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    Sur Ontario (3 de 4)

    Solidarité culinaire dans le désert alimentaire

    La rue Ontario déploie ses nombreux paradoxes sur 6,1 km, dans le sud de Montréal. Longtemps, cette rue unique a agi comme une barrière entre riches et pauvres. Jusqu’à jeudi, Sur Ontario, série et webdocumentaire en quatre étapes, ira à la rencontre de ceux et celles qui en ont fait leur lieu de résidence, de lutte ou d’expérimentation sociale. Ce mercredi, l’insécurité alimentaire dans le quartier Sainte-Marie.
     

    La cuisine des employés des Tours Frontenac, situées derrière la station de métro du même nom, accueille plusieurs fois par mois différents groupes parrainés par l’organisme Rencontres cuisine, une des deux entités membres du Carrefour alimentaire Centre-Sud. Pour Léonie Rouette Tétreault, coordonnatrice des séances de cuisine collective organisées par Rencontres cuisine, la difficulté d’accès aux aliments sains et abordables aux abords du métro Frontenac ne fait pas de doute. Mais en mettant les savoirs en commun, il est possible de bien manger à très peu de frais.

     

    Il y a bien peu de marchés d’alimentation abordables dans Sainte-Marie. Pour sa population relativement vulnérable, il peut être difficile de bien s’alimenter. Mais ces conditions ne doivent pas arrêter les gens de croire à leur droit à une alimentation saine et diversifiée, croit Mme Rouette Tétreault. « Les cuisines collectives ne règlent pas le problème alimentaire de tout un quartier, affirme-t-elle. Mais nous nous voyons comme des entremetteuses [le travail est réparti entre deux coordonnatrices]. Nous fournissons un local et l’équipement, plus un fond de cuisine, incluant épices, farine et autres bases. »

     

    Le Carrefour alimentaire regroupe aussi le Marché solidaire Frontenac, qui tient un petit marché de fruits et légumes devant la station de métro en été. Il gère aussi les vélos-kiosques Fruixi, sorte de petites fruiteries sur deux roues qui font la vente de produits un peu partout dans le Centre-Sud. La mission de l’organisme est aussi orientée vers la sensibilisation aux différentes formes d’agriculture urbaine et à une relation respectueuse avec les aliments.

     

    La vision de l’organisme est en grande partie basée sur la prise de conscience et le sens des responsabilités. « Certaines autres cuisines collectives vont vraiment prendre en charge les groupes qu’elles parrainent. Ce n’est pas notre approche. Nous croyons qu’il faut miser sur l’apprentissage commun et [sur le fait] que les gens puissent développer leurs propres outils pour bien manger », explique la jeune femme.

     

    Les huit groupes qui utilisent actuellement le service se rencontrent à la fréquence qu’ils désirent. Chaque membre du groupe choisit une tâche à accomplir en vue de la séance de préparation du mets choisi. « Nous sommes là pour encadrer les groupes qui débutent et leur expliquer le fonctionnement de la cuisine, ajoute Léonie. Après, lorsque les groupes deviennent à l’aise, ils n’ont plus besoin d’une coordonnatrice sur place. »

     

    Rejoindre tout le monde

     

    L’un des défis pour Léonie et ses collègues des Rencontres cuisine, dit-elle, est d’interpeller les personnes en difficulté. Alors que le partage des denrées et la mise en commun des savoirs culinaires pourraient grandement bénéficier à une population à très faible revenu, celle-ci est peu représentée dans les activités organisées par l’organisme. « On voudrait tous que les personnes avec très peu de moyens se joignent à nous, explique Mme Rouette Tétreault. Les personnes vivant avec la pauvreté, ou sur l’aide sociale doivent souvent se tourner vers des solutions de rechange, une alimentation pas très saine, par exemple. Mais il faut garder en tête que pour une mère célibataire qui a trois emplois, par exemple, trouver le temps d’aller faire des achats, passer une soirée dans la cuisine, faire garder les enfants, c’est impossible. »

     

    Ce dont Léonie est le plus fière, c’est de permettre à ceux et celles qui ont réellement envie de partager les plaisirs de l’alimentation saine, de le faire.

    L’organisme Rencontres cuisine organise plusieurs fois par mois des séances de cuisine collective.<br />












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