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    Sur Ontario (1 de 4)

    Du contre-plaqué à la culture



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    épisodes de notre série
    Sur Ontario

    La rue Ontario déploie ses nombreux paradoxes sur 6,1 km, dans le sud de Montréal. Longtemps, cette rue unique a agi comme une barrière entre riches et pauvres. Jusqu’à jeudi, Sur Ontario, série et webdocumentaire en quatre étapes, ira à la rencontre de ceux et celles qui en ont fait leur lieu de résidence, de lutte ou d’expérimentation sociale. Ce lundi, l’effet Quartier des spectacles entre Saint-Urbain et Sanguinet.

    Dans son atelier rempli de pièces d’instruments, le luthier Jules Saint-Michel s’affaire autour de ses artisans. Sa boutique, véritable lieu-culte du réseau de la musique classique à Montréal, est installée au 57, rue Ontario Ouest depuis le début des années 1970. Elle abrite aussi un petit centre d’interprétation, l’Économusée de la lutherie, à l’étage.

     

    L’homme a été témoin de la transformation d’un quartier résidentiel peu entretenu en ce haut lieu culturel qu’est aujourd’hui le Quartier des spectacles.

     

    « Je suis à ce même endroit depuis plus de 40 ans, explique M. Saint-Michel. Je suis venu dans la rue Ontario parce que c’étaient les débuts de la Place des arts. Depuis, nous avons beaucoup évolué, la boutique a grossi. »

     

    Cette petite portion de rue — entre Saint-Urbain et Saint-Laurent — appelée Ontario Ouest n’avait pas la même allure à l’époque, se rappelle M. Saint-Michel. « Même mon édifice, c’était délabré, pas très accueillant, dit l’artisan. Avant que j’achète la bâtisse, ça appartenait à Bell Canada. Ça ne paraissait pas très bien, les fenêtres étaient placardées avec du plywood. »

     

    Tour à tour, M. Saint-Michel a vu s’installer les événements et les festivals près de son atelier. Sont venus ensuite la Maison symphonique et l’OSM, puis d’autres établissements à vocation culturelle. Membre du Partenariat du Quartier des spectacles, M. Saint-Michel se dit choyé d’occuper un tel emplacement. « Je me suis demandé ce que j’allais faire avec cet immeuble et ce magasin, à la fondation du Quartier des spectacles, dit-il. Ils [l’organisation du QdS] m’ont dit qu’il fallait rénover, car ça paraissait mal. Et que j’avais droit à une subvention de la Ville pour ça. »

     

    Jules Saint-Michel a entrepris de refaire la façade de son immeuble, pour qu’elle soit conforme aux nouveaux standards du quartier en transition. « C’était ma dernière grosse dépense ! Finalement, la subvention était d’environ 10 % du coût des rénos. Je suis bien content de ça, mais ce n’est pas beaucoup. On s’est un peu endetté, mais voilà, maintenant cela a fière allure. »

     

    Spectacles et HLM

     

    Originaire du quartier, Robert Petrelli, président du conseil d’administration de la Corporation des Habitations Jeanne-Mance, avocat et urbaniste, se souvient de l’époque où la rue Ontario, aux abords de la Place des arts, était un lieu mal famé. « Dans les années 1950, il y a eu beaucoup de démolitions dans ce quartier, beaucoup d’incendies criminels. La pègre était déjà bien installée ici. Ça explique la présence de ces nombreux terrains vacants et espaces de stationnement, aujourd’hui convoités par les promoteurs. »

     

    Se décrivant comme un vrai Montréalais, M. Petrelli a ce quartier à coeur. Il voit comme une bonne chose la proximité des Habitations Jeanne-Mance, le plus important complexe d’habitation à loyer modique au Canada inauguré en 1959, et du Quartier des spectacles. « Il faut se rappeler que le secteur n’a pas connu beaucoup de développements entre 1950 et l’an 2000. C’était en dormance », dit-il.

     

    Aujourd’hui, observe-t-il, le quartier est fréquenté par des centaines de milliers de personnes à certaines périodes de l’année. « Ç’a attiré des équipements culturels majeurs. Ce quartier connaît un regain de vie, axé sur la culture. »

    Le luthier Jules Saint-Michel a vu un quartier résidentiel délabré se changer en haut lieu culturel montréalais.












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