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    Pensionnats indiens

    Des bulles pontificales racistes pourraient être abrogées

    10 février 2015 15h01 |Chinta Puxley - La Presse canadienne | Actualités en société
    Il y a eu 130 pensionnats autochtones dans l’histoire du Canada, dont six au Québec, entre 1870 et 1995. 
    Photo: Source Archives des Chatelets Il y a eu 130 pensionnats autochtones dans l’histoire du Canada, dont six au Québec, entre 1870 et 1995. 

    La Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens au Canada songe à demander au Vatican d’abroger les édits pontificaux qui permettaient aux explorateurs espagnols et portugais du 15e siècle de conquérir les Amériques — et les «sauvages» qui y habitaient.

     

    Le président de la commission, le juge manitobain Murray Sinclair, a indiqué que pour la rédaction de son rapport final, il étudiait attentivement les «bulles pontificales» émises en 1455 et 1493.

     

    Plusieurs soutiennent que ces édits pontificaux ont légitimé le traitement réservé par les Européens aux Autochtones, considérés comme des «sous-hommes». La souveraineté des rois et reines au Canada remonte jusqu’à ces bulles pontificales, et ni le Canada ni les États-Unis n’ont depuis désavoué ces édits papaux, a rappelé le juge Sinclair, un Ojibwé. Or, selon lui, un mouvement se dessine de plus en plus dans le monde pour désavouer ces édits.

     

    Au Canada, plusieurs voix se lèvent pour demander au Vatican de bâtir une nouvelle relation avec les Premières Nations, sur une base égalitaire, «d’État à État».

     

    Les bulles pontificales et autres édits adoptés par la suite ont accordé aux explorateurs catholiques «les pleins pouvoirs, autorité et juridiction» sur le Nouveau Monde, tout en leur confiant la mission d’évangéliser ses habitants. En cas de refus des Autochtones d’embrasser la religion catholique, le pape donnait l’autorisation aux explorateurs européens de tuer ces «sauvages», ou de les réduire en esclavage.

     

    L’abrogation des bulles pontificales aurait par ailleurs des implications juridiques relativement à la souveraineté de la Couronne sur des territoires, admet le juge Sinclair.

     

    Les Nations unies avaient nommé en 2009 un rapporteur spécial, qui a conclu que les bulles pontificales étaient «à la source même des violations des droits humains des peuples autochtones». Ces édits ont permis «l’appropriation des terres et ressources des peuples autochtones», et sont au coeur des revendications territoriales modernes, concluait l’ONU.

     

    L’Assemblée des Premières Nations a adopté en décembre dernier une résolution demandant l’abrogation de ces bulles pontificales, «qui nous traitent comme des animaux», a soutenu Keith Matthew, ancien chef de la communauté Simpcw de Colombie-Britannique.

     

    Mais pour le professeur Hayden King, directeur du Centre pour la gouvernance autochtone à l’université Ryerson, il ne suffit pas d’abroger les édits pour sceller la réconciliation. Il vaudrait mieux, selon lui, que le gouvernement reconnaisse que sa souveraineté a été fondée sur «une fable» qui voulait que les membres des Premières Nations ne soient pas des humains, et qu’il reconnaisse les droits ancestraux des Autochtones sur leurs territoires.













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