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Grippe aviaire - L'épidémie prendrait sa source en Chine

Reuters   29 janvier 2004  Actualités en société
Paris — L'épidémie de grippe du poulet qui se propage rapidement en Asie a «probablement» commencé l'an dernier en Chine méridionale, selon l'hebdomadaire britannique New Scientist, à paraître samedi.

En fait, elle a débuté dès le «premier semestre 2003, probablement en Chine», écrit ce journal en s'appuyant sur des experts dont les noms ne sont pas divulgués.

Une combinaison de dissimulations de la part des officiels et de pratiques discutables des éleveurs auraient permis cette épidémie, avance le journal.

Les souches virales qui sévissent en Corée et au Vietnam sont très similaires. Les prélèvements provenant d'autres pays touchés sont en cours d'analyse, mais toutes les flambées épidémiques actuelles semblent avoir débuté avec la distribution à grande échelle d'«une» souche, selon le journal.

Le journal rapporte ainsi des propos de Klaus Stöhr, responsable de la grippe à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Nous savons que des échantillons prélevés au début de l'année dernière se sont trouvés contenir exactement la même souche», dit-il sans divulguer leur origine. «Mais les commentaires d'autres experts suggèrent qu'il s'agit de la Chine», ajoute New Scientist.

Selon le journal, la vaccination massive des batteries de poulets est soupçonnée d'avoir favorisé la dissémination massive du virus H5N1 qui sévit actuellement.

Après l'abattage de tous les poulets de Hong Kong, destiné à stopper un épisode de grippe aviaire H5N1 (18 cas humains, six morts) en 1987, les producteurs chinois ont commencé à vacciner leurs volailles avec un vaccin à base de virus H5N1 inactivé, note-t-il.

«Ce pourrait avoir été une erreur», selon New Scientist. Si le vaccin ne correspond pas bien au virus — comme c'est le cas actuellement avec la souche qui se répand en Asie —, le virus peut continuer à se multiplier alors que la plupart des animaux ne montrent aucun signe de la maladie.

Entretiens sur la recherche d'un vaccin

Dans ces circonstances, la vaccination massive en Chine méridionale pourrait avoir permis au virus de se répandre largement en passant inaperçu, selon la revue.

Pour combattre la grippe aviaire, la vaccination des animaux ne peut en aucun cas remplacer l'abattage massif des élevages contaminés et de ceux qui en sont proches, selon les spécialistes. Ce dont la Chine a pris acte hier.

Au total, la grippe du poulet, qui touche dix pays, avait tué hier dix personnes de manière certaine, huit au Vietnam et deux en Thaïlande. Elle a entraîné la destruction de quelque 20 millions de poulets.

L'OMS a eu hier des entretiens avec plusieurs laboratoires au sujet du développement d'un vaccin contre la grippe aviaire qui a déjà fait huit morts chez les humains en Asie.

Même si le virus ne semble pas se transmettre entre humains, il vaut mieux être paré pour le pire, ont indiqué les responsables de l'agence onusienne.

«Nous observons une situation d'éventuelle pandémie et nous essayons de prendre des mesures de précaution au cas où surviendrait une transmission d'humain à humain», a déclaré Klaus Stöhr, responsable du programme mondial de l'OMS contre la grippe.

Un vaccin prototype pourrait être prêt d'ici deux mois. Il faudra ensuite tester sa sécurité sur des furets avant de passer aux essais cliniques.

Selon M. Stöhr, 11 sociétés internationales se sont dites prêtes, lors de la téléconférence menée du siège de l'OMS à Genève, à participer aux tests cliniques.
 
 
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