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    Entrevue

    30 ans de Loi sur les services en français

    12 mars 2016 | Jean-Benoît Nadeau - Collaborateur | Actualités en société
    Dans un geste historique, la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, a présenté des excuses aux Franco-Ontariens, le 22 février dernier, pour un règlement de 1912 qui interdisait l’enseignement en français dans les écoles primaires.
    Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Dans un geste historique, la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, a présenté des excuses aux Franco-Ontariens, le 22 février dernier, pour un règlement de 1912 qui interdisait l’enseignement en français dans les écoles primaires.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    François Boileau est commissaire aux services en français de l’Ontario depuis 2007. Cet avocat, qui s’est illustré dans le sauvetage de l’hôpital Montfort à la fin des années 1990, est maintenant le gardien de la Loi sur les services en français, qui célébrera ses 30 ans le 18 novembre 2016.


    La Loi sur les services en français fonctionne ?

     

    Oui, mais il faut réhabituer les francophones au fait qu’ils ont droit à des services dans leur langue. Ce qui me tient à coeur, personnellement, c’est d’amener une offre active de services en français. Le gouvernement ne peut pas rester à la remorque de la demande.

     

    Il faut que le gouvernement offre. Et n’offre pas n’importe quoi, n’importe comment, mais le bon service. Quand une victime de violence conjugale débarque dans la nuit avec ses enfants, il ne s’agit pas seulement de lui répondre en français : il faut une maison francophone. C’est comme ça en éducation, en santé, en intégration des immigrants.

     

    Il y a encore du travail à faire en matière de tierces parties qui agissent au nom du gouvernement, quand un Canadian Tire vend les permis de chasse, par exemple. Comme il agit pour le compte du gouvernement, il est tenu de rendre le service disponible en français. On y travaille.

     

    Êtes-vous inquiet quant à la fragilité de vos gains ?

     

    Notre régime de protection est quasi constitutionnel. La Loi sur les services en français a la primauté sur les autres lois. Elle peut être améliorée : c’est ainsi que l’on a créé mon poste en 2007 ; en 2013, le commissaire est devenu un officier indépendant de la législature.

     

    Les mentalités ont beaucoup évolué. Il y a 30 ans, l’idée d’offrir sans frais des plaques d’immatriculation ontariennes en français aurait créé tout un brouhaha. J’ai même pu ajouter le drapeau franco-ontarien pour un supplément. Ça ne suscite aucun tollé, c’est presque banal.

     

    Nous sommes dans une situation intéressante. Même Patrick Brown, le chef de l’opposition, se targue de parler français. C’est un changement de culture génial.

     

    Vous êtes un officier de la législature, mais on sent le militant en vous…

     

    Mon travail consiste à traiter des plaintes, mais aussi à enquêter sur les problèmes de nature systémique. Parfois, il faut hausser le ton. En 2009, par exemple, tous les foyers ontariens ont reçu un dépliant sur le virus H1N1 en anglais seulement. J’ai fait une sortie pour demander si les francophones avaient l’immunité sans qu’on le sache. Depuis, le gouvernement a produit une directive obligatoire en matière de communication en français et on n’a plus déploré pareille bévue.

     

    Je mène aussi une enquête sur la fermeture de l’hôpital de Penetanguishene, qui donnait des services en français. La procédure prévue par la loi n’a pas été suivie. Ça ressemble à Monfort. Il faut rester vigilants.













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