Canadian Architect remet ses prix annuels - Les Québécois raflent la quasi-totalité des prix d'architecture
En cette fin d'année, dire que la crème de l'architecture québécoise tient le haut du pavé national de la discipline tient de l'euphémisme. Dans son édition de décembre, la revue Canadian Architect a remis ses prix d'excellence et les Québécois s'en tirent avec les honneurs. Huit des onze prix et mentions reviennent au Québec, dont quatre à Montréal.
Prix d'excellence: La sélection française (Awards of Excellence: The French Selection), un article signé dans la revue par les membres du jury, est chapeauté par cette formule: «Impressionnant par son innovation et des réponses imaginatives».
Le commentaire concerne la majorité des projets qui proviennent de Montréal et du Québec. Un des membres du jury, Marc Boutin, professeur d'architecture et de design urbain à la faculté d'études environnementales de l'université de Calgary, écrit que l'architecture primée participe d'une branche du modernisme qu'il qualifie de «comfy modernism», une version «extrêmement compétente, formellement sophistiquée» du modernisme.
Le jury interdisciplinaire était complété par Janet Rosenberg, fondatrice du bureau Janet Rosenberg + Associates Landscape Architects Inc., de Toronto, et professeure à la faculté d'architecture, de d'architecture paysagère et de design de l'université de Toronto, et finalement de Roger Sherman, qui enseigne au Southern California Institute of Architecture (Sci-Arch) et à l'université de la Californie à Los Angeles (UCLA). Janet Rosenberg a signalé que, à l'issue du processus de sélection, elle était enthousiaste à propos du futur du design au Canada. Tous les membres du jury n'ont eu d'autre choix que de souligner le fait que la majorité des projets retenus viennent du Québec.
Boutin a remarqué le soin tout particulier apporté à l'exploration des contextes de chacun des sites, permettant ainsi d'«exprimer le potentiel de l'architecture». Il donne l'exemple du Cube, de Smith Vigeant architectes, pour la stratégie de manipulation d'un édifice déjà existant, et du théâtre du Vieux-Terrebonne, d'Atelier T.A.G., en collaboration avec Jodoin, Lamarre et Pratte, architectes, pour l'«occupation sophistiquée» de son site, l'édifice établissant un lien entre la vocation culturelle de l'endroit et l'environnement naturel immédiat.
Les lauréats
Dans la crème de la crème, les trois prix d'excellence reviennent au Québec. De l'Atelier Big City, la seconde phase des condominiums Unity, à l'angle des rues Saint-Alexandre et Viger, a retenu l'attention. L'édifice, dont l'ouverture est prévue pour l'automne 2004, sera construit en écho à l'édifice situé à ses côtés, le Unity d'origine, une ancienne «usine de jour». La cour semi-publique, sa sensibilité pour l'écologie et le recyclage ont marqué le jury: l'édifice réutilise d'anciennes fondations et un stationnement, alors que 50 % de la cour sera recouverte de plantes indigènes. Surtout, le jeu irrégulier des façades a été souligné.
Si le cube de l'ex-future Maison de l'Orchestre symphonique de Montréal a fait jaser, le Cube de Smith Vigeant Architectes s'attire des éloges. Dans le village gai, l'édifice de quatre étages est situé sur le boulevard de Maisonneuve. Les jeux de couleurs de la face, une fois de plus, ont plu au jury de Canadian Architect, tout comme le soin dans le choix des matériaux et du découpage des espaces intérieurs. L'édifice est prévu pour mars prochain. L'autre projet ayant reçu le sceau de l'excellence est le théâtre du Vieux-Terrebonne, un autre projet attendu pour l'automne 2004.
Moins excellents mais néanmoins méritoires, en a jugé le jury, sont les projets de Pierre Thibault, de Nomade architecture, du Groupe Arcop et de l'agglomérat formé de Saia Barbarese Topouzanov/Desnoyers et associés et de Menkès Shooner Dagenais, architectes.
