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    Commission Charbonneau

    Des contrats d’Hydro-Québec en échange de dons aux partis?

    Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre
    Photo: Clément Allard Le Devoir Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre
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    la commission Charbonneau

    Les principaux témoignages

    Le témoin A a largué une petite bombe pour conclure son témoignage à la commission Charbonneau, en affirmant qu’il faut chercher du côté des contrats d’Hydro-Québec pour trouver les « retours d’ascenseurs » donnés aux firmes de génie-conseil impliquées dans le financement illégal des partis politiques.

     

    Selon l’ex-ingénieur de BPR et de Roche, une rumeur courait dans le petit monde du génie-conseil. Un « club sélect » formé de quatre firmes, BPR, Axor, Dessau et SM, bénéficiait d’une relation privilégiée avec Hydro-Québec, une société d’État réputée pour son opacité.

     

    « Ma perception, c’est qu’il y a des canaux et des filières qui sont autres que celles que vous avez explorées à date pour retourner des ascenseurs, a-t-il dit. Cette filière-là, comme d’autres, devrait être étudiée. »

     

    Selon le témoin A, il est improbable que les firmes de génie-conseil aient accepté de verser des millions de dollars aux partis politiques sur une décennie simplement pour la possibilité d’obtenir un accès direct et une écoute attentive dans les cabinets ministériels.

     

    Depuis le début des travaux, l’octroi des contrats chez Hydro-Québec est tombé dans l’angle mort de la commission Charbonneau. C’est pourtant là que se brassent les plus grosses affaires de l’État. Le témoin mystère, rebaptisé « Jean Gagnon » par la commission, a notamment cité comme exemple de renvoi d’ascenseur un contrat de 300 millions de dollars, accordé sans appel d’offres à un consortium formé de BPR, Axor, Dessau et SM. L’affaire avait fait grand bruit, en 2010.

     

    Le Parti québécois (PQ) avait dénoncé l’octroi de ce contrat de gré à gré à des firmes que l’on disait proches des libéraux, pour la gestion et la surveillance des travaux aux centrales Eastmain-1A-Sarcelle-Rupert, à la baie James.

     

    Le PQ avait même laissé entendre qu’il y avait eu collusion dans l’attribution de ce contrat. La ministre des Ressources naturelles, qui n’était autre que Nathalie Normandeau, avait rejeté ces accusations, en assurant qu’Hydro-Québec payait le juste prix pour ces travaux.

     

    De 2000 à 2011, 21 firmes de génie-conseil se sont partagé des contrats totalisant un milliard d’Hydro-Québec. Neuf contrats sur dix ont été accordés sans appels d’offres.

     

    Un député dans l’embarras

     

    En matinée, le témoin anonyme a éclaboussé l’actuel député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, et son conseiller politique, François Roussy. Dans une autre vie, M. Lelièvre était directeur général de Gaspé et M. Roussy était le maire de la Ville.

     

    Si l’on se fie au témoignage de « Jean Gagnon », ils auraient manoeuvré afin de favoriser Roche dans l’octroi de deux contrats pour des usines d’eau potables, en 2009.

     

    Le maire Roussy, qui a séjourné une semaine à Paris aux frais de Roche, aurait exigé que les firmes choisies pour la réalisation du contrat versent une ristourne de 4 à 5 % sur leurs honoraires, afin de financer des projets d’infrastructures supplémentaires dans la région de Gaspé.

     

    M. Roussy et son directeur général auraient également court-circuité le cours normal des appels d’offres, en imposant le choix des sous-traitants et en déterminant la répartition des honoraires qu’allaient se partager les firmes de génie impliquées dans le projet (Roche, Genivar, BPR et Kwatroe). « Une telle négociation, à mon sens, n’est pas légale », a dit le témoin anonyme.

     

    Roche soignait évidemment ses relations avec l’administration de M. Roussy. À la demande du maire, la firme n’a pas hésité un instant avant de commanditer la relance d’un club de hockey de la ligue senior, à Gaspé, en 2008. La firme y voyait une belle forme de démarchage. « Le but est d’aller chercher les usines à Gaspé », écrit le témoin anonyme au vice-président de Roche, André Côté. La relance du club ne s’est cependant pas concrétisée.

     

    L’Unité permanente anticorruption enquête sur des allégations de fraude et de financement illégal par Roche en Gaspésie. Les audiences de lundi ont porté en grande partie sur cette enquête, qui est toujours en cours.

     

    La commission entendra mardi l’ancien chef de cabinet de Nathalie Normandeau et ami de Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie.

     

    Hommage à Macdonald

     

    La commission a rendu hommage au commissaire Roderick A. Macdonald, décédé vendredi. Le troisième membre de la commission, atteint d’un cancer, n’a jamais participé aux audiences en public, mais il a fait du travail pour la commission dans l’ombre, a rappelé la juge France Charbonneau. La juge lui a rendu hommage en français et en anglais, soulignant sa droiture et sa gentillesse. « Je ne connaissais pas l’homme. Lorsque je l’ai vu entrer dans mon bureau, il n’a suffi que d’un seul regard dans le bleu profond de ses yeux pour apercevoir toute sa vivacité d’esprit, sa bonté d’âme, sa générosité, sa mansuétude et sa droiture », a-t-elle affirmé. Tous les employés de la commission étaient présents dans la salle. Plusieurs étaient vêtus de noir.













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