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    Moins d’aide à l’emploi pour les plus démunis

    Québec sabre les subventions salariales accordées aux entreprises d’économie sociale

    Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire

    Le gouvernement Couillard coupe à nouveau l’herbe sous le pied aux personnes les plus vulnérables, en sabrant les subventions salariales accordées aux entreprises d’économie sociale et en gelant les enveloppes dédiées à l’intégration au travail des personnes handicapées.

     

    À la lumière d’informations dévoilées mercredi par Québec solidaire, des dizaines d’entreprises d’économie sociale, d’organismes communautaires et culturels perdront l’équivalent de centaines de milliers de dollars en subventions salariales, 600 000 $ à Montréal seulement. Cette perte a déjà forcé plusieurs d’entre eux à mettre à pied des employés vulnérables embauchés grâce aux subventions, et fragilisera leur capacité à donner des services dans leurs communautés.

     

    Plus encore, le gel imposé par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale à un programme d’intégration au travail des personnes handicapées aura pour effet de stopper toute nouvelle aide à la création d’emploi pour cette autre clientèle démunie.

     

    « Le gouvernement répète ad nauseam qu’il ne touchera pas aux personnes plus vulnérables. Il a aboli des centaines de postes, il coupe maintenant des budgets d’intégration à l’emploi pour des personnes à statut précaire. Il agit à l’encontre de ce qu’il prétend. C’est la plus grande menterie de l’automne », a décrié mercredi Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire.

     

    Ces nouvelles coupes surviennent quelques jours après que le gouvernement Couillard a dû faire marche arrière après le tollé soulevé par des compressions qui devaient toucher notamment les personnes atteintes de déficience intellectuelle et les aînés.

     

    Des dizaines d’entreprises d’économie sociale ont été informées cet été par les CDEC de la région de Montréal (Corporation de développement économique et communautaire) que les employés qu’elles embauchent grâce aux programmes Subventions salariales ne jouiraient plus que de 30 semaines d’aide à l’emploi. À l’origine, ce programme garantissait le versement de 100 % du salaire d’un employé la première année, pendant 52 semaines, et 60 % l’année suivante, pendant 30 semaines. Québec limite désormais sa subvention à 100 % pour 30 semaines, pour une seule année.

     

    « Le gouvernement applique le même traitement au secteur social qu’au secteur privé, c’est aberrant », de dire Françoise David.

     

    Au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, on a confirmé que la politique d’aide à l’emploi pour les entreprises d’économie sociale avait été revue pour des « raisons d’efficience ». « On a fait des évaluations. Quand on a évalué, dans un souci d’efficience, pas dans un souci d’économie, c’est dans cette optique qu’on a analysé le problème », a fait valoir Julie White, l’attachée de presse du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. Cette dernière a ajouté que les entreprises d’économie sociale bénéficieront de 30 semaines d’aide à l’emploi, comme l’ensemble des entreprises qui participent au programme de subventions. Elles toucheront toutefois une aide équivalant à 100 % du salaire, plutôt que 50 % comme c’est le cas pour le secteur privé.

     

    Frappés de plein fouet

     

    Des représentants de divers organismes ont confirmé que ces coupes viendront grandement fragiliser leurs activités, en leur retirant le principal levier économique dont ils disposaient pour pérenniser des emplois et démarrer de nouvelles activités. Dans le seul secteur du Plateau-Mont-Royal et du Centre-Sud, au moins 38 emplois créés l’an dernier ne bénéficieront d’aucune subvention pour l’année suivante.

     

    Parmi eux, le Santropol Roulant, un organisme communautaire qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et à briser l’isolement social des personnes démunies, au centre de la Montréal. Le retrait de la subvention frappera doublement l’organisme puisque le poste voué à disparaître privera l’organisme de la personne affectée à la recherche d’autofinancement, a fait valoir Pier Liné, directeur du Santropol Roulant. « Ce poste avait été un facteur de croissance pour nous », dit-il.

     

    Plusieurs autres organismes, dont l’organisme FEM international, qui offre de l’emploi aux femmes immigrantes, et des organismes culturels et communautaires, comme le Théâtre Parenthèse, le Cirque Hors Piste, le regroupement de photographes Le Cabinet et l’organisme Exeko, voué à l’inclusion des personnes marginalisées, perdront une partie de leurs subventions.

     

    Selon les chiffres obtenus du ministère de l’Emploi, pas moins de 568 personnes ont été embauchées grâce à ce programme d’aide à l’emploi en 2012-2013. Ce dernier affirme toutefois que les sommes retranchées pour des raisons d’efficience ne dépasseront pas 650 000 $ pour l’ensemble du territoire québécois. « Ce sont des économies de bouts de chandelle pour un gouvernement qui n’a aucune autre vision de l’emploi en dehors des mines », tonne Françoise David.

     

    Gel pour les personnes handicapées

     

    Pour les personnes handicapées, le gel des budgets dédiés aux Contrats d’intégration au travail (CIT) revient à empêcher la création de tout nouvel emploi pour les personnes handicapées, affirme pour sa part Luc Labbé, porte-parole de la Coalition large emploi personnes handicapées (CLEPH), organisme-parapluie qui vient de déposer une pétition sur le site de l’Assemblée nationale. « C’est une atteinte directe au droit au travail », plaide-t-il.

     

    À la lumière de ce gel, toutes les nouvelles demandes de subvention à l’emploi pour les personnes handicapées ne seront plus traitées. Seules les subventions aux emplois déjà existants seront maintenues, déplore la CLEPH.

     

    « On avait des choix difficiles à faire, malgré cela, on a décidé de maintenir les contrats d’intégration, parce que c’était important pour nous », a fait valoir la porte-parole du ministre, qui affirmant que le budget de 35,6 millions restera inchangé pour 2014-2015.













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