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    Aide sociale

    Sus à la générosité

    La loi doit être la même pour tous, mais il y a une bonne dose d’hypocrisie quand il s’agit de la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles, comme on appelle aujourd’hui l’aide sociale. Il est impossible pour une personne seule de vivre avec 600 $ par mois, mais il lui est aussi difficile d’adoucir sa vie, tant les règles pour la maintenir dans la misère sont implacables.

     

    Le quotidien La Presse faisait état lundi de décisions récemment rendues par le Tribunal administratif du Québec à l’endroit de prestataires d’aide sociale. Le cas le plus surprenant était celui de cette femme handicapée qui, parce qu’elle arrondit ses revenus en mendiant dans le métro, doit maintenant reverser plus de 25 000 $ au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, pour cause d’aide sociale perçue en trop depuis 10 ans.

     

    Preuve de sa turpitude, la dame s’est-elle présentée aux gens comme une bénéficiaire de l’aide sociale lorsqu’elle mendiait ?, s’interrogeait le ministre François Blais, lundi. Il faudrait donc choisir : ou la quête, ou l’aide sociale ! Mais, dans la réalité, personne ne tranche la pauvreté de façon aussi carrée. Les itinérants perçoivent de l’aide sociale : les refuges en tiennent même compte pour gérer l’occupation de leurs locaux, moins achalandés au début du mois, quand le chèque d’aide sociale arrive. Doit-on en déduire qu’un itinérant ne peut plus tendre la main sous peine d’être lourdement pénalisé s’il récolte au-delà du petit surplus auquel la loi lui donne droit (car 25 000 $ d’amende, quand on reçoit l’aide sociale, c’est une sanction-massue) ? Et nous qui donnons à ce monsieur « poqué », à cette dame handicapée (oui, monsieur le ministre, même si elle a un logement), nous devons en comprendre que nous encourageons ainsi, honte à nous !, le travail au noir ? En voilà, du nouveau !

     

    Même absence de nuance dans ce cas où une mère, assistée sociale, a été pénalisée pour n’avoir pas réclamé de loyer à sa fille majeure qu’elle hébergeait. Loyer qu’elle aurait dû, de toute manière, déclarer, ce qui aurait fait diminuer son chèque d’aide sociale. L’entraide ne peut donc exister quand on est assisté ?

     

    À noter : il n’est pas question de fraude organisée ici. Mais la loi, parce qu’elle est plus technocratique que juste, s’applique sans discernement. Sous le couvert d’une bonne administration des fonds publics, c’est la générosité qui est pénalisée. Et cela ira en empirant, puisqu’on attend (encore !) des coupes à l’aide sociale.













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