Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Santé mentale

    Blais coupe dans les programmes d’insertion

    Des organismes dénoncent de fausses économies

    Quelques groupes manifestaient jeudi contre les coupes décidées par le gouvernement libéral.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Quelques groupes manifestaient jeudi contre les coupes décidées par le gouvernement libéral.

    Depuis le début de l’automne, Lizanne Blanchette accompagne des personnes âgées et travaille à la caisse dans une boutique. Ces tâches lui permettent d’ajouter quelque 130 $ mensuel à son chèque d’aide sociale, à travers le programme PAAS-Action, dans lequel le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale veut couper 2 millions de dollars.

     

    Schizophrène de 53 ans, Lizanne Blanchette est considérée par l’aide sociale comme ayant « des contraintes sévères à l’emploi ». Son travail auprès des personnes âgées et à la boutique lui permet de « socialiser » et de « sortir de la solitude ». Le supplément de 130 $ par mois à l’aide sociale, quant à lui, lui donne accès à des denrées essentielles, comme des vêtements.

     

    Or, François Blais, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, entend économiser 2 millions dans les 14 millions consacrés annuellement à ce programme. Déjà, quelque 300 personnes, considérées comme admissibles par les organismes communautaires qui les accompagnent, n’ont pas été admises au programme PAAS-Action au cours de la dernière année.

     

    Fausses économies

     

    Pour le Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale (RACOR), il s’agit d’une économie fictive, puisque le fait de participer à une mesure d’insertion sociale comme le PAAS-Action permet de tenir sa clientèle loin des hôpitaux et des urgences. « Selon Statistique Canada, une personne qui souffre de problèmes de santé mentale sévères et persistants va être hospitalisée en moyenne 38 jours par année, pour un coût annuel de 20 000 $, soit bien plus que le coût du PAAS-Action d’environ 3600 $ par personne par an », disait Julie Nicolas, directrice générale du RACOR en santé mentale, au cours d’une conférence de presse de la Coalition pour l’accessibilité aux services dans les Centres locaux d’emploi.

     

    Or, selon Roy Bhimpaul, directeur du Centre d’action et de développement et de recherche en employabilité, le fait d’être mieux intégré socialement réduit de beaucoup les risques d’hospitalisation de la clientèle. « J’emploie 50 personnes ayant des problèmes de santé mentale sévères et persistants et seulement une s’est présentée à l’urgence d’un hôpital cette année », dit-il.

     

    « Notre organisme s’occupe d’une clientèle vulnérable qui ne pourra retourner à temps plein sur le marché du travail. On trouve ça utopique de vouloir demander aux participants du programme de se trouver un emploi, c’est difficile pour eux d’occuper un emploi à plein-temps, ceci ne peut qu’augmenter l’anxiété, le stress et l’angoisse. Pour conclure, n’oublions pas que ces personnes ont un diagnostic, dont celui d’une contrainte sévère à l’emploi », proteste Mme Lucie Couillard, directrice de la Société de schizophrénie de la Montérégie, interrogée dans le cadre d’un sondage du RACOR.

     

    Dépassement de coûts

     

    Au ministère, on se contente d’évoquer l’atteinte d’un meilleur équilibre budgétaire pour le programme. « Il y avait des dépassements de coûts du PAAS-Action [de 2 millions] dans les dernières années, explique Julie White, attachée de presse du ministre Blais. On a décidé de protéger l’intégrité du programme, l’enveloppe reste la même cette année, mais on ne la dépassera plus. Ceux qui en bénéficient déjà conservent leur place. Les objectifs du programme restent les mêmes. »

     

    Du côté de la jeune clientèle, on se plaint aussi de l’abolition du programme Alternatives jeunesse, qui permettait à des jeunes sans revenu de moins de 25 ans de retourner aux études et de recevoir un montant supérieur de 80 $ par mois à l’aide sociale.

     

    Au bureau du ministre Blais, on parle d’une « nouvelle stratégie d’accueil personnalisée », mais on admet que le supplément de 80 $ sera éliminé. « Notre objectif est de sortir le plus rapidement les jeunes de l’aide sociale, on les met en mouvement vers l’emploi. On veut qu’il y ait le moins de jeunes possible sur l’aide sociale », dit Julie White.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.