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    Compteurs intelligents

    Des citoyens dénoncent une décision prise à l’aveugle

    Ces dernières années, certains experts ont fait part de leur inquiétude en ce qui concerne l’impact des fréquences électromagnétiques de ces compteurs sur la santé des gens, mais la communauté scientifique demeure divisée sur les véritables impacts.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Ces dernières années, certains experts ont fait part de leur inquiétude en ce qui concerne l’impact des fréquences électromagnétiques de ces compteurs sur la santé des gens, mais la communauté scientifique demeure divisée sur les véritables impacts.

    Un regroupement de citoyens déplore la décision de la Régie de l’énergie qui autorise Hydro-Québec à poursuivre l’installation de ses compteurs intelligents sur l’ensemble du territoire québécois. Malgré de nombreuses objections, l’organisme de régulation a autorisé, vendredi en fin de journée, la Société d’État à poursuivre la phase 2 et 3 de son projet qui vise à remplacer 3,8 millions de compteurs électromécaniques et électroniques d’ici 2018.

     

    Le regroupement « Refusons les compteurs » considère que cette décision a été prise sans même que toutes les données et les résultats de la phase 1 soient connus. « On permet les phases 2 et 3 sans savoir si ça se passe bien pour Hydro-Québec. On ne connaît pas le taux d’implantation ni de performance de la première phase », fait savoir la porte-parole Marie-Michelle Poisson.

     

    Dans la décision rendue par la Régie, il est indiqué qu’environ 1,3 million de compteurs intelligents ont été installés à ce jour sur les 1,7 million prévu pendant la phase 1 qui doit prendre fin à la fin du mois. Hydro-Québec mentionne qu’il en reste encore 350 000 à installer chez les particuliers dans la grande région de la communauté métropolitaine de Montréal et 80 000 chez les commerçants.

     

    Installation anticipée

     

    Or, le regroupement de citoyens soutient qu’Hydro-Québec a élargi sa zone d’installation avant même d’obtenir le feu vert de la Régie en raison de l’opposition rencontrée dans certains quartiers de Montréal. « Hydro-Québec a élargi sa zone jusqu’aux Laurentides et dans Lanaudière parce que c’était plus difficile dans les quartiers centraux de Montréal », indique Mme Poisson. Selon ses dires, de nombreux citoyens ont refusé d’accueillir les équipes d’Hydro-Québec chargées d’installer les compteurs. Lors de leurs visites, les citoyens refusent de leur ouvrir la porte ou encore font semblant de ne pas être à la maison pour éviter d’avoir ces compteurs de deuxième génération dont les risques sur la santé sont encore mal documentés.

     

    Ces dernières années, certains experts ont fait part de leur inquiétude en ce qui concerne l’impact des fréquences électromagnétiques de ces compteurs sur la santé des gens, mais la communauté scientifique demeure divisée sur les véritables impacts. Dans des témoignages envoyés à la Régie, certains résidents, qui ont fait installer des compteurs intelligents, rapportent qu’ils ont souffert de maux de tête, d’étourdissements, d’insomnie ou encore d’acouphènes.

     

    « Malgré tous ces témoignages où l’on rapporte des symptômes, ça n’a pas été pris en considération pour les prochaines phases d’installation », note Mme Poisson, qui appelle maintenant le premier ministre Philippe Couillard à prendre le dossier en main. Le regroupement Refusons les compteurs réclame un décret pour mettre fin au projet d’installation des compteurs intelligents le temps de mener des études plus approfondies sur les impacts environnementaux et sur la santé. Il souhaite aussi que les résidants puissent faire retirer leurs compteurs sans frais supplémentaires.

     

    À ce stade-ci du projet d’Hydro-Québec, l’analyste dans le secteur de l’Énergie Jean-François Blain croit qu’il sera difficile pour les groupes citoyens de faire reculer la Société d’État. « Hydro-Québec n’a jamais considéré une autre option à part installer ces compteurs intelligents, même si des compteurs électromécaniques de première génération auraient réglé bien des problèmes », dit-il. Avant que la régie n’ait donné son autorisation vendredi, M. Blain rapporte lui aussi que des équipes étaient déjà en train d’installer des compteurs intelligents dans certaines villes de la phase 2, notamment dans la région de Vaudreuil.

     

    Pendant les phases 2 et 3, 2,1 millions de compteurs devraient être installés au coût de 557,6 millions de dollars. Pendant la phase 2, Hydro-Québec envisage de les installer dans les régions de la Montérégie, de la Mauricie, de l’Outaouais et de Québec. Les régions plus éloignées, comme l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Saguenay, et la Gaspésie, seront munies de compteurs intelligents à compter de 2016, durant la phase 3.













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