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    Manifeste

    Des femmes exigent l’égalité entre les sexes

    Un premier Sommet des femmes, auquel sont invités les chefs des partis, aura lieu en mars

    Martine Desjardins, leader étudiante universitaire lors de la grève de 2012, a pris la parole aux côtés de Léa Cousineau, première femme à présider le comité exécutif de la Ville de Montréal, et Lise Payette.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martine Desjardins, leader étudiante universitaire lors de la grève de 2012, a pris la parole aux côtés de Léa Cousineau, première femme à présider le comité exécutif de la Ville de Montréal, et Lise Payette.

    Elles sont 75, mais espèrent gagner l’adhésion de milliers d’autres pour convaincre le premier ministre et les chefs des partis de s’engager à faire avancer l’égalité entre les sexes. « Pour passer de la colère au pouvoir », le collectif apolitique derrière le Manifeste pour le droit des femmes lancé vendredi à Montréal annonce la tenue d’un premier Sommet des femmes en mars 2016, 75 ans après l’obtention du droit de vote au Québec.

     

    C’est en présence de 50 personnalités féminines de tous horizons que le nouveau collectif féministe a lancé ce manifeste décriant l’inégalité ambiante et réclamant des gestes concrets des décideurs publics.

     

    Les ambassadrices de ce mouvement, l’ex-ministre et chroniqueuse au Devoir Lise Payette, l’ex-présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins et Léa Cousineau, ex-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, ont rappelé avec force qu’un fossé sépare toujours la réalité de l’égalité promue et protégée par de nombreuses lois.

     

    « Qu’est-ce qui s’est passé depuis 75 ans, depuis que nous avons obtenu le droit de vote ? Nous avons marqué quelques points, nous en avons aussi perdu, qui font très mal. Les femmes reculent, c’est un danger pour notre société. Elles devraient faire partie de la solution, être candidates en politique et être protégées pour arriver à obtenir ces postes-là », a martelé Lise Payette, lasse de voir la persistance du sexisme et « les acquis [des femmes] grugés par des politiques comptables ».

     

    Le collectif a lancé un vibrant appel au premier ministre, Philippe Couillard, et aux chefs de parti en poste à Québec pour qu’ils répondent à leurs demandes par des actions concrètes lors du Sommet des femmes, qui réunira des centaines, voire des milliers d’hommes et de femmes, le 4 mars 2016.

     

    « Nous ne demandons pas, nous ne nous mettons pas à genoux […]. Nous exigeons les changements […] nécessaires pour l’évolution de notre société », a dit Lise Payette.

     

    Parmi ces exigences figurent une loi électorale revue faisant de la parité hommes-femmes dans les candidatures politiques une obligation, sous peine d’amendes, comme cela existe déjà en Europe, notamment en France. Une position défendue par le Conseil du statut de la femme, qui propose de lier le financement des partis à l’atteinte de la parité. Le document réclame la parité dans les conseils municipaux, et tous les conseils d’administration et comités des organismes publics et parapublics.

     

    « La parité devrait toucher tous les organismes publics. Je ne me prononcerai pas sur le cas d’entreprises privées qui touchent du financement public, comme Bombardier », a dit Mme Desjardins.

     

    Le groupe revendique aussi des lois sur la conciliation travail-famille, l’application à la lettre de la loi sur l’équité salariale et la fin des écarts salariaux entre hommes et femmes. Même si le cabinet Trudeau affiche la parité, il a confié aux femmes des ministères moins influents, déplore Mme Payette. « Les femmes ministres sont souvent envoyées au front, mais sans artillerie. »

     

    Enfin, le manifeste presse Québec de créer sans délai une commission d’enquête sur les abus commis envers les femmes autochtones du Québec, sans attendre la décision du gouvernement canadien.













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