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    Soins de fin de vie

    Les consultations du Québec sont un exemple, selon des médecins

    10 juin 2014 15h08 | La Presse canadienne à Ottawa | Actualités en société
    Pour l’AMC, l’important est de respecter les souhaits de la population, peu importe si elle penche vers une légalisation de l’aide à mourir ou le maintien de son interdiction.
    Photo: Archives Le Devoir Pour l’AMC, l’important est de respecter les souhaits de la population, peu importe si elle penche vers une légalisation de l’aide à mourir ou le maintien de son interdiction.

    Alors que Québec vient d’adopter sa loi sur le droit de mourir dans la dignité, la voie empruntée par la province pour en arriver là devrait servir d’exemple au reste du Canada, croit l’Association médicale canadienne (AMC).

    L’Association, qui est le porte-parole national des médecins du Canada, a rendu publics mardi les résultats de sa consultation nationale sur les soins de fin de vie.

    Elle juge que l’approche respectueuse et non partisane adoptée par Québec, qui a tenu des consultations et des audiences publiques, est une réussite qu’elle souhaite au reste du Canada.

    «Il est certain qu’au Québec on a pris une voie qui devrait être suivie ailleurs», a déclaré un porte-parole de l’AMC, Pierre Harvey, qui juge qu’il n’y a pas eu d’animosité dans le débat même si certaines personnes ont dit à haute voix qu’elles étaient contre le projet de loi.

    «Le projet de loi au Québec (adopté jeudi dernier) va démontrer au reste du Canada que des citoyens ont librement fait ce choix-là», a-t-il souligné.

    L’AMC a souligné que les Canadiens ont soif d’avoir pareille discussion sur les soins de fin de vie. Ceux-ci s’attendent également à ce que leur gouvernement initie la conversation sur cette importante question éthique, révèle l’étude.

    Plus encore, ils désirent que les soins palliatifs et les mesures de fin de vie soient un enjeu lors de la prochaine élection.

    L’AMC veut déposer les résultats de sa consultation à la Cour suprême du Canada, qui va bientôt entendre une cause portant sur le suicide assisté. L’Association dit vouloir aider la Cour à rendre sa décision.

    «Les médecins sont divisés, comme la population canadienne, sur le suicide assisté», a déclaré le docteur Louis Hugo Francescutti, président de l’AMC.

    Mais puisqu’il est illégal au pays, il affirme qu’ils vont respecter la loi.

    Pour l’AMC, l’important est de respecter les souhaits de la population, peu importe si elle penche vers une légalisation de l’aide à mourir ou le maintien de son interdiction. Il revient aux gens, et non aux médecins, de décider. Pas plus qu’aux partis politiques.

    «Le mandat de nos politiciens est de refléter la volonté de la société», a affirmé M. Harvey.

    Mais il félicite ceux du Québec. Selon ses mots, la façon dont s’est déroulé le processus d’adoption du projet de loi 52 est «quelque chose dont on peut être fiers sur le plan société et politique».

    «Pour une rare fois, nos politiciens se sont élevés au-dessus de la partisanerie», a-t-il dit.

    «Je souhaite que l’on puisse réussir cette démarche-là à l’échelle du Canada comme on l’a réussie au Québec», a-t-il ajouté.

    La consultation de l’AMC s’est déroulée en personne, lors de réunions publiques, et en ligne.

    Elle n’a pas donné de statistiques sur le nombre de Canadiens consultés qui sont en faveur de la légalisation du suicide assisté. Les différentes expressions utilisées pour décrire le geste rend le sujet trop confus et une question n’aurait pu générer de pourcentage fiable, ont dit les médecins lors du point de presse.

    Motion du Bloc québécois
    La loi québécoise qui encadre les soins de fin de vie a été adoptée jeudi dernier par l’Assemblée nationale.

    Mais à Ottawa, le Bloc québécois redoute d’ores et déjà une contestation judiciaire de cette loi. Car Ottawa maintient que c’est lui, et non les provinces, qui a juridiction sur ce sujet, en vertu de sa compétence en droit criminel.

    Et des organisations ont déjà indiqué qu’elles allaient contester cette loi devant les tribunaux, a averti le député bloquiste Jean-François Fortin, en point de presse, mardi matin.

    Selon lui, il y a urgence d’agir, pour ne pas retarder l’entrée en vigueur de la loi et pour que les personnes en fin de vie n’aient à subir l’incertitude de la situation.

    Le Bloc va ainsi tenter de faire adopter une motion demandant à la Chambre des communes de «réaffirmer le droit exclusif du Québec de légiférer en matière de santé, et notamment sur les soins de fin de vie».

    La démarche semble toutefois vouée à l’échec car le consentement unanime des députés est requis et le gouvernement conservateur ne semble pas très chaud à cette idée.

    Le Bloc a aussi l’intention de déposer un projet de loi en ce sens, probablement à l’automne.

    Par Stéphanie Marin













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