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    Cotravail avec enfants

    Remodeler le bureau selon les besoins des jeunes parents

    Gabriela de Andrade est l’instigatrice du projet montréalais appelé «Boom» et la mère de deux bambins âgés de quatre ans et un an.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Gabriela de Andrade est l’instigatrice du projet montréalais appelé «Boom» et la mère de deux bambins âgés de quatre ans et un an.

    À la recherche d’un modèle qui leur permette d’être productifs tout en fortifiant leurs liens familiaux, de jeunes parents entrepreneurs, pigistes et travailleurs autonomes vont à contre-courant d’une société qui mise sur les garderies privées et les centres de la petite enfance (CPE). Leur solution : des espaces de cotravail avec service de garde sur mesure. À Montréal, un premier projet de la sorte prend forme.

     

    La popularité des bureaux qui réunissent différents entrepreneurs, pigistes et travailleurs autonomes a inspiré des parents tout autour du globe, qui ont décidé de pousser le concept pour l’adapter à leur vie de famille. Aux États-Unis et en France, l’idée du « coworking avec enfants » commence à se répandre. Babies4Babies à Chicago, HackerMoms à Berkeley, CoworkCrèche à Paris… Peu de projets existent toutefois au Canada.

     

    « On souhaite changer la routine des jeunes parents pour qu’ils puissent être plus disponibles pour leurs enfants », tout en menant leur carrière, explique Gabriela de Andrade, instigatrice du projet montréalais — appelé « Boom » — et mère de deux bambins âgés de quatre ans et un an.

     

    « Le système de garderie, c’est un rythme fou. Quand je travaillais à temps plein comme productrice télé, ma fille restait à la garderie de 8 h 30 à 5 h 30. Le rythme de sa journée était le même que le mien, alors qu’elle n’avait qu’un an et demi », raconte celle qui a quitté son emploi pour se lancer en entrepreneuriat.

     

    Durant la journée, elle s’occupe désormais des enfants. Elle passe du temps en famille le soir, puis commence à travailler une fois les enfants couchés. La mère de 35 ans a l’habitude de travailler une bonne partie de la nuit.

     

    C’est la réalité de bien des parents entrepreneurs. Christiane Plamondon, mère entrepreneure installée à Rivière-du-Loup, trouve difficile d’atteindre un équilibre entre la carrière et la famille. « Je m’occupe des commissions le jour, pendant que mes enfants sont à la garderie, et je travaille le soir et la fin de semaine, lorsque mon conjoint est à la maison. Je me sens constamment partagée entre le travail et les enfants. J’aimerais pouvoir être auprès de mes enfants à 100 % le soir. »

     

    Dans un congrès tenu au Brésil, Mme de Andrade a entendu parler du cotravail avec service de garde. Un modèle qui permettait d’éviter aux parents de se relayer pour s’occuper des enfants, ce qui augmente le temps passé en famille et en couple.

     

    Un total de 51 personnes se sont montrées intéressées par le projet Boom, en majorité de jeunes parents d’enfants âgés de moins de cinq ans. Quelque 30 % de ces travailleurs œuvrent dans le domaine de la culture ou de la communication, 13 % sont des pères et 87 % des mères.

     

    Un projet en développement

     

    Mme de Andrade souhaite que l’espace de travail devienne un lieu de partage de savoirs où seront donnés toutes sortes d’ateliers pour les enfants et les parents. « J’ai trouvé une maison qui ferait l’affaire dans le Mile-End, précise-t-elle. Les parents travailleraient au deuxième étage pendant que les enfants se feraient garder au rez-de-chaussée. »

     

    Christiane Plamondon croit que cette séparation est essentielle. « Les parents ont besoin de concentration. Je ne peux pas régler des contrats tout en ayant trois enfants qui tirent mon linge ! », blague-t-elle.

     

    Les parents seraient responsables des repas de leurs enfants et ne pourraient amener leur enfant à ce service de garde sans aller y travailler.

     

    Mme de Andrade cherche la gardienne idéale et déterminera prochainement le prix d’un tel service. Parmi les modèles observés dans d’autres pays, certains offrent un service de garde à la journée, d’autres à l’heure, avec des tarifs variés, tels 53 $ pour trois heures ou 283 $ pour cinq jours.

     

    Mme de Andrade tente d’expliquer son nouveau modèle aux propriétaires et compagnies d’assurance qu’elle contacte. « Deux assureurs ont refusé de couvrir le projet parce qu’il ne correspond à aucun de leurs formats, étant à la fois un service de garde et un bureau. Il y a beaucoup de sensibilisation à faire. »

     

    Le pari est grand : beaucoup d’espaces de cotravail avec enfants ont fermé leurs portes après moins d’un an d’activité. Dans une entrevue à Mashable, Diana Rothschild, fondatrice de NextKids à San Francisco, conseille d’avoir une vision claire du projet et de trouver les bons partenaires.

     

    Solution pour le temps partiel

     

    Boom est aussi une solution au manque de « flexibilité » du système de services de garde éducatifs de la province, avance Rowena Agouri, mère et travailleuse autonome « C’est difficile de trouver une place à Montréal, particulièrement à temps partiel. La plupart du temps, il faut payer pour une place à temps plein. »

     

    Parmi les parents qui ont rempli le sondage de Mme de Andrade, 90 % aimeraient utiliser l’espace de travail à temps partiel.

     

    L’hiver dernier, la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechênes, a d’ailleurs dénoncé la « rigidité excessive du système » de services de garde éducatifs à l’enfance et le « manque de places ». D’autres associations tiennent un discours similaire.

     

    La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a signifié cet hiver son ouverture à l’adaptation du système aux parents, sans toutefois prendre un engagement.













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