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    Ordre des comptables professionnels agréés du Québec

    Faire rayonner davantage l’expertise comptable

    11 octobre 2014 | Alexandre Lampron - Collaborateur | Actualités en société
    Alain Dugal
    Photo: Archives Le Devoir Alain Dugal
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Élu à la présidence du conseil d’administration de l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec en juin dernier, Alain Dugal n’entend pas chômer. Il souhaite prendre les moyens nécessaires pour que l’organisation prenne une place encore plus dominante dans les débats publics qui touchent la société québécoise.


    L’Ordre des comptables professionnels agréés a été officiellement institué par l’entrée en vigueur, le 16 mai 2012, de la Loi sur les comptables professionnels agréés. Il réunit quelque 36 000 professionnels faisant partie de l’Ordre des CA, de l’Ordre des CGA et de l’Ordre des CMA, visant à mettre en valeur le rôle des comptables professionnels.

     

    Devenir un « incontournable »

     

    En selle depuis déjà quelques semaines, Alain Dugal mentionne vouloir faire en sorte que les CPA jouent davantage leur rôle sociétal de compétence et de savoir, afin que l’ordre soit perçu, à juste titre, comme un « incontournable dans les débats sociaux », notamment dans la modification des lois fiscales, tant québécoises que canadiennes, ainsi que dans la formulation de diverses recommandations.

     

    C’est dans cette ligne de pensée que l’ordre a récemment déposé un mémoire adressé à la commission Charbonneau dans le contexte de la réflexion sur le combat contre la fraude et la corruption, a expliqué M. Dugal.

     

    « Ce n’est certainement pas en mettant en place des lois et des règlements additionnels que nous pouvons nous imaginer les combattre, croit-il. Où les CPA peuvent intervenir, c’est dans l’établissement d’un environnement de contrôle empêchant les gens de faire de la fraude. Nous pouvons penser à des procédures de reddition de comptes plus claires ou à l’établissement de contrôles spécifiques de détection et de prévention de la fraude. Les CPA peuvent intervenir dans l’architecture pour rendre la vie plus difficile à ceux qui veulent frauder et pour donner l’assurance que ces contrôles sont efficaces. »

     

    Cette volonté de permettre à l’ordre de jouer un plus grand rôle sociétal ne tient toutefois pas du hasard, enchaîne le président, alors que le Québec s’apprête à vivre des réformes majeures. Même quand la situation économique devient difficile, M. Dugal soutient aussi que les comptables professionnels demeurent des acteurs de premier plan qui contribuent à l’activité économique dans tous les secteurs de façon quotidienne.

     

    « Dans la perspective de protection du public, les membres sont aussi soumis à des règles déontologiques les obligeant à l’intégrité, à l’excellence et à la rigueur, insiste-t-il. Nous croyons que la profession est très bien positionnée pour aider la société à évoluer et à faire face aux enjeux auxquels elle est confrontée. »

     

    S’intégrer dans la discussion

     

    Accroître le rôle sociétal ne signifie pas s’imposer dans le rôle du gouvernement, prévient toutefois Alain Dugal. L’objectif consiste plutôt à prendre part aux discussions en cours quant aux mécanismes que souhaite mettre en place le gouvernement afin d’atteindre ses objectifs.

     

    « Est-ce que toutes les études nécessaires ont été faites pour appuyer ses décisions ? Est-ce que le gouvernement utilise vraiment la bonne méthode ? La profession de CPA peut aider les intervenants dans la mise en place d’un arbre de décisions. Cela dit, il n’y a pas eu d’annonces faites au sujet des réformes, ce qui fait que c’est actuellement difficile de bien comprendre la stratégie du gouvernement. Il cherche d’abord à équilibrer son budget, c’est une nécessité, mais les moyens qu’il entend mettre en place pour y arriver relèvent plutôt du politique. »

     

    L’Ordre des comptables professionnels agréés déposera dans les prochaines semaines un mémoire à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise. Annoncée lors du budget déposé en juin dernier par le ministre des Finances, Carlos Leitão, cette commission permettra au gouvernement d’obtenir l’avis d’experts sur les différentes pistes d’action à privilégier afin d’accroître l’efficacité, l’équité et la compétitivité du régime fiscal québécois.

     

    « Nous souhaitons que le gouvernement ait le courage de prendre des décisions fiscales et économiques qui auront des impacts à plus long terme, plutôt que de suivre un calendrier électoral, résume Alain Dugal. Nous pensons que le virage pour combattre le déficit, que tout le monde s’entend pour dire qu’il est structurel, doit exiger des décisions à plus long terme et dans la perspective des valeurs que s’est données la société québécoise. »

     

    Attirer les meilleurs talents

     

    Les enjeux démographiques qui attendent le Québec au cours des prochaines années sont au coeur des préoccupations du président. L’unification des trois ordres de comptables, en 2012, aura permis à la profession de comptable professionnel de demeurer « une véritable force de frappe » sur le marché, visant à attirer les meilleurs talents et à assurer une relève de qualité, surtout dans le contexte du choc démographique qui frappera le Québec dans les prochaines années.

     

    En plus de faire une large promotion au cours des deux dernières années, M. Dugal explique aussi que l’ordre a produit une série de mémoires et de documents distribués à plusieurs niveaux d’éducation au Québec, afin d’exposer les avantages de porter le titre de CPA et les ouvertures potentielles de la profession sur le marché du travail.

     

    « Nous venons aussi de terminer le Programme de formation professionnelle (PFP) auquel les universités du Québec ont adhéré, ajoute-t-il. Le lien qui unit l’Ordre des CPA et les universités est donc unique au Québec. Nous sommes très fiers d’avoir créé ce lien avec les universités de chez nous, d’autant plus que l’économie québécoise a la capacité d’absorber plus de 1000 CPA par année. »

     

    Cette affirmation vient rejoindre les prévisions de Services Canada, qui a récemment fait savoir que le marché aurait des besoins évalués à quelque 1350 nouveaux comptables par année jusqu’en 2016 au moins, notamment en raison des nombreux départs à la retraite. Leur taux de chômage demeure également très bas, soit environ 1 %.

     

    De plus, le PFP, dispensé par l’ordre, ouvre la porte aux candidats pour travailler ailleurs qu’au Québec. Il répond ainsi aux normes de l’International Federation of Accountants (IFAC).













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