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    La Calamity Jane de la Main

    Rebelle et insoumise, en voilà une qui n’a pas peur que le ciel lui tombe sur la tête. Monique Savoie, dans sa Satosphère, vapotant sous des cieux amicaux.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Rebelle et insoumise, en voilà une qui n’a pas peur que le ciel lui tombe sur la tête. Monique Savoie, dans sa Satosphère, vapotant sous des cieux amicaux.

    Dans mon firmament de bâtisseuses du Québec qui ne recherchent pas les néons de la célébrité, Monique Savoie se situe dans le top 5. À mi-chemin entre Jeanne Mance et Calamity Jane, cette défricheuse agit en pensant librement et ne prend jamais la vie pour ce qu’elle a l’air d’offrir. Elle visualise en 3D et l’expression « Penser à l’extérieur de la boîte » a été inventée pour elle. « J’aime la shoppe mais pas le socle », admet-elle simplement.

     

    Capable d’administrer un budget de cinq à sept millions de dollars et 256 employés salariés par année sans secrétaire, la présidente fondatrice de la SAT (Société des arts technologiques) fraie aussi avec les étoiles de sa Satosphère, un planétarium avec une mission artistique plutôt que scientifique, campé sur la Main.

     

    Une grande Montréalaise

     

    Une grande Montréalaise de la trempe des Phyllis Lambert du CCA, de Phoebe Greenberg du Centre Phi ou de Nathalie Bondil du MBA, on la devine anticonformiste et rebelle. Monique nous vient de l’audiovisuel, du Festival de théâtre des Amériques, et elle avait déjà un pied dans le numérique, à une époque où on misait encore sur l’avenir du CD.

     

    « Le milieu culturel ne s’intéressait pas à ça. Les fonctionnaires me demandaient si ce n’était pas une mode qui allait passer… En plus, une fille qui essayait de leur faire comprendre le nouveau Klondike, ça ne passait pas très bien », résume cette visionnaire.

     

    Aujourd’hui, 23 000 membres sont abonnés à son infolettre et elle négocie autant avec le banquier cravaté qu’avec le geek tatoué, une casquette de travers sur le piercing.

     

    Les nouvelles technologies ne lui font pas peur, l’innovation non plus, les alliances entre la science et l’art lui semblent naturelles. Elle situe son centre de congrès et de recherche satosphérique quelque part entre la pépinière des universités et la serre productive de l’industrie. Dans cet incubateur de talents, une « école supérieure des bricoleurs du futur », on pratique la pollinisation croisée à l’échelle internationale, open source, living lab, open playground, open architecture, name it, on est open.

     

    Le futur, c’est maintenant

     

    Cette leader charismatique, à la fois bien campée dans ses convictions et assez flyée pour en épouser d’autres, est également administratrice à la Corporation de développement du Faubourg Saint-Laurent et à Techno Montréal. La SAT ne fait pas que diffuser, elle forme la matière grise et encourage les vocations dès le primaire. « Notre relève, elle est dans les poussettes ! » Son camp de jour VJing, DJing, création de jeux vidéo pour les jeunes de 10 à 17 ans (un franc succès) débute en juillet et la présidente ne se contient plus : « Je ne peux pas travailler quand ils sont là ! Je trouve ça trop excitant. J’essaie d’en faire des auteurs, pas seulement des consommateurs. »

     

    Elle a même convenu d’alliances avec la CSDM pour contrer le décrochage scolaire avec ses programmes novateurs qui allument le petit dernier assis dans le fond de la classe.

     

    La Satosphère est le dôme qui coiffe l’édifice de la SAT, coincé entre SDF et péripatéticiennes. Il fait partie des réalisations qui couronnent 18 années (l’âge adulte) de ce secret bien gardé à Montréal mais visité par 125 délégations étrangères par année.

     

    « L’idée de la rotonde n’est pas nouvelle, le public allait déjà à celle de Saint-Anne-de-Beaupré, un des premiers endroits où les gens qui ne pouvaient pas voyager payaient pour voir l’horizon. La “ physiqualité ” de l’expérience est importante pour nous. Le son (157 haut-parleurs) touche aux os et l’image occupe un écran à 210 degrés qui rejoint le sol. Et on peut créer sur l’écran du dôme en temps réel », explique Monique Savoie, dont les mentors de référence sont l’architecte Buckminster Fuller, le philosophe Marshall McLuhan et l’écologue Pierre Dansereau. Elle les considère comme les pères de la culture digitale.

