6e et 7e avenues à Brooklyn, passant de 500 à 1000 mètres carrés.
    Photo: Valery Rizzo Park Slope Food Coop En 2000, la Park Slope Food Coop a doublé l’espace de son magasin situé dans la rue Union, entre les 6e et 7e avenues à Brooklyn, passant de 500 à 1000 mètres carrés.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Si votre supermarché vous offrait d’acheter vos aliments moins cher en échange d’une poignée d’heures par mois de travail bénévole, acquiesceriez-vous ? Dans le quartier de Brooklyn, à New York, ils sont près de 15 000 à trouver qu’il s’agit d’une bonne idée. Portrait de la Park Slope Food Coop, un supermarché coopératif de plus de 40 ans, qui a été à l’avant-garde des mouvements d’achats locaux et d’approvisionnement en aliments biologiques.


    Allen Zimmerman a pris en avril dernier, à l’âge de 65 ans, sa retraite comme coordonnateur de la Park Slope Food Coop. « Mais la coopérative reste profondément dans ma vie et dans mon coeur », insiste M. Zimmerman, en entrevue téléphonique avec Le Devoir depuis New York.

     

    Le samedi 19 mars, il donnera une conférence à l’Université Concordia dans le cadre de Transformer Montréal, un événement consacré à l’entrepreneuriat social et solidaire, pour expliquer la réussite de ce supermarché coopératif dont il est devenu membre en 1975, avant d’en prendre les rênes comme coordonnateur général en 1988. « J’ai été attiré au départ à la Park Slope Food Coop par l’opportunité d’appartenir à un lieu où les gens travaillent ensemble tout en étant propriétaires, raconte M. Zimmerman. Ce n’est qu’après un certain temps que la nourriture en elle-même est devenue importante pour moi. »
     

    S’engager pour pouvoir acheter

     

    Depuis la fondation de la coopérative en 1973, le concept reste relativement simple : pour réaliser ses emplettes à la Park Slope Food Coop, le membre s’engage à donner environ 35 heures de travail bénévole par année, dans 13 plages horaires différentes d’un peu moins de trois heures. Les membres prennent ainsi quelques heures par mois pour être caissiers, garnir les tablettes, recevoir les livraisons ou effectuer le ménage après la fermeture du magasin.

     

    Le nombre de membres est en revanche si élevé que certains services ont pu être créés en parallèle, comme une garderie où les membres peuvent déposer gratuitement leurs enfants le temps de faire leurs courses. Seuls les retraités, les gens avec des limitations physiques et les personnes en congé parental sont exempts de cette corvée parmi les membres.

     

    Actuellement, la coopérative, dont le chiffre d’affaires dépasse 52 millions de dollars, compte 16 700 membres, dont 14 500 travaillent de manière bénévole. « La plus grande dépense pour un supermarché, c’est la main-d’oeuvre », soulève M. Zimmerman. Les économies générées se répercutent directement dans une diminution des prix des aliments. La plupart des produits y sont entre 20 % et 40 % moins chers que dans les supermarchés voisins, voire presque à moitié prix dans le cas des aliments biologiques.

     

    « Nos membres possèdent la coopérative et le contrôle. Ils ont décidé d’avoir une sélection d’aliments fondée sur des principes éthiques plutôt que sur le profit. C’est une autre façon dont nous nous distinguons des autres supermarchés », explique M. Zimmerman.

     

    La Park Slope Food Coop a ainsi été à l’avant-garde en matière d’achat local et d’aliments biologiques, « au moins une décennie avant » que cela soit à la mode, affirme M. Zimmerman. « De plus en plus de gens achetaient des aliments biologiques. La coop a compris que c’était la direction que les membres désiraient prendre. Des membres ont voté en ce sens aux assemblées générales. Les membres votaient aussi d’une autre façon en réalisant leurs emplettes et, évidemment, le magasin a commencé à répondre directement à ce qu’ils voulaient. »

    Un concept populaire

     

    Le concept ne cesse de gagner en popularité. En 2000, la Park Slope Food Coop a doublé l’espace de son magasin situé dans la rue Union, entre les 6e et 7e avenues à Brooklyn, passant de 500 à 1000 mètres carrés. Il s’en est suivi un accroissement du nombre de membres. Bien que M. Zimmerman admette que le modèle attire l’attention lors de périodes économiques difficiles, il ne voit pas dans l’augmentation du nombre de membres un symptôme de la crise financière de 2008. Il estime que c’est l’agrandissement du magasin, l’extension des heures d’ouverture et l’amélioration de l’efficacité des opérations, notamment par l’acceptation des cartes de crédit et l’ajout de caisses enregistreuses, qui auraient plutôt stimulé cette popularité dans la dernière décennie. « La capacité de bien manger est un défi financier pendant les bons et les mauvais moments, a-t-il ajouté par courriel après l’entretien téléphonique. Notre capacité de fournir une bonne nourriture à bas prix est pertinente, peu importe la situation économique. »

     

    Plusieurs coopératives s’inspirent désormais de la Park Slope Food Coop à travers le monde. La Louve, dans le 18e arrondissement de Paris, a déjà calqué la formule dans son projet de supermarché coopératif amorcé en 2011. À Montréal-Nord, Panier Futé Coop reprend les grandes lignes de la philosophie de l’établissement implanté à Brooklyn. Pour l’instant, la coopérative constituée en 2014 s’articule autour d’un regroupement d’achats qui effectue la livraison à ses membres, auxquels il demande une implication de trois heures par mois. « [La Park Slope Food Coop] a trente ans d’avance sur nous, mais à Montréal, il manque ce genre d’initiatives, souligne Gaëtan Cirefice, directeur général de Panier Futé Coop. On cherche un local où il y aurait de la vente sur place pour nos membres. Au début, on va parler d’une épicerie. Peut-être que cela deviendra un supermarché dans quelques années. »













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