Pierre Thibault a créé l'architecture paysagère et un pavillon pour le parc de la rivière Métis, en Gaspésie, dont l'achèvement est prévu à l'été 2006. Nomade architecture a signé le siège social montréalais du groupe d'ingénieurs Hénault et Gosselin, à l'angle du boulevard Pie-IX et de la rue Notre-Dame. Le pavillon Lassonde de l'École polytechnique associée à l'Université de Montréal, réalisé par Saia Barbarese Topouzanov/Desnoyers et associés et Menkès Shooner Dagenais architectes, construit à flanc de montagne, a séduit pour la clarté de la proposition, le soin tout particulier accordé à l'environnement — le chauffage sera produit grâce à la récupération de la chaleur émise par les cheminées avoisinantes, les points de vue sur le mont Royal seront respectés — et son articulation autour d'un réseau piétonnier bien en place.
Même Mont-Tremblant, le royaume de la maisonnette préfabriquée aux allures de carton-pâte, a reçu un prix. En fait, ce sont les concepteurs du bar du Château Mont-Tremblant, le Groupe Arcop, qui ont remporté la mention. Le pavillon, petite chapelle de verre, introduit une forme d'abstraction décapante dans ce contexte. En plus de lier les vertus du bâti et d'une signalétique forte, l'édifice répond à une problématique incontournable, soit la fluctuation de l'achalandage selon les saisons.
Finalement, un des deux prix remis à des projets étudiants revient au Québec. Maxime Pion, qui vient de recevoir son diplôme de maîtrise de l'UdeM, a pondu un projet pour le grand parc des rapides de Chambly, une passerelle au-dessus des rapides qui cumule la fonction de centre culturel.
Le projet utilise la structure d'un ancien barrage hydro-électrique et réinterprète le site marqué par l'héritage industriel.
Ajoutant quelques fleurs au pot des hommages, Marc Boutin soutient que «les architectes du Québec ont bénéficié d'un système qui facilite le rôle de l'architecture dans l'expression d'une identité sociale et culturelle particulière». L'architecte poursuit en vantant «le système de concours architecturaux mis en place au Québec» comme «un exemple qui a produit un groupe confiant de jeunes architectes qui travaillent avec un sens de l'urgence inégalé au Canada».
Prix d'excellence: La sélection française (Awards of Excellence: The French Selection), un article signé dans la revue par les membres du jury, est chapeauté par cette formule: «Impressionnant par son innovation et des réponses imaginatives».
Le commentaire concerne la majorité des projets qui proviennent de Montréal et du Québec. Un des membres du jury, Marc Boutin, professeur d'architecture et de design urbain à la faculté d'études environnementales de l'université de Calgary, écrit que l'architecture primée participe d'une branche du modernisme qu'il qualifie de «comfy modernism», une version «extrêmement compétente, formellement sophistiquée» du modernisme.
Le jury interdisciplinaire était complété par Janet Rosenberg, fondatrice du bureau Janet Rosenberg + Associates Landscape Architects Inc., de Toronto, et professeure à la faculté d'architecture, de d'architecture paysagère et de design de l'université de Toronto, et finalement de Roger Sherman, qui enseigne au Southern California Institute of Architecture (Sci-Arch) et à l'université de la Californie à Los Angeles (UCLA). Janet Rosenberg a signalé que, à l'issue du processus de sélection, elle était enthousiaste à propos du futur du design au Canada. Tous les membres du jury n'ont eu d'autre choix que de souligner le fait que la majorité des projets retenus viennent du Québec.
Boutin a remarqué le soin tout particulier apporté à l'exploration des contextes de chacun des sites, permettant ainsi d'«exprimer le potentiel de l'architecture». Il donne l'exemple du Cube, de Smith Vigeant architectes, pour la stratégie de manipulation d'un édifice déjà existant, et du théâtre du Vieux-Terrebonne, d'Atelier T.A.G., en collaboration avec Jodoin, Lamarre et Pratte, architectes, pour l'«occupation sophistiquée» de son site, l'édifice établissant un lien entre la vocation culturelle de l'endroit et l'environnement naturel immédiat.
