Les marginaux refusent de se laisser jeter «dehors de dehors»
Les marginaux de la métropole connaissent trop bien les périls qui les attendent lorsqu'ils mettent le pied dans l'espace public. En s'assoyant sur un muret, en jetant des cendres au sol, en marchant sur le gazon, ou même en blasphémant ou en se tenant immobiles dans un parc (?), ils risquent d'écoper de contraventions variant de 27 à 138 $, parfois plus.
La plupart d'entre eux encaissent le choc sans y donner suite, déchirant sur-le-champ cette contravention dont ils ne comprennent pas la signification, au risque de s'exposer à la prison pour défaut de paiement, quoique cette pratique soit en voie d'être abolie par le gouvernement Charest.
Même les organismes communautaires chargés de venir en aide aux marginaux ne saisissent pas trop bien la nuance dans l'application des règlements municipaux. S'il est inacceptable de rester immobile dans un parc, il est tout aussi aventureux de s'y promener, sous peine d'être taxé de vagabondage. Que faire? À part changer de look, rien. Car les règlements ne sont pas appliqués de la même façon pour l'homme d'affaires qui fait une sieste au milieu du parc et le squeegee qui s'y repose avant le début de l'heure de pointe.
Le monde communautaire en a soupé de cette campagne de «discrimination» et de «harcèlement» orchestrée par les policiers contre les jeunes de la rue, les itinérants et autres sans domicile fixe, pour qui l'espace public est à la fois lieu de rencontre, de vie et de travail. Ce n'est pas d'hier que les groupes communautaires dénoncent l'attitude des policiers à l'égard des clientèles marginales du centre-ville. Sauf que cette fois, une trentaine d'organismes ont décidé d'unir leurs forces pour contrecarrer ce phénomène de «judiciarisation» de la marge. Ils envisagent même de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne si l'administration Tremblay et le Service de police de Montréal ne révisent pas leurs façons de faire.
Dans le cadre de l'Opération droits devant, menée entre le 1er juin et le 31 août, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et la Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville ont récupéré 152 constats d'infraction controversés, pour un total de 15 502 $. À cela s'ajoutent les 537 constats récupérés depuis l'an 2000 par France Labelle, la directrice du Refuge des jeunes, pour un total de 92 551 $. Et ils n'ont pas fini de compter.
Plutôt que de blâmer les policiers, la coalition assemblée hier s'en est prise aux élus montréalais, à qui le chanteur et comédien Dan Bigras reproche d'utiliser les règlements municipaux «comme une arme pour faire disparaître ceux qui ne sont pas assez "cute" au goût des autres».
«Nos enfants qui vont bien et qui sont "cute", on s'en occupe, mais les autres, on les jette. Et une fois qu'on les a mis à la rue, c'est pas encore assez. Il faut encore qu'ils débarrassent de la rue. On les met dehors de dehors. C'est d'une violence absolument inouïe», a dit Bigras, porte-parole du Refuge depuis maintenant 13 ans.
Le chanteur presse le maire Gérald Tremblay de mettre un terme à cette forme de discrimination systémique «parce qu'en ce moment, on est en train de faire passer des règlements municipaux avant notre code moral.»
La plupart d'entre eux encaissent le choc sans y donner suite, déchirant sur-le-champ cette contravention dont ils ne comprennent pas la signification, au risque de s'exposer à la prison pour défaut de paiement, quoique cette pratique soit en voie d'être abolie par le gouvernement Charest.
Même les organismes communautaires chargés de venir en aide aux marginaux ne saisissent pas trop bien la nuance dans l'application des règlements municipaux. S'il est inacceptable de rester immobile dans un parc, il est tout aussi aventureux de s'y promener, sous peine d'être taxé de vagabondage. Que faire? À part changer de look, rien. Car les règlements ne sont pas appliqués de la même façon pour l'homme d'affaires qui fait une sieste au milieu du parc et le squeegee qui s'y repose avant le début de l'heure de pointe.
Le monde communautaire en a soupé de cette campagne de «discrimination» et de «harcèlement» orchestrée par les policiers contre les jeunes de la rue, les itinérants et autres sans domicile fixe, pour qui l'espace public est à la fois lieu de rencontre, de vie et de travail. Ce n'est pas d'hier que les groupes communautaires dénoncent l'attitude des policiers à l'égard des clientèles marginales du centre-ville. Sauf que cette fois, une trentaine d'organismes ont décidé d'unir leurs forces pour contrecarrer ce phénomène de «judiciarisation» de la marge. Ils envisagent même de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne si l'administration Tremblay et le Service de police de Montréal ne révisent pas leurs façons de faire.
Dans le cadre de l'Opération droits devant, menée entre le 1er juin et le 31 août, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et la Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville ont récupéré 152 constats d'infraction controversés, pour un total de 15 502 $. À cela s'ajoutent les 537 constats récupérés depuis l'an 2000 par France Labelle, la directrice du Refuge des jeunes, pour un total de 92 551 $. Et ils n'ont pas fini de compter.
Plutôt que de blâmer les policiers, la coalition assemblée hier s'en est prise aux élus montréalais, à qui le chanteur et comédien Dan Bigras reproche d'utiliser les règlements municipaux «comme une arme pour faire disparaître ceux qui ne sont pas assez "cute" au goût des autres».
«Nos enfants qui vont bien et qui sont "cute", on s'en occupe, mais les autres, on les jette. Et une fois qu'on les a mis à la rue, c'est pas encore assez. Il faut encore qu'ils débarrassent de la rue. On les met dehors de dehors. C'est d'une violence absolument inouïe», a dit Bigras, porte-parole du Refuge depuis maintenant 13 ans.
Le chanteur presse le maire Gérald Tremblay de mettre un terme à cette forme de discrimination systémique «parce qu'en ce moment, on est en train de faire passer des règlements municipaux avant notre code moral.»
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