Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Ordres professionnels

    La relève se porte bien

    17 juin 2015 | Pierre Vallée - Collaborateur | Actualités en société
    La proportion des femmes dans les ordres professionnels est passée de 56 % à 61 % en dix ans.
    Photo: Monkey Business Images Ltd Thinkstock La proportion des femmes dans les ordres professionnels est passée de 56 % à 61 % en dix ans.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    On compte au Québec 45 ordres professionnels qui encadrent les 53 professions réglementées regroupant 371 000 membres. Comme plusieurs de ces professionnels seront appelés à prendre leur retraite, il est légitime de se demander si la relève est au rendez-vous. Et diffère-t-elle des générations précédentes ?


    La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de pénurie de professionnels au Québec. « Depuis 10 ans, nos effectifs professionnels sont en croissance régulière. On compte aujourd’hui 25 % de professionnels de plus dans nos rangs, affirme Diane Legault, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ). Dans certaines professions, la croissance est même plus marquée. Par exemple, chez les travailleurs sociaux et les thérapeutes conjugaux, les effectifs ont doublé. Cette croissance des effectifs est la preuve que la relève est au rendez-vous. De plus, selon Emploi-Québec, la perspective d’emploi est favorable, ce qui incite les jeunes à poursuivre leurs études pour devenir des professionnels. »

     

    La féminisation des professions

     

    Une des conséquences de l’arrivée sur le marché de travail de cette relève professionnelle est que les professions se féminisent. « En 2005, 56 % de nos effectifs professionnels étaient des femmes, aujourd’hui, en 2015, la proportion est de 61 %. Il y a certaines professions qui sont fortement féminisées, on pense évidemment aux infirmières, mais on doit aussi inclure les diététistes, les orthophonistes et les hygiénistes dentaires. D’ailleurs, en médecine dentaire, les deux tiers des étudiants aujourd’hui sont des étudiantes, une profession jadis plutôt masculine. »

     

    Par contre, certaines professions ne semblent pas attirer les femmes. « Qu’on pense aux arpenteurs-géomètres, aux ingénieurs, aux huissiers de justice, des professions où les femmes peinent à former même 20 % des effectifs. »

     

    L’arrivée des technologies de l’information

     

    Les technologies de l’information sont maintenant bien implantées dans le milieu professionnel. D’une part, les outils informatiques sont disponibles et, d’autre part, la relève arrive déjà bien au fait des technologies de l’information tout comme des médias sociaux. La pratique des professions s’en voit changée. « Par exemple, aujourd’hui, les radiographies que prennent les dentistes dans leur cabinet sont toutes numérisées. Un dentiste vivant en région peut facilement faire parvenir une radiographie par Internet à un spécialiste, peu importe où ce dernier se trouve, afin d’obtenir une opinion sur un cas particulier. Un psychologue peut même tenir une consultation via Skype. Un conseiller en orientation peut faire passer des tests à partir d’un site Internet. Un cabinet de comptables peut être totalement dématérialisé, n’ayant aucun bureau physique, chacun des membres du cabinet travaillant à partir de sa résidence. Le télétravail est maintenant une réelle possibilité pour bon nombre de professionnels. »

     

    Une possibilité qui offre de nombreux avantages mais qui soulève aussi des questions. « La première question que ça soulève est celle de la confidentialité et de la sécurité des données ainsi recueillies et partagées. Comment s’en assurer ? La seconde question est celle de la protection du public. Comment un ordre professionnel peut-il surveiller ce type de pratique professionnelle ? Comment enquêter s’il y a une plainte ? Nous sommes présentement appelés à réfléchir à toutes ces questions, car il faut que ces nouvelles façons de pratiquer soient convenablement encadrées. »

     

    Quelques préoccupations

     

    Même si la relève se porte bien, le Conseil interprofessionnel du Québec a tout de même certaines préoccupations à son égard. La première concerne les stages en milieu de travail. Rappelons que plusieurs ordres professionnels exigent de leurs futurs membres qu’ils fassent, une fois la formation universitaire terminée, un stage en milieu de travail, avant de leur délivrer un permis de pratique. « Il y a quelques années, ça allait de soi, mais aujourd’hui il devient de plus en plus difficile pour un jeune d’obtenir un stage en milieu de travail. Il finit par le trouver, mais ça lui prend beaucoup plus de temps. Et cela, évidemment, retarde son entrée sur le marché du travail. » À quoi est dû ce retard ? Selon Diane Legault, les réductions de budget dans les organismes publics et parapublics, où bon nombre de futurs professionnels font leur stage, n’ont certes pas aidé. « Et les employeurs du secteur privé ne sont pas encore assez sensibilisés à cette question. »

     

    Une seconde préoccupation du CIQ concerne la relève professionnelle immigrante. « Depuis quelques années, les ordres professionnels ont fait un énorme progrès dans la reconnaissance des compétences et des acquis. Par exemple, l’an dernier, les ordres professionnels ont reçu 5000 demandes de reconnaissance des compétences et 96 % d’entre elles ont été accordées. C’est plutôt du côté de la formation d’appoint qu’il reste du travail à faire. La moitié des ordres professionnels exigent qu’une personne ayant été diplômée à l’étranger suive une formation d’appoint afin de se familiariser avec le cadre législatif et de pratique propre à l’exercice d’une profession au Québec. Nous devons travailler davantage avec nos partenaires collégiaux et universitaires afin de nous assurer que cette formation d’appoint est disponible. »

     

    La troisième préoccupation porte sur la participation des jeunes dans les instances des ordres, soit le conseil d’administration et les divers comités. « Présentement, environ deux tiers des ordres ont un jeune de moins de 35 ans siégeant à son conseil d’administration, et la moitié en comptent au moins deux. Par contre, seulement 20 % des ordres ont un comité jeunesse. C’est nettement insuffisant. D’ailleurs, le gouvernement vient de modifier la loi sur le Barreau et la Chambre des notaires afin que ces deux ordres soient obligés de coopter un jeune au sein de leur conseil si aucun n’est élu. » Une solution qui pourrait s’étendre aux autres ordres professionnels. « L’Office des professions doit, cet automne, se pencher sur une révision du Code des professions. C’est une excellente occasion pour tous les intervenants du milieu professionnel de trouver des solutions à nos préoccupations. »

    La proportion des femmes dans les ordres professionnels est passée de 56 % à 61 % en dix ans. Diane Legault, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ)












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.