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    Ordre des chimistes du Québec

    Une nouvelle loi pour mieux protéger le public

    Un petit ordre professionnel très ouvert à l’international

    11 octobre 2014 | Martine Letarte - Collaboratrice | Actualités en société
    Emploi-Québec indique qu’il y avait environ 6000 chimistes ou appellations d’emploi liées, au Québec, en 2012, alors que l’OCQ compte à peine plus de 3000 membres.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Emploi-Québec indique qu’il y avait environ 6000 chimistes ou appellations d’emploi liées, au Québec, en 2012, alors que l’OCQ compte à peine plus de 3000 membres.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Alors qu’on célèbre les 40 ans du système professionnel québécois, la Loi sur les chimistes professionnels date d’il y a 50 ans. Après deux tentatives d’adoption d’un nouveau projet de loi avortées par le déclenchement d’élections, l’Ordre des chimistes du Québec (OCQ) presse le gouvernement de Philippe Couillard d’aller de l’avant en déposant un nouveau projet de loi pour lui permettre de mieux protéger le public.


    Dans les années 1960, on a défini la chimie dans la loi par de grands domaines, comme la chimie biologique, industrielle, analytique. Or, aujourd’hui, pour mieux comprendre concrètement ce que fait un chimiste, on décrit davantage ses activités. Cela peut avoir l’air théorique, mais cette nuance prend toute son importance lorsque l’OCQ se retrouve devant les tribunaux pour tenter de prouver que quelqu’un pratique illégalement la profession de chimiste.

     

    « La jurisprudence a interpellé l’OCQ ces dernières années afin de mieux définir la portée de ce qu’est l’exercice de la chimie », explique Martial Boivin, président-directeur général et secrétaire de l’OCQ, qui regroupe les chimistes et les biochimistes.

     

    « C’est beaucoup plus difficile pour les avocats et les juges de démontrer qu’il s’agit vraiment de chimie en ce moment, alors que la loi ne définit pas la chimie par des activités », ajoute M. Boivin, en poste depuis 16 ans.

     

    Formations admissibles

     

    Des besoins de modernisation se font aussi sentir du côté des formations qui mènent à l’admission à l’OCQ.

     

    Les universités revoient leurs programmes au fil des ans. Par exemple, le baccalauréat en chimie de l’Université du Québec à Chicoutimi s’appelle maintenant « chimie des produits naturels » et inclut des cours en pharmacognosie (étude et enseignement des drogues fournies par la nature, selon le Larousse) et en biologie végétale. L’Université du Québec à Rimouski offre, pour sa part, le baccalauréat en chimie de l’environnement et des bioressources. Tous deux peuvent mener à l’adhésion à l’OCQ.

     

    Par contre, d’autres programmes universitaires liés à la chimie ont été créés et ne sont pas admissibles.

     

    « Par exemple, on a vu arriver des programmes en biologie moléculaire qui sont enseignés par les départements de biologie plutôt que ceux de chimie, mais qui reposent majoritairement sur des connaissances en biochimie, explique Martial Boivin. C’est un exemple, mais il en existe plusieurs autres. Nous aimerions que ces programmes puissent mener à l’adhésion à l’OCQ. »

     

    C’est une question de meilleure protection du public, la mission première d’un ordre professionnel.

     

    « Notre outil pour intervenir, c’est la loi, explique M. Boivin. Elle doit être en adéquation avec les nouvelles façons d’enseigner et les nouvelles matières. Si la loi est désuète, c’est difficile de bien protéger le public. Actuellement, bien des gens qui travaillent dans le domaine de la chimie ne sont pas membres de l’OCQ, lorsqu’on regarde les chiffres d’Emploi-Québec. »

     

    Effectivement, Emploi-Québec indique qu’il y avait environ 6000 chimistes ou appellations d’emploi liées, au Québec, en 2012, alors que l’OCQ compte à peine plus de 3000 membres.

     

    « Les autres travailleurs ne sont pas encadrés, déplore Martial Boivin. Avec une nouvelle loi, nous pourrions mieux faire notre travail de protection, ce qui améliorerait la confiance du public et accroîtrait l’imputabilité des chimistes. En ce moment, certains passent à travers les mailles du filet. »

     

    Long processus

     

    L’OCQ a commencé en 2002 à revisiter les programmes de formation et ses modes d’évaluation en vue d’une nouvelle loi, puis elle a actualisé la définition de la profession de chimiste. Elle travaille avec l’Office des professions depuis quelques années pour aller vers l’adoption d’une nouvelle loi.

     

    « Le fruit est mûr ; nous sommes prêts pour passer à l’étape suivante », affirme celui qui a travaillé auparavant dans les polymères et le ciment, avant d’obtenir une MBA puis d’entrer à l’OCQ.

     

    Quelques ordres professionnels sont dans la même situation que l’OCQ : ceux des agronomes, des architectes, des géologues et des ingénieurs. Lors des deux dernières tentatives, le gouvernement avait présenté un projet de loi omnibus dans le but de faire adopter un nouveau cadre législatif pour ces différents ordres professionnels.

     

    « Nous attendons maintenant que la ministre puisse, plus tôt que tard, déposer un nouveau projet de loi pour que, cette fois-ci, il puisse être adopté », indique Martial Boivin.

     

    L’Ordre des chimistes du Québec (OCQ) compte un peu plus de 3000 membres, des chimistes et des biologistes, dont environ un tiers sont des femmes.

     

    En 2005, il comptait autour de 2500 membres.

     

    « Nous avons réussi à maintenir une croissance annuelle de quelques points de pourcentage dans les dernières années, surtout grâce aux immigrants, affirme Martial Boivin, président-directeur général et secrétaire de l’OCQ. Nous sommes parmi les ordres professionnels au Québec qui reçoivent le plus de demandes d’adhésion de gens formés à l’étranger : elles sont en moyenne aussi nombreuses que celles de gens formés au Québec. »

     

    Normalement, les chimistes formés à l’étranger sont admis sans examen ni formation supplémentaire.

     

    « Nous avons dû adapter notre façon d’analyser les dossiers, mais l’exercice de la chimie est assez universel, explique M. Boivin. Qu’on soit ici, en Russie ou en France, les fondements sont les mêmes et les équipements technologiques sont semblables. Bien sûr, il y a des différences : les programmes ne se concentrent pas tous sur les mêmes domaines, mais c’est comme ça aussi lorsqu’on regarde les différents programmes des universités québécoises. L’arrivée de la nouvelle loi viendra encore plus faciliter les nouvelles admissions. »

     

    Les chimistes sont souvent méconnus puisqu’ils ne travaillent pas directement avec le public, mais leur rôle a un impact direct sur le quotidien des gens. Ils travaillent, par exemple, dans le domaine alimentaire, dans le contrôle de la qualité de l’eau, dans le développement de nouveaux médicaments et dans des laboratoires médico-légaux.

     

    On demande un baccalauréat pour accéder à l’OCQ, mais plusieurs membres travaillent en recherche et développement, un domaine où une maîtrise ou un doctorat sont souvent exigés.













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