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    Tous francos, tous sur les réseaux!

    12 mars 2016 | Sophie Suraniti - Collaboratrice | Actualités en société
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    Entre une représentation façon courtepointe de têtes de tous âges, bigarrées, et deux superhéros arborant un gros F sur leur tenue, les répondants ont choisi sans hésiter la mosaïque de faciès pour afficher avec fierté un « Je suis franco » sur leur profil Facebook ou leur fil Twitter. Francos et réseaux sociaux ? Un couple qui marche bien.


    C’est la grande nouveauté de cette 24e édition de la Semaine nationale de la francophonie : aller chercher les nouveaux visages de la francophonie là où ils se trouvent… comme sur les plateformes de partage et d’échange que sont Facebook et Twitter ! Avec un slogan revendicatif, le « Je suis franco » du volet grand public de la campagne n’est pas sans rappeler le « Je suis Paris » apparu sur les réseaux à la suite des attentats de 2015 dans la capitale française. « C’est surtout un slogan vivant. Il n’y a rien de politique derrière ce choix », précise Yves St-Maurice, président de l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF). Même s’il est clair que la formule est aujourd’hui devenue un puissant véhicule identitaire, une manière de clamer haut et fort que l’on est ceci et que l’on pense cela, et donc très inspirante pour des initiatives comme celles de la Semaine nationale de la francophonie qui vise justement à stimuler le sentiment d’appartenance à une communauté linguistique.

     

    Une suite logique au concept de construction identitaire

     

    Au tournant des années 2000, l’ACELF, qui existe depuis 1947, a opéré un important virage en inscrivant au coeur de sa vision et de sa démarche le concept de construction identitaire. Un ensemble de compétences, d’outils et de programmes destinés au réseau éducatif francophone pancanadien ont alors été expressément développés et mis au point. « Aujourd’hui, la construction identitaire est devenue un concept réaliste et plein de vie, partagé dans tout le Canada francophone », se réjouit Yves St-Maurice. Et pour cadrer avec ce nouveau champ d’expertise, tous les comités de projets et de programmation de l’association, ainsi que tous les outils pédagogiques offerts au monde enseignant ont été revus et réévalués.

     

    Une façon de s’inscrire dans la modernité

     

    Ces efforts pour redynamiser, dépoussiérer l’image de l’association, être à la page (aujourd’hui, à la page Facebook !) ne datent donc pas d’hier. Nés il y a une quinzaine d’années, avec l’idée de construction identitaire, ils sont aussi le résultat d’une stabilité en interne, au sein même de la structure associative qui a vu sa direction générale inchangée depuis plusieurs années : Yves St-Maurice est président de l’association depuis 2008, après avoir siégé 16 ans au conseil d’administration ; son prédécesseur est également resté longtemps en poste (huit ans). Cette expertise et cette stabilité ont permis de définir une ligne directrice forte et claire pour l’association dont l’un des rôles est d’offrir une palette d’outils pédagogiques aux écoles de langue française présentes partout au Canada (primaire et secondaire), mais aussi au réseau de la petite enfance. Tous ces outils mis à la disposition du réseau éducatif ne sont pas imposés ; les écoles font ce qu’elles veulent avec.

     

    Un point de contact pour une réalité éparpillée et menacée

     

    « Le plus grand danger qui guette le Québec est de penser que c’est facile d’être francophone : pour circuler, pour travailler, pour parler, etc. Mais il faut être vigilant », constate Yves St-Maurice. Il est vrai que la façon de correspondre sur les réseaux sociaux, les mêmes qui participent aux échanges entre individus et les dynamisent, tend vers une internationalisation linguistique avec l’usage dominant de l’anglais. Pour cet ex-enseignant et ex-directeur général de la commission scolaire des Navigateurs (dont le siège est à Lévis), « la culture francophone mérite qu’on soit plus conscients du fait d’être francophones ; il faut être attentifs ». Au Yukon, au Nouveau-Brunswick, en Ontario… La francophonie, selon l’endroit où l’on se trouve au pays, se vit très différemment. On peut en effet se sentir bien seul lorsqu’on est un francophone qui vit en minorité sur un territoire. C’est pourquoi, tout au long de l’année, l’association active son réseau en proposant des ressources et des programmes comme des stages de perfectionnement dans des écoles de langue française au Canada pour le personnel enseignant et celui du réseau de la petite enfance, ainsi que des échanges scolaires (dès la fin du primaire, début du secondaire) permettant aux jeunes de découvrir le quotidien d’autres francophones de leur âge. Sans oublier l’organisation de la Semaine nationale de la francophonie et le congrès annuel, plus grand rassemblement du milieu francophone de l’éducation au Canada, dont le prochain se déroulera du 22 au 24 septembre à Québec et traitera de technopédagogie, de cyberidentité et de citoyenneté. Une année 2016 très franconumérique.


    « Notre diversité, une richesse à partager » La grande nouveauté de l’édition 2016, ce sont les deux campagnes sur les réseaux sociaux : « Je suis franco » qui invite le public à afficher sa « franco-identité » et «Francoportraits» qui s’adresse quant à elle aux réseaux de la petite enfance. Les enseignants sont invités à prendre une photo de groupe dans laquelle il y a un défi à relever. Pour plus d’informations, visiter le site www.acelf.ca.












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