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    Deux méthodes expérimentées contre l’agrile du frêne

    Depuis le début du mois de juin, l’entomologiste de Ressources naturelles Canada Robert Lavallée et son assistante Julie Dubé ont installé une trentaine de pièges pour détecter l’agrile du frêne affectant les arbres montréalais.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Depuis le début du mois de juin, l’entomologiste de Ressources naturelles Canada Robert Lavallée et son assistante Julie Dubé ont installé une trentaine de pièges pour détecter l’agrile du frêne affectant les arbres montréalais.

    Montréal s’est transformée en vaste laboratoire à ciel ouvert cet été. Depuis le début du mois de juin, l’entomologiste de Ressources naturelles Canada Robert Lavallée et son assistante Julie Dubé ont installé une trentaine de pièges pour détecter l’agrile du frêne, qui est en train de prendre de l’expansion dans toute la métropole. Deux principales méthodes sont actuellement testées pour tenter de limiter la propagation de cet insecte venu de l’Asie qui pourrait forcer l’abattage de 45 000 frênes au cours des prochaines années.

     

    « Le nerf de la guerre, c’est de le détecter », lance d’emblée M. Lavallée, qui était en train de vérifier, mardi matin, trois de ses pièges installés dans le parc Pratt, dans l’arrondissement d’Outremont. En descendant l’un d’eux qui était juché dans un arbre, le spécialiste de l’agrile du frêne au Québec explique que ce petit insecte filiforme à la carapace métallique est vraiment difficile à enrayer étant donné que ses larves se forment entre l’arbre et l’écorce et qu’il ne se montre pas souvent la binette.

     

    « Avoir un seul insecte sur un piège, ça vaut une fortune, ça vous indique que l’agrile est là », note-t-il en commençant à faire tournoyer son piège qui est en fait un simple prisme triangulaire fait à base de carton solide sur lequel une surface collante a été apposée. « On arrive à attirer l’agrile avec des phéromones de la femelle qu’on dépose sur un petit bout de caoutchouc. C’est de cette façon qu’on arrive à les capturer », poursuit-il en ajoutant que deux produits faits de phéromones sont actuellement testés pour réduire les coûts de dépistage. Le produit original coûte environ 25 $ alors que le produit analogue pourrait ne coûter qu’une dizaine de dollars.

     

    En regardant son piège de plus près, M. Lavallée constate qu’une dizaine d’agriles ont été capturés à travers un lot de moustiques et de punaises. Ces prochaines semaines, l’arbre infecté devra inévitablement être abattu pour empêcher la propagation de l’insecte, mais les autres frênes dans le parc peuvent encore être réchappés. « Pour la Ville, c’est majeur quand on découvre qu’un arbre est positif. C’est plus facile de déterminer d’où vient l’insecte et on peut élaborer une stratégie plus locale qui permet de gagner du temps en traitant les autres arbres avec un insecticide »,souligne-t-il.

     

    La lutte biologique, une voie d’avenir

     

    Cet entomologiste d’expérience est par contre en train de tester un autre produit beaucoup plus naturel pour lutter contre l’agrile dans les milieux urbains. Selon lui, la lutte biologique est une voie d’avenir qui vaut la peine d’être explorée. Pour la première fois cette année, une autre dizaine de pièges ont été installés à Montréal, sur lesquels un dispositif contenant un champignon a été accroché. Ce champignon, qui ressemble étrangement à une petite poudre blanche, est pathogène pour l’agrile. « Nos tests en laboratoire ont démontré que, lorsque l’agrile entre en contact avec la fine poudre, j’ai presque 50 % de taux de mortalité en cinq jours », mentionne M. Lavallée avec enthousiasme.

     

    Étant donné que l’agrile du frêne s’adonne à des accouplements multiples, il peut donc contaminer rapidement ses pairs s’il est infecté par le champignon. Cette approche biologique pourrait ainsi permettre de diminuer considérablement la présence de l’agrile du frêne dans la métropole sans trop faire de ravages sur l’environnement.

     

    Jusqu’à présent, cette expérience semble donner de bons résultats même s’il est difficile d’évaluer l’impact réel. M. Lavallée remarque que le dispositif dans lequel le champignon est inséré est au moins efficace. « C’est rare de pouvoir conserver un champignon à l’extérieur aussi longtemps. Mais nos tests nous ont permis de voir qu’il reste virulent pendant deux mois. » Deux mois, c’est assez pour limiter encore une fois la propagation de l’agrile alors que la période critique est de juin à août.













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