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    Centres d’injection supervisée

    Les partisans optimistes pour l’implantation montréalaise

    16 novembre 2015 |Giuseppe Valiante - La Presse canadienne | Actualités en société

    Des travailleurs de la santé québécois et des politiciens s’attendent à ce que le nouveau gouvernement libéral à Ottawa approuve l’implantation de centres d’injection supervisée à Montréal, qui serait la deuxième ville au pays à héberger ces emplacements controversés.

     

    Certains autres s’inquiètent cependant des effets d’une loi stricte adoptée par l’ancien gouvernement conservateur qui force les exploitants de lieux à naviguer dans des dédales législatifs qui visaient à dissuader les intervenants d’offrir de tels services, selon eux.

     

    Le président du centre de santé montréalais qui serait le premier à instaurer un site d’injection supervisée légal dans la métropole n’a « aucun doute » que la nouvelle ministre de la Santé, Jane Philpott, donnera son aval au projet après des mois de « paralysie » avec les conservateurs.

     

    Louis Letellier de St. Just croit que le plan pour implanter des sites à trois endroits stables, en plus d’un centre mobile, sera sans doute approuvé rapidement, et il pourrait même être en marche dès l’automne prochain.

     

    Ce changement de ton réjouit M. Letellier de St. Just, dont le centre communautaire Cactus Montréal travaille avec les toxicomanes et les travailleurs du sexe depuis des dizaines d’années.

     

    Un porte-parole de la Ville de Montréal a indiqué que le maire Denis Coderre s’attendait également à une réponse positive du gouvernement de Justin Trudeau sur ce dossier.

     

    Santé Canada a refusé de commenter la demande d’autorisation de Montréal, mais la plateforme électorale des libéraux énonçait clairement qu’ils soutenaient l’implantation de tels centres puisqu’ils « diminuent le risque de décès et de maladies pour ceux qui vivent avec la dépendance et des maladies mentales, réduisent les crimes et protègent la santé publique et la sécurité ».

     

    Actuellement, Vancouver est la seule ville au Canada où les utilisateurs de drogues injectables peuvent s’injecter des substances illégales sous la supervision d’infirmières et d’autres professionnels de la santé.

     

    Les défenseurs de ces centres affirment qu’ils offrent un environnement sécuritaire et sanitaire pour les toxicomanes, qui peuvent en même temps être redirigés vers des programmes de traitements.

     

    Ceux qui s’y opposent soutiennent que les sites encouragent la consommation de drogues et attirent les toxicomanes. Ils estiment que le gouvernement ne devrait pas subventionner des endroits où l’on consomme des substances illégales.

     

    Horizon débloqué

     

    Le gouvernement conservateur souscrivait à cette vision et il avait tenté par tous les moyens de fermer le site de Vancouver, Insite, qui a finalement été maintenu après un jugement de la Cour suprême en 2011. Le plus haut tribunal du pays a statué que le gouvernement ne pouvait pas refuser d’offrir des services de santé à des toxicomanes du quartier Downtown Eastside.

     

    En réaction au jugement, les conservateurs avaient adopté une loi en juin qui rend « pratiquement impossible » l’ouverture de nouveaux sites, selon Anna Marie D’Angelo, du site Insite.

     

    Les villes qui veulent ouvrir de tels centres ont besoin de l’approbation du gouvernement fédéral puisqu’ils nécessitent une dérogation à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

     

    La loi des conservateurs — connue sous le nom C-2 — oblige les prochains exploitants de sites à fournir au gouvernement une pléthore de statistiques sur le quartier où le centre ouvrirait. Ils devraient aussi remettre une vérification des antécédents criminels des futurs employés et un compte-rendu sur l’opposition potentielle au projet dans le quartier.













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