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    Le Y des femmes

    140 ans d’insertion au travail

    14 mars 2015 | Sophie Suraniti - Collaboratrice | Actualités en société
    Une classe de sténographie à la fin du XIXe siècle
    Photo: Le Y des femmes Une classe de sténographie à la fin du XIXe siècle
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Dès sa création, le but de cet organisme, fondé le 23 février 1875 par un groupe de femmes majoritairement anglophones, est d’offrir une résidence sécuritaire aux jeunes femmes arrivant de l’extérieur et de les aider à se trouver un emploi en ville. Cent quarante ans plus tard, la mission se poursuit.


    Avec toutefois de nouveaux sujets à couvrir, tels que les phénomènes de cyberintimidation, d’hypersexualisation et de pornographisation. Les préoccupations actuelles ne sont en effet plus seulement de mettre de jeunes femmes à l’abri des trappes urbaines. Ce qui se trame dans les cours d’école l’est tout autant. Il concerne les filles, et les garçons« Notre volet jeunesse, qui s’est intensifié ces dernières années, a en fait démarré en 1940, avec des programmes dits de leadership dans les écoles secondaires », souligne Isabelle Gélinas, directrice des communications du Y des femmes de Montréal.

     

    Pour autant, l’organisme conforte sa mission première tout en s’adaptant aux paysages actuels de la détresse féminine, plus marqués ces dernières années par la violence familiale (un enfant qui brutalise sa mère), les problèmes de santé mentale et l’accueil en résidence de femmes issues de communautés ethnoculturelles. L’industrialisation rapide à la fin du XIXe siècle entraîne une urbanisation massive. Beaucoup de jeunes femmes non mariées, prêtes à aller en emploi, débarquent en ville. C’est dans ce contexte que naît en Angleterre, en 1855, le mouvement des YWCA (Young Women’s Christian Association) auquel se rattachent le Y des femmes de Montréal et le Y des femmes de Québec, tous deux fondés en 1875. Aujourd’hui, les flux d’immigration se poursuivent (les immigrants représentent 42 % de la population du district de Peter-McGill, dont fait partie l’organisme, soit un taux supérieur à celui de la ville de Montréal), mais certaines données ont changé. Par exemple, dans les années 1880, les métiers en sténographie et en dactylographie étaient exclusivement réservés aux hommes… car considérés comme trop exigeants en matière de concentration pour les dames ! Aujourd’hui, la sensibilisation des jeunes femmes aux métiers dits masculins parle d’ingénierie, de sciences, d’informatique… Les temps ont changé. « C’est l’un des traits intéressants des YWCA. Nous avons changé, nous avons évolué avec la société. »

     

    Évolution, oui, avec en bout de course de vrais résultats. Même si l’organisme ne souhaite pas tirer complètement la couverture du succès à lui, il y contribue largement. Ainsi, l’an dernier, à la sortie des programmes d’employabilité, le taux de réussite, selon les critères d’Emploi Québec, frôlait les 70 %. Un an plus tard, ces femmes étaient à l’emploi dans une proportion de 85 %. Même constat pour la soixantaine de femmes qui transitent chaque année, avec des durées variables (ne pouvant excéder deux ans), par les 34 chambres de la résidence communautaire. Et Mme Gélinas de préciser : « Le taux de stabilité en logement est de 100 %. Cela signifie que, une fois sorties de la structure, les femmes réussissent à vivre de façon stable et autonome. Pour nous, ce résultat est extrêmement précieux. Tout comme la diminution des rechutes (alcool, drogue, désordres mentaux) qu’on observe. »

     

    Comment l’organisme se projette-t-il dans l’avenir ? « Mesurer l’impact réel et suivre à plus long terme les femmes qui quittent le Y des femmes font partie, entre autres, de nos priorités », stipule Mme Gélinas. La mise en place d’outils plus raffinés et plus précis permettra de colliger les résultats des actions que mène l’organisme et d’avoir des arguments de poids lors des demandes de financement faites auprès des bailleurs de fonds, des donateurs, des partenaires. « Cela permettra aussi d’obtenir un financement stable et continu pour les formations de notre volet jeunesse, reconnues et en demande de la part des écoles. Les subventions fonctionnent trop au coup par coup. Or, la prévention, c’est de prendre le problème en amont. Nous ne souhaitons pas que ces jeunes soient nos demandeurs de demain avec des difficultés multiples. »

     

    Le 140e anniversaire du Y des femmes de Montréal qui démarre et qui s’achèvera en février 2016 est l’occasion de rappeler l’existence de l’organisme, de le faire découvrir, de le replacer sur la carte « grand public », en communiquant notamment au sujet de la palette des services offerts à la collectivité à faible coût. Une chambre tout confort, à deux coins de rue du Centre Bell, à partir de 75 $ la nuit… Des vestes flambant neuves de la marque Judith Charles à la boutique-friperie Fringues Cie à 20 $… Des cours d’anglais ou de yoga à 10 $ la session (plus 5 $ par activité choisie) au Centre Multi, lancé en septembre 2013… Qui dit mieux, en plein coeur du centre-ville ?













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