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Crise à Kanesatake - Duceppe critique sévèrement Paul Martin

La situation revient au calme sur le terrain

Le Devoir   19 janvier 2004  Actualités en société
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a critiqué hier le premier ministre Paul Martin d'avoir attendu la fin de la crise autochtone pour appuyer le grand chef James Gabriel.

Gilles Duceppe en a profité hier pour rappeler sur les ondes du réseau NTE que le Bloc québécois avait devancé le premier ministre, offrant son soutien au chef autochtone avant lui.

Samedi, le premier ministre Paul Martin avait en effet reconnu le grand chef du conseil de bande James Gabriel comme l'autorité morale et légale sur le territoire mohawk de Kanesatake. De passage à Regina, en Saskatchewan, M. Martin avait donné son appui à James Gabriel, précisant au passage la nécessité d'agir avec prudence et patience dans ce dossier.

Le chef du gouvernement fédéral a ajouté à cette occasion que son gouvernement prêtait main-forte à Québec et au conseil de bande pour atténuer le litige qui a secoué cette communauté autochtone la semaine dernière.

Mais le député de Laurier-Sainte-Marie, Gilles Duceppe, soutient qu'en sa qualité de fiduciaire des Premières Nations, le gouvernement fédéral aurait dû intervenir, de concert avec Québec et le dirigeant élu du territoire mohawk, le grand chef Gabriel.

Du coup, M. Duceppe a reconnu que le ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, avait évité la semaine dernière un bain de sang. Mais il insiste pour dire que le gouvernement de Jean Charest aurait dû collaborer avec M. Gabriel et ne pas permettre que le chef de police destitué, Tracy Cross, revienne en poste.

Le chef du Bloc s'est montré élogieux envers James Gabriel, le qualifiant de «déterminé» et de «posé». Il a également souligné que M. Gabriel avait à coeur l'intérêt de sa communauté et ne cherchait qu'à rétablir la justice et la paix, ce pour quoi il trouve regrettable que les deux ordres de gouvernement aient abandonné M. Gabriel dans ces moments difficiles.

Retour au calme

Pendant ce temps, à Kanesatake, la situation revenait au calme: la cinquantaine de peacekeepers issus de plusieurs réserves du Québec, qui avaient été envoyés pour remplacer les policiers autochtones locaux, sont retournés au bercail hier en cours de journée.

C'est le chef de police Terry Isaac qui aurait ordonné ce départ, celui-là même qui devait à l'origine remplacer le chef de police Terry Cross, que M. Gabriel jugeait incapable de contrôler le crime organisé sur le territoire de Kanesatake.

«Nous avons longuement discuté entre nous et nous avons conclu que notre rôle s'arrêtait là», a affirmé samedi le chef Isaac, tel que le rapportait La Presse hier. «Nous estimons que, dans l'état actuel des choses, la question est devenue strictement politique, alors nous préférons laisser les politiciens démêler les cartes. Ils n'auront pas besoin de nous pour ça.»

Une opération policière a échoué en début de semaine dernière après qu'un groupe de dissidents amérindiens, prévenus à l'avance de la tenue de cette action-surprise, eut séquestré les policiers au poste de police de Kanesatake. Terry Isaac a d'ailleurs refusé d'indiquer si la tenue d'une opération similaire dans un proche avenir était plausible.

L'origine de la fuite d'information, qui a mené aux événements troubles et notamment à la destruction par un incendie de la propriété de James Gabriel, serait attribuable à une personne de la réserve de Restigouche, a confirmé Terry Isaac. Une enquête et des poursuites judiciaires pourraient suivre.
 
 
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