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    Patrimoine

    La bibliothèque Saint-Sulpice revivra pour les jeunes

    Les ministres Carlos Leitão et Hélène David, le maire de Montréal, Denis Coderre, et les membres du comité exécutif Manon Gauthier et Richard Bergeron étaient à la bibliothèque Saint-Sulpice dimanche matin.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les ministres Carlos Leitão et Hélène David, le maire de Montréal, Denis Coderre, et les membres du comité exécutif Manon Gauthier et Richard Bergeron étaient à la bibliothèque Saint-Sulpice dimanche matin.

    Mise en vente discrètement en 2015 par le gouvernement du Québec, qui a vite suspendu le processus devant le vent d’indignation, l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice est sauvée : au cours des prochains mois, ce trésor patrimonial de la rue Saint-Denis sera rénové pour accueillir une bibliothèque pour adolescents et un laboratoire de création technologique.

     

    Le ministère de la Culture et la Ville de Montréal ont convenu de consacrer 17 millions aux travaux et à l’achat d’équipements pour donner une nouvelle vocation à l’édifice, vidé de sa collection au milieu des années 2000 lors de l’ouverture de la Grande Bibliothèque.

     

    Pendant l’annonce de dimanche matin, le maire Denis Coderre a dit que le projet est « structurant » pour la rue Saint-Denis et qu’il s’attend à ce que les travaux soient terminés pour 2017, juste à temps pour le 375e anniversaire de Montréal. L’annonce du projet, développé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), suit les travaux d’un comité coprésidé par Claude Corbo et l’ex-ministre Michelle Courchesne. Leur rapport sera publié ce lundi.

     

    Appel du maire

     

    Invitée à expliquer ce qui s’est passé au juste entre la mise en vente en mai 2015 et l’annonce d’une nouvelle vocation huit mois plus tard, la ministre de la Culture, Hélène David, a fait référence à l’appel téléphonique qu’elle a reçu de la part de M. Coderre. « Il y avait eu d’énormes efforts en 2008, appel d’offres, etc., et ça n’avait pas porté fruit. C’était avant l’appel d’un maire à 7 h 30 du matin qui dit “On va s’asseoir et on va faire quelque chose”. »

     

    De façon spécifique, le premier volet du projet prévoit une bibliothèque pour adolescents de même que des équipements numériques alors que le deuxième sera un espace de création communautaire « de type start-up », ouvert à tous, notamment des « entrepreneurs, artistes, étudiants, ou simples curieux ».

     

    La facture de 17 millions sera partagée également entre le gouvernement du Québec et la Ville. Cette somme découle de l’entente de développement culturel qui lie les deux ordres de gouvernement et qui représente une enveloppe totale de 59 millions. Par la suite, le budget de fonctionnement annuel sera de 1,7 million. Le nouvel espace pour jeunes et le laboratoire d’innovation seront gérés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

     

    Besoin d’une bonne nouvelle

     

    « On avait vraiment besoin d’une bonne nouvelle en patrimoine parce qu’avec ce qui se passe, c’est difficile », a dit Dinu Bumbaru, directeur des politiques au sein de l’organisme Héritage Montréal. « Il y a dix ans, on a identifié le bâtiment comme un site menacé, parce qu’il était devenu “orphelin” à cause de l’ouverture de la Grande Bibliothèque. »

     

    Selon M. Bumbaru, il y a « des leçons à tirer », car « c’est toujours une crise à la fois ». « Y aurait-il moyen d’être en mode un peu plus prospectif ? L’intelligence d’une ville, d’une société, c’est aussi d’anticiper l’avenir avec confiance sans laisser le hasard déterminer notre volonté. La question des propriétés publiques et parapubliques, qu’elles soient gouvernementales ou municipales, devrait faire l’objet d’une stratégie avec une instance qui soit en mesure d’en disposer. »

     

    L’édifice de style Beaux-Arts a été construit de 1912 à 1914 après la tenue d’un grand concours architectural. Le projet retenu a finalement été celui d’Eugène Payette, également créateur de l’ancienne bibliothèque centrale de Montréal (portant aujourd’hui le nom d’Édifice Gaston-Miron).

     

    « Il y a quelques mois à peine, la ministre David mettait en vente en catimini, dans les petites annonces, ce joyau de notre patrimoine. Que serait-il advenu si cela n’avait pas été découvert ? », a demandé la porte-parole du Parti québécois en matière de culture, Véronique Hivon, dans un courriel transmis au Devoir.

     

    « L’indignation généralisée et la forte mobilisation ont heureusement porté leurs fruits, comme ce fut le cas auparavant pour sauver les conservatoires en région, dont la ministre n’envisageait rien de moins que la fermeture, ou encore pour la Cinémathèque, a ajouté Mme Hivon. Nos inquiétudes demeurent entières face à une ministre qui, plus d’une fois, était prête à laisser tomber des pans importants de notre paysage culturel et qui ne semble être qu’en mode réaction, quand la pression devient trop forte. »

    Les ministres Carlos Leitão et Hélène David, le maire de Montréal, Denis Coderre, et les membres du comité exécutif Manon Gauthier et Richard Bergeron étaient à la bibliothèque Saint-Sulpice dimanche matin. L’édifice de style Beaux-Arts a été construit de 1912 à 1914 après la tenue d’un grand concours architectural.












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