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Grève dans les transports en commun - Gérald Tremblay s'impatiente

Le maire ne demande toutefois pas l'adoption d'une loi spéciale

Photo : Jacques Nadeau
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et les usagers des transports en commun sont de plus en plus excédés par la grève qui paralyse le réseau public en dehors des heures de pointe. Tandis que Transport 2000 Québec, une association vouée à la défense des usagers des transports en commun, demande une loi spéciale au gouvernement Charest pour mettre un terme au conflit, le maire de Montréal avoue que sa patience «a ses limites» et que la situation est devenue «inacceptable».

Le Syndicat des employés d'entretien et la Société de transport de Montréal (STM) n'étaient toujours pas arrivés à une entente au moment de mettre sous presse hier. Les deux parties ont négocié durant toute la nuit de mercredi à hier et toute la journée d'hier sans arriver à un accord. Pour une cinquième journée consécutive, les usagers des transports en commun devront se débrouiller entre les heures de pointe pour assurer leurs déplacements.

La Régie régionale de la santé et des services sociaux a par ailleurs déposé une plainte hier devant le Conseil des services essentiels dans laquelle il est mentionné que l'absence de transports en commun pendant la fin de semaine risque de «mettre en péril la santé et la sécurité des citoyens». Le Conseil doit se pencher sur la plainte et déposer aujourd'hui ses recommandations.

La colère monte

La tension est montée une fois de plus hier matin dans le métro de Montréal lorsqu'un nouvel incident a forcé l'interruption du service sur la ligne orange pendant près d'une heure. Mardi soir, un premier incident avait obligé la STM à interrompre le service sur l'ensemble des lignes du métro et soulevé la colère des usagers.

Gérald Tremblay se dit conscient de la frustration des citoyens et soutient que sa patience «achève». «On ne peut pas demander à des citoyens de supporter la pression qu'ils vivent présentement, tant au niveau familial et au niveau personnel que dans leurs affaires professionnelles. Pour moi, c'est devenu presque intolérable», a déclaré le maire aux journalistes.

«Les citoyens ont raison [d'être en colère], a-t-il ajouté. On ne peut pas prendre des citoyens en otages, d'autant plus qu'on s'est entendus avec la majorité de nos employés dans un cadre de règlement totalement acceptable.»

Le maire de Montréal n'est toutefois pas encore prêt à revendiquer auprès du gouvernement Charest une loi spéciale exigeant le retour au travail des employés d'entretien. «Actuellement, notre priorité, c'est la négociation de la convention collective. Si on ne peut pas s'entendre, on fera les gestes nécessaires et les représentations auprès du gouvernement», souligne M. Tremblay.

Mobilisation citoyenne

Pour le directeur général de Transport 2000, Normand Parisien, la situation a duré assez longtemps et il est temps que Québec intervienne pour que cesse le conflit de travail. L'organisme à but non lucratif a déposé hier une lettre aux cabinets des ministres du Transport et du Travail pour qu'ils votent une loi spéciale en ce sens.

«Les parties sont actuellement dans un cul-de-sac, soutient M. Parisien. Nous sommes complètement découragés. Mais il faut agir et faire des pressions sur le gouvernement pour qu'il intervienne. Il faut aussi l'informer des conséquences probables de cette grève», affirme M. Parisien.

Selon lui, la grève actuelle affecte l'ensemble des Montréalais, et non pas uniquement les usagers des transports en commun. Les employeurs ont besoin de tous leurs salariés pour fournir le travail requis et les commerçants ont besoin des clients pour réaliser le chiffre d'affaires qui leur permettra d'exploiter leurs entreprises. «Il faut que le cirque arrête», estime M. Parisien.

La Chambre de commerce de Saint-Laurent est elle aussi inquiète des répercussions économiques de la grève en cours. «Les besoins de travailleurs sont majeurs à Saint-Laurent et la majorité d'entre eux proviennent de l'extérieur du territoire», explique la présidente de la Chambre, Claudine Bouchard. Saint-Laurent compte 5000 entreprises qui fonctionnent sur différents quarts de travail et plusieurs employés n'ont pas pu se rendre à leur emploi depuis le début de la grève.

Aux ministères du Transport et du Travail, on soutient qu'il y a encore de l'espoir de régler rapidement le conflit par la négociation et qu'une loi spéciale n'est pas encore nécessaire.

Certains citoyens, excédés par la grève, ont toutefois décidé de se regrouper dans un collectif pour exprimer leur mécontentement aux grévistes. Le Collectif des usagers des transports en commun de la ville de Montréal (CUTCVM) regroupe déjà une cinquantaine de membres et entreprendra dès aujourd'hui différentes actions dans le métro «pour faire comprendre aux grévistes qu'il y a d'autres moyens de faire comprendre leur point de vue et que la population ne veut pas être prise en otage», explique le porte-parole du collectif, Christian Leray.
 
 
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