Les lauréats
Dans la crème de la crème, les trois prix d'excellence reviennent au Québec. De l'Atelier Big City, la seconde phase des condominiums Unity, à l'angle des rues Saint-Alexandre et Viger, a retenu l'attention. L'édifice, dont l'ouverture est prévue pour l'automne 2004, sera construit en écho à l'édifice situé à ses côtés, le Unity d'origine, une ancienne «usine de jour». La cour semi-publique, sa sensibilité pour l'écologie et le recyclage ont marqué le jury: l'édifice réutilise d'anciennes fondations et un stationnement, alors que 50 % de la cour sera recouverte de plantes indigènes. Surtout, le jeu irrégulier des façades a été souligné.
Si le cube de l'ex-future Maison de l'Orchestre symphonique de Montréal a fait jaser, le Cube de Smith Vigeant Architectes s'attire des éloges. Dans le village gai, l'édifice de quatre étages est situé sur le boulevard de Maisonneuve. Les jeux de couleurs de la face, une fois de plus, ont plu au jury de Canadian Architect, tout comme le soin dans le choix des matériaux et du découpage des espaces intérieurs. L'édifice est prévu pour mars prochain. L'autre projet ayant reçu le sceau de l'excellence est le théâtre du Vieux-Terrebonne, un autre projet attendu pour l'automne 2004.
Moins excellents mais néanmoins méritoires, en a jugé le jury, sont les projets de Pierre Thibault, de Nomade architecture, du Groupe Arcop et de l'agglomérat formé de Saia Barbarese Topouzanov/Desnoyers et associés et de Menkès Shooner Dagenais, architectes.
Pierre Thibault a créé l'architecture paysagère et un pavillon pour le parc de la rivière Métis, en Gaspésie, dont l'achèvement est prévu à l'été 2006. Nomade architecture a signé le siège social montréalais du groupe d'ingénieurs Hénault et Gosselin, à l'angle du boulevard Pie-IX et de la rue Notre-Dame. Le pavillon Lassonde de l'École polytechnique associée à l'Université de Montréal, réalisé par Saia Barbarese Topouzanov/Desnoyers et associés et Menkès Shooner Dagenais architectes, construit à flanc de montagne, a séduit pour la clarté de la proposition, le soin tout particulier accordé à l'environnement — le chauffage sera produit grâce à la récupération de la chaleur émise par les cheminées avoisinantes, les points de vue sur le mont Royal seront respectés — et son articulation autour d'un réseau piétonnier bien en place.
Même Mont-Tremblant, le royaume de la maisonnette préfabriquée aux allures de carton-pâte, a reçu un prix. En fait, ce sont les concepteurs du bar du Château Mont-Tremblant, le Groupe Arcop, qui ont remporté la mention. Le pavillon, petite chapelle de verre, introduit une forme d'abstraction décapante dans ce contexte. En plus de lier les vertus du bâti et d'une signalétique forte, l'édifice répond à une problématique incontournable, soit la fluctuation de l'achalandage selon les saisons.
Finalement, un des deux prix remis à des projets étudiants revient au Québec. Maxime Pion, qui vient de recevoir son diplôme de maîtrise de l'UdeM, a pondu un projet pour le grand parc des rapides de Chambly, une passerelle au-dessus des rapides qui cumule la fonction de centre culturel.
Le projet utilise la structure d'un ancien barrage hydro-électrique et réinterprète le site marqué par l'héritage industriel.
Ajoutant quelques fleurs au pot des hommages, Marc Boutin soutient que «les architectes du Québec ont bénéficié d'un système qui facilite le rôle de l'architecture dans l'expression d'une identité sociale et culturelle particulière». L'architecte poursuit en vantant «le système de concours architecturaux mis en place au Québec» comme «un exemple qui a produit un groupe confiant de jeunes architectes qui travaillent avec un sens de l'urgence inégalé au Canada».
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