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    Les crevettes de l’esclavage toujours en vente au Québec

    Cinq jours après les révélations du Guardian, Walmart et Costco n’ont pas encore statué sur le sort des crevettes thaïlandaises

    Un fournisseur de crevettes est accusé de recourir à de la farine de poisson issue de l’esclavage. Des centaines de migrants birmans et cambodgiens seraient exploités par des sous-traitants, qui iraient jusqu’à exécuter les esclaves pris en faute. Ci-dessus, un travailleur migrant au port de Sattahip, en Thaïlande.
    Photo: Nicolas Asfouri Agence France-Presse Un fournisseur de crevettes est accusé de recourir à de la farine de poisson issue de l’esclavage. Des centaines de migrants birmans et cambodgiens seraient exploités par des sous-traitants, qui iraient jusqu’à exécuter les esclaves pris en faute. Ci-dessus, un travailleur migrant au port de Sattahip, en Thaïlande.

    Les accusations sont sérieuses, mais les produits restent sur les tablettes. Cinq jours après les révélations du quotidien britannique The Guardian sur l’utilisation d’esclaves dans la production de crevettes thaïlandaises, les divisions canadiennes de Walmart et de Costco n’ont toujours pas statué sur le sort qu’elles allaient réserver à ces produits de l’esclavage qui se trouvent actuellement sur leurs tablettes au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. En Europe, le géant de la distribution Carrefour a suspendu vendredi ses achats auprès de la compagnie thaïlandaise montrée du doigt, et ce, « jusqu’à ce que la lumière soit faite », sur cette affaire, a-t-il précisé.

     

    Le monde de la crevette d’élevage est dans la tourmente depuis mardi dernier après que The Guardian eut accusé la compagnie thaïlandaise Charoen Pokphand (CP) Foods, un des plus gros fournisseurs de crevettes dans le monde, de s’approvisionner en farine de poisson pour ses élevages de crevettes auprès de sous-traitants abusant de migrants birmans et cambodgiens réduits à l’esclavage sur leurs navires de pêche. Des dizaines de victimes de ces nouveaux négriers ont été rencontrées, évoquant des journées de travail de 20 heures par jour avec, pour seul salaire, un bol de riz. Tortures, exécutions sommaires, suicides, humiliation, conditions de vie insalubres font également partie du quotidien captif de cette main-d’oeuvre exploitée par la multinationale de la crevette dont les produits se retrouvent dans la plupart des supermarchés du monde sous la marque CP Foods, y compris au Canada.

     

    Conformes

     

    L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé au Devoir vendredi que les produits de cette compagnie sont bel et bien importés et vendus au pays, principalement en Ontario, Colombie-Britannique, mais également au Québec où une soupe won-ton aux crevettes de marque CP Foods est distribuée depuis plusieurs années. Les inspections récentes ont établi que ces produits « étaient conformes aux normes de salubrité canadienne », a précisé toutefois l’Agence.

     

    Aux États-Unis, Walmart, mis au courant de cette découverte dans la chaîne de production des crevettes du géant thaïlandais de l’agroalimentaire, a précisé qu’elle était impliquée dans la lutte contre l’exploitation et le trafic d’humains dans la filière des fruits de mer en Thaïlande, sans plus de détail. Costco a indiqué vouloir agir pour mieux encadrer ses sources d’approvisionnement.

     

    Sur son site Internet, Charoen Pokphand Foods se targue d’avoir réalisé en 2013 des ventes atteignant 13 milliards de dollars, pour un bénéfice net de plus de 230 millions de dollars.













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