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    L’Australie songe à renoncer au casque de vélo obligatoire

    Le casque obligatoire a nui considérablement au système de partage de vélos calqué sur le Bixi, selon Dorothy Robinson.
    Photo: Alpha / CC Le casque obligatoire a nui considérablement au système de partage de vélos calqué sur le Bixi, selon Dorothy Robinson.

    Plus de deux décennies après avoir rendu le casque de vélo obligatoire, l’Australie songe à annuler cette loi qui a fait chuter considérablement les déplacements sur deux roues.

     

    Dans ce pays au climat parfait, un demi-million de personnes ont cessé de se rendre au travail ou à l’école à vélo dans les mois ayant suivi l’entrée en vigueur du casque obligatoire, au début des années 90. Plus préoccupant encore, le taux de blessures par cycliste a augmenté plutôt que de diminuer, selon des témoignages livrés la semaine dernière devant un comité parlementaire australien.

     

    L’expérience australienne valide une fois de plus la théorie voulant que la présence d’un grand nombre de cyclistes diminue le risque d’accident, ont indiqué les experts devant le Parlement. À l’inverse, la diminution du nombre de cyclistes augmente le risque de blessure.

     

    Ces témoignages vont dans le même sens qu’une étude récente de l’Université de Colombie-Britannique qui conclut à l’inefficacité des lois forçant le port du casque à vélo au Canada. En entrevue au Devoir, la professeure Kay Teschke a recommandé au gouvernement Couillard de résister à la tentation d’imposer le port du casque, comme l’envisage le ministre des Transports, Robert Poëti.

     

    Échec retentissant

     

    Le port du casque obligatoire s’est révélé un « échec retentissant », a témoigné la professeure Dorothy Robinson, statisticienne à l’Université de New England, en Australie.

     

    Elle et d’autres experts ont exposé des chiffres révélateurs, devant le comité parlementaire australien : l’usage du vélo par les écoliers a chuté de 47 % après la loi sur le port du casque. Chez les étudiantes de niveau collégial, c’est encore pire : 90 % de celles qui se rendaient à l’école à vélo ont renoncé à cause du casque obligatoire. Moins de vélos dans les rues, ça veut dire davantage de voitures, plus de pollution et des citoyens en moins bonne santé.

     

    Le casque obligatoire a nui considérablement au système de partage de vélos calqué sur le Bixi, selon Dorothy Robinson. « Contrairement à ce qui s’est passé à Paris, à Londres, à New York ou à Barcelone, le système de partage de vélos à Melbourne et à Brisbane a été un échec sans équivoque à cause des lois sur le casque. C’est une honte. Un système de partage de vélos rend les villes plus attrayantes, améliore la qualité de vie et rend le cyclisme plus sûr », a déclaré la statisticienne.

     

    Des experts ont expliqué que les adeptes du vélo urbain, surtout les femmes, roulent généralement lentement et de façon prudente. Ils recommandent toutefois le port du casque pour le cyclisme « sportif », comme le vélo de montagne ou le vélo de route.

     

    Comme ailleurs dans le monde, y compris au Québec, cette question déchire les « pro » et les « anti » casque en Australie : une demi-douzaine de médecins sont venus témoigner des bienfaits du casque pour protéger la tête.

     

    Autre conséquence imprévue du casque obligatoire, la répression policière a augmenté dans plusieurs villes, ont indiqué des témoins devant le comité parlementaire. « Les marginaux, et surtout les jeunes autochtones, ont été ciblés par la police », a dit Jai Cooper, un travailleur de rue.

     

    Plusieurs jeunes — et moins jeunes — ont abouti en prison pour des dizaines d’amendes impayées. Katherine Francis, une militante qui roule à vélo sans casque depuis 40 ans, a même raconté avoir été emprisonnée et fouillée à nu pour une simple amende impayée.

     

    « Nous avons été surpris de constater le zèle avec lequel la police applique la loi sur le port du casque. On était convaincus que les policiers auraient mieux à faire, mais ça semble facile pour eux de voir les cyclistes sans casque et de leur donner une amende », a-t-elle témoigné.













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