     

    Le matin de mon passage, j’assiste à la générale d’une conférence de l’artiste californien en résidence, David McConville, sur le commencement de l’univers via l’atlas numérique de la NASA soutenu par la philosophie de l’architecte de la Biosphère, Richard Buckminster Fuller. La conférence absolument fascinante du président de l’Institut Buckminster Fuller sera relayée le soir même, de dôme à dôme, avec le Morrision Planétarium de la California Academy of Sciences à San Francisco, malgré trois heures de décalage horaire. J’ai fait un voyage cosmique tripatif, couchée sur des boudins au sol et sans fumer aucune substance illégale.

     

    Les sens en éveil

     

    Les boomers ont eu leur Osstidcho et leur Woodstock, les générations C, Y et Z ont leur SAT qui leur propose une expérience multisensorielle très XXIe siècle, un Food Lab (excellente cantine sur le toit), une salle de conférences et de premières avec bar, des expériences visuelles et auditives uniques, un laboratoire vivant, un Sensorium.

      

    « Nous avons une clientèle politisée, les 20-30, qui a des préoccupations planétaires. Y a un travail à faire pour se faire connaître mais nous protégeons aussi une grande liberté », résume celle qui ne va chercher que 7 % de son financement avec les subventions. Le reste, ce sont les festivals (MUTEK s’est éclaté à la SAT durant 15 ans), les 5 à tard, les lancements, les premières huppées, les forums de réflexion, les partenariats et la Satosphère qui ramènent l’eau au moulin.

     

    Au cours des prochains mois, Monique planche avec David McConville, Héritage Montréal et d’autres partenaires comme le scientifique en chef, Rémi Quirion, sur l’avenir de la Biosphère, « ce cadeau qui n’a jamais été compris », ce qu’elle compare à notre tour Eiffel montréalaise. Ce comité de réflexion tente de redonner une vocation au géoscope conçu par Buckminster Fuller pour l’Expo 67 et qui appartient à la Ville de Montréal.

     

    Les jargonneries ? « Contamination positive », « terrain de jeu inclusif », « avenir de la planète », « interdisciplinaire ». « On voudrait en faire le navire amiral du design du futur au niveau international et connecter ensemble tous les dômes de la planète », avance Monique Savoie, toujours au service des artistes qu’elle tente de rapprocher des pouvoirs décisionnels. Malgré tout. « Un artiste, c’est un chercheur. Ce qui l’allume, c’est une intuition, une vision. Moi, j’essaie de rendre cette vision visible. »

     

    Je viens de vous présenter une artiste.

     

     

    JOBLOG

    Résurrection et jus de persil

    Tout d’abord, merci pour les fleurs (je préfère les recevoir de mon vivant), le chocolat, les mots doux, les nombreux conseils, les recettes et les pensées affectueuses. Vous avez été généreux et très nombreux à vous manifester. À la suite du Zeitgeist de la semaine dernière, certains ont cru que je me mourais. Je le redis autrement : je cesse une chimio pré-ven-ti-ve qui était en train de m’a-che-ver tout en étant guérie. Je pète le feu depuis que je fréquente moins les hôpitaux et je continue à enquiquiner mon B pour qu’il cesse de mettre ses coudes sur la table. Pauvre p’tit. Priez pour lui à la place. Je me suis mise à toutes sortes de potions dont je vous reparlerai un jour. En attendant, celle-ci, assez rafraîchissante, bonne haleine garantie et à laquelle j’ai converti mon mari moins neuf, le jus de persil de Guy Corneau (Revivre !) : une demi-botte de persil avec une poignée de luzerne ou des germinations, un demi-citron bio pressé et son zeste, un morceau de gingembre râpé, un demi-litre de jus de raisin blanc (je coupe avec de l’eau, car c’est sucré).

    Passez le tout au mélangeur et délectez-vous. C’est bon pour tout, même la canicule. Le persil est un anti-inflammatoire réputé. Et comme je m’enflamme facilement…

     

    Rebelle et insoumise, en voilà une qui n’a pas peur que le ciel lui tombe sur la tête. Monique Savoie, dans sa Satosphère, vapotant sous des cieux amicaux. La Satosphère présente Quantum et Nimbes jusqu’au 27 juin.
     
     
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