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    Des épreuves qui mettent à l’épreuve

    Des histoires de paraplégiques, de tétraplégiques et de personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral (TCC), la psychologue du Centre Lucie-Bruneau à Montréal, Julie Charron, en entend depuis déjà sept ans. Chaque cas est différent, chaque blessé réagit d’une façon différente, mais tous passent à travers une gamme d’émotions qui va de l’envie de mourir au désir de se rebâtir une véritable vie.

    Et ce qui est inévitable, c’est la phase du pourquoi. Pourquoi ça m’est arrivé ? Pourquoi dois-je passer à travers ça ? Mais tous ne sombreront pas nécessairement dans la dépression. Par exemple, seulement 30 % des blessés qu’on appelle médullaires sont à risque de dépression pendant leur phase de réadaptation. Ils sont par contre sept fois plus à risque que la population en général.

    « Ce n’est pas tout le monde qui s’effondre, l’être humain a une capacité étonnante de rebondir. Et c’est normal qu’ils recherchent un sens à ce qu’ils vivent. Dans la plupart des cas, c’est souvent des accidents qu’on pourrait dire banals », souligne Mme Charron.

    En effet, selon le rapport du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) sur les blessés médullaires, réalisé en mars 2013, 46 % d’entre eux ont été victimes d’un accident de la route, 40 % ont fait une chute, 6 % ont été blessés lors d’une activité sportive et 3 % lors d’un plongeon.

    « Au début, c’est sûr qu’ils sont en mode survie et sous le choc. On met beaucoup l’accent sur la réadaptation physique, mais on les accompagne aussi parce qu’ils peuvent avoir longtemps l’espoir de remarcher ou de récupérer leurs fonctions », note Mme Charron.

    Il y a donc un long processus de deuil qui entre en jeu. Les blessés médullaires, de même que les victimes de TCC, doivent accepter qu’ils ne seront plus jamais les mêmes et n’auront plus la même vie.

    Certains réussiront à rebondir, à avoir la force de trouver un sens à leur vie, mais pour d’autres, ce sera beaucoup plus difficile. « Après 20 ans, je vois encore des gens qui me disent qu’ils ne l’ont pas accepté, et c’est bien correct. Ça les dérange encore, mais ils vivent avec. Et j’en ai d’autres qui ont repris leur travail, leur rôle de parent et qui sont heureux d’avoir survécu. »












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